Alors que l'édition 2026 du Challenger de Bordeaux se lance ce lundi, le tournoi affiche des atouts majeurs avec Arthur Rinderknech, dernier arrivé mais premier de la classe. Pour être un bon directeur de tournoi, il faut du flair, un carnet d'adresses bien fourni et parfois un brin de chance. Jean-Baptiste Perlant a eu l'agréable surprise de voir son téléphone sonner en pleine réunion mardi dernier. Deux appels manqués à la sortie : Arthur Rinderknech et Lucas Pouille, le 24e joueur mondial et son entraîneur. « Je me suis dit : ''Ouh là ! Ils ont envie de venir faire le tournoi'' », sourit-il. Un coup de fil supplémentaire et l'édition 2026 du BNP Paribas Primrose tenait sa tête de série n°1.
Rinderknech, un renfort de poids
Arthur Rinderknech cochait toutes les cases pour décrocher la dernière wild-card des organisateurs : n°2 français, de belles références sur le circuit avec notamment une finale au Masters 1000 de Shanghai en octobre dernier et un statut de favori du tournoi bordelais. « Il était encore à Rome mercredi et il a pu se retirer du tournoi sur place, explique Jean-Baptiste Perlant. Il s'était bien renseigné : comme Bordeaux et Rome ne sont pas la même semaine, il pouvait tout à fait prendre une wild card chez nous sans problème réglementaire. »
Pour espérer être le quatrième Français consécutif à inscrire son nom au palmarès girondin, après Ugo Humbert, Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard, Arthur Rinderknech devra d'abord se rassurer physiquement. Forfait à Rome pour éviter tout risque de rechute, le Breton d'adoption vient en Gironde tester son mollet, qui l'a contraint à l'abandon au troisième tour à Madrid.
Une concurrence relevée
À Bordeaux, la concurrence sera rude avec peu de casse parmi les têtes d'affiche, toutes éliminées à Rome avant le troisième tour et qui ont pu prendre le premier vol pour la Gironde. 31e joueur mondial, Tallon Griekspoor sera l'un des joueurs à surveiller. Demi-finaliste l'an dernier à Bordeaux, le Néerlandais sera revanchard après avoir vu sa série de 32 victoires consécutives en Challenger prendre fin en Gironde face à Nikoloz Basilashvili. Finaliste de l'ATP 500 de Dubaï en février, sa saison sur terre battue est mitigée bien qu'il reste un danger sur toutes les surfaces.
Il faudra aussi compter avec le champion sortant Giovanni Mpetshi Perricard. Arrivé moribond l'an passé, le géant lyonnais avait fusillé à tout va sur l'ocre de la Villa Primrose pour succéder à son pote d'enfance Arthur Fils.
Dimitrov, l'attraction
Dans la catégorie revers à une main et wild card de prestige, Grigor Dimitrov (170e), ancien n°3 mondial, sera l'attraction majeure de l'édition 2026. Il l'est d'ailleurs déjà depuis samedi matin. Arrivé tôt à Bordeaux, le Bulgare de 34 ans enchaîne les séances d'entraînement pour retrouver des sensations, après une défaite sans saveur au premier tour à Aix-en-Provence face au 237e mondial… Avant de devoir passer par les qualifications à Roland-Garros la semaine prochaine, il voudra retrouver de la confiance pour espérer rejouer un rôle majeur dans les grands tournois.
Tsitsipas, le coup est passé près
Un rôle que n'occupe plus non plus Stefanos Tsitsipas… Tsitsipas à Bordeaux ? Le coup est passé tout près et il aurait été magistral aux côtés d'un Dimitrov. Loin d'être le joueur qui a mené deux sets à zéro en finale de Roland-Garros 2021 face à Novak Djokovic, le Grec s'est écroulé au classement ATP (75e, ex-n°3) et a flanché au premier tour à Rome. Jean-Baptiste Perlant a sauté sur l'occasion, au cas où Dimitrov rentrerait directement dans le tableau, laissant vacante sa wild card. Le directeur du tournoi a fait bosser son réseau pour joindre le père et entraîneur de Stefanos Tsitsipas, Apostolos, qui poussait pour que son fils aille à Bordeaux. « On a eu des échanges via un intermédiaire, explique Perlant. Le contact était établi mais ça n'a pas pu aboutir avec Dimitrov qui ne rentrait pas dans le tableau sans wild card et Stefanos qui a préféré se reposer pour jouer à Genève la semaine prochaine. » Cette fois, le brin de chance a manqué.
Mais avec deux joueurs du top 30, un ex-n°3 mondial et un tableau toujours aussi dense, le BNP Paribas Primrose saura vite se consoler. Un duel Dimitrov-Rinderknech au 2e tour ? Le tirage au sort a servi hier une potentielle affiche très alléchante. Si Grigor Dimitrov se débarrasse du qualifié qui l'attend d'entrée, l'ex-n°3 mondial défiera Arthur Rinderknech, tête de série n°1. Dès le premier tour, les affiches ne manqueront pas avec un attrait particulier pour le duel franco-français entre Benjamin Bonzi et Moïse Kouamé, 17 ans et grand espoir du tennis français, couvé par Richard Gasquet. Le vainqueur rejoindra la tête de série n°2 Tallon Griekspoor au deuxième tour.



