À 35 ans, Frédéric Bourdillon, restaurateur à Antibes, vient de signer avec l'Hapoël Tel Aviv, l'un des plus grands clubs de l'Euroligue. Il continue à servir les plats dans ses deux restaurants antibois, « La Petite Garoupe » et « La Table », un cas unique dans le monde du basket.
Un parcours atypique entre basket et restauration
Natif de Grasse, Frédéric Bourdillon est bien connu à Antibes. Sous le maillot des Sharks en 2009, puis de 2014 à 2017, il n'était pas le meilleur marqueur, mais le public l'adorait pour sa capacité à partager, motiver les fans et entraîner la foule. En 2017, il décide de tenter l'aventure en Israël. En Super League, il passe neuf saisons, se fait un nom, décroche des contrats inespérés, porte le maillot du géant historique Maccabi Tel Aviv et vit une épopée avec Hapoël Holon, sacré champion d'Israël en 2022.
En août 2026, l'annonce tombe : Bourdillon signe à l'Hapoël Tel Aviv, le club du coach Itoudis, quart-de-finaliste de la dernière Euroligue, détenu par un milliardaire. Il rejoint des joueurs comme Micic, Satoransky, Blatt, Le Day, Bryant ou Oturu. « Il faut surtout féliciter mon agent, il a bien travaillé, sourit l'Antibois. Sincèrement, c'est un rêve. L'Hapoël recherchait mon côté stable, la connaissance du championnat, l'adresse extérieure... Mon rôle est très clair : j'ai été engagé pour jouer en championnat, avec l'objectif du titre. Si je peux être utilisé en Euroligue, ce sera en fonction des aléas, des blessures ».
Deux restaurants à Antibes, une double vie assumée
Le chemin vers la restauration s'est fait naturellement. « La Garoupe (au Cap d'Antibes), c'est l'endroit où j'allais beaucoup, que j'affectionne. J'avais mes habitudes au “Rocher” (resto-snack). Arrivé à la trentaine, il faut penser à l'après-basket... Je ne me voyais pas investir ailleurs qu'à Antibes, ma ville que j'adore. Il y a eu une fin de cycle sur les concessions à la Garoupe, explique-t-il. C'était une opportunité. Avec mon ami restaurateur et associé, Yann Duteil, qui lui est présent toute l'année, on a présenté un dossier pour « La Joliette » et « Le Rocher ». On a été sélectionnés pour le lot Joliette (renommé Petite Garoupe). C'était le début de l'aventure, il y a 3 ans et demi. Beaucoup de travail et de temps passé au milieu des nappes. La Petite Garoupe, c'est mon bébé. J'en suis très fier ».
Le restaurant offre une vue imprenable sur la baie des Anges et les Alpes. « On a voulu faire un resto abordable, où on n'écrase pas les gens avec les prix », glisse le joueur. Le poisson en croûte découpé devant le client est une célébrité locale. Le filet de pêche du jour agrémenté de légumes est à 28 euros, le tartare de bœuf italien avec frites fraîches à 24 euros.
Depuis 2026, Bourdillon a racheté, avec deux associés (Yann et Yann), le resto « La Cascade » sur la Place nationale, devenu « La Table » du chef Francesco. Ses journées sont chargées : entraînement basket au petit matin, puis direction « La Table » à midi, avant d'enchaîner sur « La Petite Garoupe » le soir. « C'est beaucoup de sacrifices, ce temps que je ne passe pas en famille ou avec les amis », glisse ce père de famille, bientôt papa d'un 2e enfant. « J'ai 35 ans, c'est le moment de me donner à fond. Cela payera. Pour encore plus profiter à fond des miens dans quelques années ».
Un avenir entre Euroligue et Antibes
Dans quelques jours, Fred s'envolera pour la Bulgarie, théâtre du stage d'avant-saison de l'Hapoël. Il se donne encore deux ans de haut niveau en Israël. Terminer sa carrière aux Sharks ? « C'est toujours dans ma tête, mais ça dépend de beaucoup de choses, en premier que le club veuille de moi ». Un joueur qui a aussi sans doute le profil d'un futur dirigeant-propriétaire de club.



