Les adjoints d'Olivier Pantaloni à l'OGC Nice ont accordé une interview croisée à Nice-Matin, publiée le 27 août 2026. Erwann Le Postec, Frédéric Gioria, Cédric Varrault et Stéphane Cassard y détaillent les coulisses de leur métier, leurs relations avec le coach et leur rôle dans la réussite du club.
Les qualités essentielles d'un bon adjoint
Selon Erwann Le Postec, arrivé de Lorient, un bon adjoint doit être loyal envers le coach avec qui il travaille. « Ça ne veut pas dire qu'il est asservi ou un béni-oui-oui qui dit amen à tout ce que dit son n°1. Il doit être capable d'être parfois en désaccord pour l'aider à faire les bons choix ou à se remettre en question dans le but de faire avancer l'équipe », explique-t-il.
Frédéric Gioria, ancien capitaine du Gym, insiste sur l'importance de l'adaptation : « Il faut savoir s'adapter à un mode de fonctionnement, à un projet de jeu. C'est important d'être à l'écoute. » Il ajoute qu'il faut « garder sa ligne de conduite, surtout quand ça va mal », car il y a toujours des gens qui essaient de profiter des moments difficiles.
Stéphane Cassard, entraîneur des gardiens, souligne la disponibilité comme qualité primordiale : « J'ai vécu certaines situations où je me disais que ça ne pourrait pas fonctionner dans le temps, parce que l'adjoint n'était plus assez disponible pour son coach. Cela s'était vérifié car des années plus tard, ils ne travaillaient plus ensemble. »
La délégation, une marque de fabrique de Pantaloni
Les adjoints décrivent un Olivier Pantaloni qui délègue beaucoup. Frédéric Gioria se souvient : « Olivier est arrivé avec un adjoint (Erwann). Il savait qu'il y avait déjà des hommes en place. Ce n'est pas toujours évident, il peut y avoir de la méfiance. Mais tu sens rapidement quand les choses vont être faciles ou non et ça a été le cas. » Il ajoute : « Olivier a une grande confiance en Erwann qui ensuite nous dispatche les missions. Ils ont vraiment un projet et des principes de jeu qu'ils maîtrisent. »
Stéphane Cassard, qui travaille dans le football depuis 35 ans, note : « Aujourd'hui un coach principal qui n'est pas dans l'échange et le partage, je ne vois pas comment il peut réussir sincèrement. C'est pour ça qu'il y a des staffs aussi élargis. Ça doit être dans l'ADN d'un coach de déléguer. » Il ajoute que la pression et la charge mentale du jour de match rendent cette délégation indispensable.
Des rôles complémentaires au sein du staff
Cédric Varrault, qui était déjà présent la saison dernière, explique la répartition des tâches : « Avec Fred, c'est vrai qu'on est plus des "adjoints club", donc notre objectif, c'est de faire en sorte que ça marche le mieux possible avec le nouveau staff, bien les intégrer, les soulager aussi sur certaines tâches. Erwann, c'est le relais du coach. Nous, on est là pour animer, pour mettre en place, pour soumettre des idées. »
Erwann Le Postec précise : « Cédric et Fred amènent de la variété et un regard neuf sur ce que l'on peut proposer avec Olivier. Être trois nous permet de nous relayer. C'est important pour la qualité des séances qu'il y ait toujours un arbitre et que ça ne soit pas toujours le même. » Sur les matchs, l'un se focalise sur les aspects défensifs, l'autre sur l'offensif, permettant des regards plus précis sur chaque phase de jeu.
Le Postec souligne également l'importance des passerelles avec le centre de formation : « Depuis le début de saison, on a eu l'occasion de voir beaucoup de jeunes du centre, il y a énormément de qualité d'ailleurs, et il est important de mettre des passerelles en place pour leur permettre de monter chez les pros dans de bonnes conditions. »
La transition après une saison difficile
Concernant la préparation, Cédric Varrault se montre positif : « Il y a un état d'esprit qui s'installe, ça bosse bien. Par rapport à la saison dernière, on sent que la page a été tournée. C'est une bonne chose. Il y a tout pour que ça fasse une belle émulation. »
Stéphane Cassard explique avoir facilité la transition avec le nouveau coach : « Je pense qu'on a quand même donné des infos importantes sur ce qui s'est passé. Il ne faut pas se cacher. Il faut vraiment dire les choses parce que c'est comme ça qu'on avance. Notamment sur le comportement qu'ont pu avoir certains. Que le coach ne soit pas surpris entre l'image qu'il a d'un joueur et sa gestion au quotidien. »
Frédéric Gioria rend hommage au staff précédent : « Je ne m'étais pas rendu compte en n'étant pas proche du groupe au quotidien, à quel point ce qu'a fait le staff la saison passée était un exploit. Je n'avais pas idée à quel point les joueurs avaient pris ''le monopole''. Il faut vraiment remercier le coach Claude Puel et ses hommes sans qui on ne serait plus en L1. »
Le staff évoque également la blessure de Laurent Abergel, un coup dur pour le groupe. Erwann Le Postec relativise : « C'est une mauvaise nouvelle pour lui, pour le groupe. C'est un leader dans le travail, dans l'état d'esprit, dans le relais de nos idées aussi. Mais c'est quelque chose qui fait partie intégrante de la vie d'un groupe et de notre métier. C'est l'occasion pour d'autres leaders d'assurer ses missions. » Il ajoute : « Son vécu va nous servir. Il va nous aider à avoir un bon état des lieux de ce qui se passe sur le terrain. Laurent a toujours été le relais staff-équipe, il ne faut surtout pas se priver de ce lien. »
Interrogés sur leur envie de devenir numéro 1, les adjoints sont unanimes. Frédéric Gioria : « A aucun moment. D'abord parce que j'ai toujours eu un manque de confiance en moi. Mon plaisir, c'est de voir le club grandir. Revenir dans le staff à 57 ans, c'était inespéré. » Cédric Varrault : « Je prends énormément de plaisir dans mon rôle, je ne me vois qu'adjoint car c'est ce qui me plaît. » Erwann Le Postec : « Je suis pleinement épanoui dans ce rôle et j'ai encore plein de choses à découvrir. Je pense que mes qualités vont mieux avec un rôle d'adjoint que de numéro 1. »



