Jules Caranta, 17 ans, quitte la monoplace pour l'endurance en LMP3
Jules Caranta bifurque vers l'endurance en LMP3

À 17 ans, après deux saisons en monoplace, l'espoir varois Jules Caranta prend un nouveau départ sur les circuits de la Michelin Le Mans Cup au volant d'un prototype LMP3. Rencontre avant le virage du Castellet.

Un virage contraint mais prometteur

Animateur du championnat de France F4 en 2024, puis de l'Eurocup 3 l'an dernier dans l'habit de lumière Red Bull, Jules Caranta comptait passer la troisième en monoplace cette saison. Espoir déçu. Élan brisé ? Que nenni ! Faute de pouvoir prolonger son ascension en rêvant de F1, le jeune talent tropézien, à 17 ans, prend le virage de l'endurance à bord d'un prototype LMP3 engagé en Michelin Le Mans Cup. L'antichambre de l'European Le Mans Series qui, trois semaines après sa mise à feu catalane, fait escale au circuit Paul-Ricard le week-end prochain.

Une décision tardive

Jules, quand a été prise la décision de bifurquer vers l'endurance ? Et pourquoi ? Cet engagement s'est concrétisé assez tard, durant la seconde quinzaine du mois de mars. On espérait continuer en monoplace mais ça n'a pas été possible par manque de budget. Après le Rookie Test de l'European Le Mans Series accompli en fin de saison dernière sur le circuit de Portimao, une expérience très positive, nous avons reçu plusieurs offres pour courir en LMP3. Parmi celles-ci figurait l'option d'intégrer cette nouvelle filière, la Duqueine Academy by Debard Automobiles. Proposition acceptée !

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L'expérience Red Bull

Vous n'êtes plus pilote Red Bull. Que retenez-vous de votre passage au sein de leur Junior Team en 2025 ? Sans conteste, cela a accéléré mon évolution, ma progression, en tant que pilote. Travailler avec des gens qui ont tutoyé les sommets en Formule 1 comme Guillaume Rocquelin (l'ancien ingénieur de course du quadruple champion du monde Sebastian Vettel devenu le responsable du centre de formation Red Bull, ndlr), c'est formateur, instructif, enrichissant. Ça fait grandir.

La Duqueine Academy

Dans quel but la Duqueine Academy vient-elle d'être mise en route ? À la fois patron d'écurie et constructeur, Gilles Duqueine, avec le soutien d'Eric Debard, l'un de mes partenaires, a lancé cette filière pour détecter et accompagner des espoirs de moins de 25 ans. Pour faciliter la transition entre la monoplace et les disciplines de l'endurance, offrir un accès au plus haut niveau dans un cadre structuré. Aujourd'hui, je suis le premier engagé sur leur tremplin. Aventure commencée il y a quelques semaines par un test sur le circuit Paul-Ricard au volant d'une Duqueine D09 LMP3. C'est là que j'ai pris connaissance de ma feuille de route 2026. Ils m'ont placé au sein de l'écurie britannique Nielsen Racing qui vient d'acquérir des châssis Duqueine. Avec deux missions principales : participer au développement du proto D09 et mettre Duqueine aux avant-postes sur les circuits de la Michelin Le Mans Cup.

Un autre monde

Comment se passe votre découverte de l'endurance jusqu'à présent ? J'ai vraiment l'impression d'explorer un autre monde. Dès les premiers tours en P3, vous mesurez la différence. Dans une voiture fermée, on n'a pas la même visibilité, pas les mêmes sensations. Et puis vous partagez le volant avec un coéquipier. Donc vous devez apprendre à trouver des compromis : position de conduite, réglages de l'auto… Deux jours de roulage avant la manche d'ouverture en Espagne, c'est peu ! Il faut s'adapter très vite… Moi, je me suis tout de suite senti prêt à bosser sur le développement. Et à performer en course.

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Le baptême du feu à Barcelone

Le baptême du feu à Barcelone ? J'ai fait connaissance avec le team là-bas. Donc on est entré dans le vif du sujet directement, sans préparation. Nielsen Racing entame sa dixième saison en LMP3. Quant à mon coéquipier sud-africain, Mikaeel Pitamber, il évoluait déjà en P3 dans ce championnat l'an dernier. Vu le plateau et le niveau (pas moins de 24 protos en lice dans la catégorie reine cette année !), je me doutais que l'on ne pourrait pas jouer la gagne illico. Un problème de carrosserie réduit notre temps de roulage lors des essais libres 1. En qualif', je signe le 14e temps. Difficile de faire mieux. Concernant la course, Mikaeel réussit un bon départ. Il se retrouve 7e. Hélas, l'équipe gère mal le chronométrage du pit stop. On perd 43 secondes ! Donc je ressors 23e et nous finissons 18e alors que le top 10 semblait accessible. Dommage…

Objectif domicile

Et maintenant ? Que visez-vous ce week-end à domicile ? Au Castellet, sans problème, franchement, je pense qu'on peut faire un joli bond en avant. Accéder au top 5, voire au podium. Et ailleurs ensuite ? Après, il restera quatre courses. L'ambition, c'est de se battre devant. Et j'aimerais bien en gagner une quand même !