Thanasi Kokkinakis, l'Australien de 855e mondial, a remporté son premier tour à Roland-Garros face à Terence Atmane après plus de quatre heures de combat. Mais derrière cette victoire se cache un calvaire médical hors du commun. En près de deux ans, il n'a disputé que sept matchs, déclarant forfait à trois reprises en raison de multiples blessures à l'épaule, au pectoral droit et au bras. Une résurrection qui doit beaucoup à une intervention chirurgicale inédite.
Une greffe exceptionnelle
Kokkinakis a révélé avoir subi une opération unique : « J'ai littéralement coupé la moitié de mon pectoral et j'ai aujourd'hui le tendon d'Achille d'une personne décédée dans mon bras pour rattacher mon pectoral à mon épaule. » Beaucoup de chirurgiens refusaient d'opérer, jugeant l'intervention trop risquée, jamais réalisée chez un joueur de tennis. Le médecin de Rafael Nadal lui-même a déclaré n'avoir jamais vu une telle chirurgie, comparable à une blessure de bodybuilder.
Une convalescence éprouvante
La récupération a été longue et douloureuse. « Ce qui est difficile, c'est qu'il faut énormément manier la raquette, et pour remporter un tournoi, il faut gagner 5 à 7 matchs, donc c'est une guerre absolue », explique-t-il. Il doit désormais être constamment vigilant face aux signaux d'alarme de son corps. « C'est la première chose à laquelle je réfléchis le matin, ça me consume. Parfois, l'adversaire est au second plan, c'est ma capacité à tenir le match qui m'inquiète. »
Kokkinakis avait repris la compétition à Adélaïde en janvier, puis au Challenger de Zagreb en mai, mais avait dû déclarer forfait à chaque fois. Il n'était pas sûr de pouvoir jouer à Roland-Garros jusqu'à quelques jours avant son match. Sa victoire contre Atmane est donc une immense délivrance, même s'il sait que le chemin est encore long.



