La Fédération espagnole de football (RFEF) est sur le point de conclure un accord avec une clinique spécialisée en fertilité pour permettre aux joueuses de l'équipe nationale de congeler leurs ovocytes, rapporte le quotidien El Pais ce lundi. Cette initiative, qui répond à une demande des joueuses, vise à concilier carrière sportive et désir de maternité. La RFEF a confirmé l'initiative, sans donner de détails, et devrait officialiser la chose dans la deuxième quinzaine de septembre, notamment le nom de la clinique et les modalités de cette collaboration.
Une demande portée par Alexia Putellas
Cette avancée répond à une demande de plusieurs joueuses, dont la double Ballon d'or Alexia Putellas, qui a récemment signé à Londres. « C'est un énorme progrès, car la fédération comprend que l'on sert son pays au détriment de son horloge biologique, qu'on ne peut pas s'arrêter et qu'on ne peut pas devenir mère parce qu'on a besoin de son corps pour travailler », a déclaré la joueuse du Barça dimanche dans les colonnes du quotidien espagnol. Les carrières professionnelles coïncident en effet avec la période de fertilité maximale des jeunes femmes.
Les modalités de l'accord restent à préciser : quelles joueuses seront éligibles, pendant combien de temps elles pourront conserver leurs ovocytes congelés, ce qu'il se passera si elles décident d'avoir des enfants par d'autres moyens, etc.
Une première mondiale dans le football
Si les fédérations et les syndicats de joueuses sont de plus en plus concernés par la question de la fertilité des sportives, les dispositifs d'accompagnement sont encore légers. Un accord tel que celui que la RFEF envisage de conclure, couvrant les traitements dans des cliniques de fertilité, serait une grande première. Comme le rappelle El Pais, ce qui s'en approche le plus est l'annonce cet été par le club de Chelsea de la possibilité pour ses joueuses de bénéficier désormais de bilans de fertilité personnalisés, de traitements, de conseils, ainsi que d'ateliers et de formations sur la fertilité et la santé reproductive.
Pour accompagner cette avancée, il faudra toutefois que la Fifa et l'UEFA s'emparent de la question. Les deux instances « ne disposent de protocoles spécifiques pour réglementer ces traitements, bien que de plus en plus de footballeuses aient recours à la vitrification d'ovocytes ou à des techniques de procréation médicalement assistée », souligne l'avocate spécialisée Tania Tejeira dans un article publié sur Palco23. Il est temps que ça change.



