Nicolas Parlier défie la Méditerranée en kitefoil de Saint-Tropez à Calvi
Saint-Tropez-Calvi en kitefoil : le défi de Nicolas Parlier

Depuis les plages de Pampelonne, sous les premières lumières, Nicolas Parlier va s'élever cette semaine au-dessus des flots, si le vent est de la partie. Cap sur Calvi, 187 km, sans personne pour le suivre.

Un défi sportif inédit

Le quadruple champion du monde, Nicolas Parlier, avait bouclé un tour de France en kitefoil en 2025, de Dunkerque jusqu’à la promenade des Anglais en plusieurs étapes. Dans le ciel de Pampelonne, à l’aube, une aile devrait bientôt surgir. Puis disparaître vers l’est, avalée par la Grande bleue. Nicolas Parlier, 35 ans, s’apprête à relier Saint-Tropez à Calvi — 187 kilomètres au-dessus de la Méditerranée — en kitefoil, seul, sans le moindre bateau d’accompagnement. « Ce défi sportif assez engagé est une première », pousse-t-il sobrement.

Une inspiration de jeunesse

Il y a une certaine logique dans cette aventure. Nicolas est le fils d’Yves Parlier, navigateur de légende du Vendée Globe, homme des mers et des défis impossibles. Quadruple champion du monde de kitefoil entre 2014 et 2022, partenaire d’entraînement de Lauriane Nolot jusqu’aux Jeux de Paris, il survole régulièrement le spot d’Hyères. Et depuis longtemps, il rêvait de grande distance. « Je l’ai toujours imaginé », confie-t-il.

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Une traversée de quatre à cinq heures

L’étincelle remonte à 2008. Nicolas avait 13 ans quand Marc Blanc et Sylvain Morin avaient réalisé ce même parcours. « J’avais flashé sur ce projet. Ça m’avait impressionné. » Quinze ans plus tard, il marche sur leurs traces. Il les a même contactés et ils suivront les images du défi. Le départ, depuis les plages de Pampelonne, est prévu dans les prochains jours, dès que le vent sera au rendez-vous. « L’idéal serait un mistral à 15-20 nœuds », précise Parlier, installé à l’année à Saint-Véran dans les Hautes-Alpes.

À 26 nœuds de moyenne, la traversée devrait durer quatre à cinq heures, avec une arrivée à Calvi en fin de matinée. « Je me suis déjà testé sur quatre heures, je peux les tenir sans problème. Si j’y parviens, je pense battre un record. »

Un défi écologique et sécurisé

Le défi se veut aussi résolument écologique. Pas de moteur, pas d’hélicoptère donc pour le suivre. Mais il ne part pas imprudent. Dans son harnais : un radeau de survie de pilote de chasse (3 kg), deux balises de détresse, un téléphone satellite, des fusées parachutes visibles à 30 milles, un casque intégral, un couteau et six litres d’eau. De quoi tenir 48 heures si la mer en décidait autrement. « Pour Calvi, le gros danger, c’est de s’écarter des côtes. En haute mer, je serai à 90 km de la terre. »

Des caméras embarquées immortaliseront la traversée, destinées à un court ou moyen métrage dans l’esprit de Limitless, son film d’aventures de 55 minutes tourné lors de son Tour de France en kitefoil l’an dernier, 2 400 kilomètres en quatorze jours. « J’en ai rêvé, j’ai l’impression que les planètes s’alignent », s’enthousiasme-t-il. Puis il rit : « Vive le kitefoil ! C’est un sport de ouf pour repousser la limite. »

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