Gabin Villière se confie sur la crise du RCT et son attachement à Toulon
Juste avant le départ en stage dans les Pyrénées-Orientales, Gabin Villière, l'ailier du Rugby Club Toulonnais, a accordé une interview exclusive. Âgé de 30 ans et portant 20 sélections en équipe de France, il aborde sans détour la période difficile que traverse le club.
Une mauvaise série qui interroge
« Honnêtement ? Mal, je ne vais pas mentir », confie Villière, encore marqué par les récentes défaites à Mayol. « En sept ans, je n’ai pas l’impression qu’on ait perdu beaucoup de matchs à Mayol. Donc là, deux d’affilée, avec des gros scores, ça fait mal et ça pousse à la remise en question. »
Il analyse cette domination stérile par un manque de connexion et des choix trop personnels. « On a tellement envie de marquer, de mettre des points, le tout avec un peu de stress, qu’on fait les mauvais choix. Surtout quand il y a des avantages. Ce sont des ballons gratuits. »
Le besoin d'oser collectivement
Villière insiste sur la nécessité de prendre plus de risques pour progresser. « Le terme “oser” est sûrement le bon. Il faut qu’on se fasse jouer, ensemble. Pour ça, il faut oser faire la passe de plus, oser aller jouer dans les 15 mètres. »
Il reconnaît une tendance à se replier en mode sécurité, un frein mental qu'il faut surmonter. « On ne peut pas dire qu’on est au pied du mur, mais on est très loin d’être en avance, donc il va vraiment falloir faire plus. »
Le stage comme opportunité de rebond
Le stage dans les Pyrénées-Orientales arrive à un moment crucial. « On va pouvoir passer du temps et des moments ensemble, c’est important. Mais plus que ça, nos deux prochains matches vont un peu décider de notre saison », explique l'ailier, qui voit dans les rencontres à Perpignan et en Coupe d'Europe des rendez-vous décisifs.
Un rôle d'observateur positif
Devenu un ancien du vestiaire, Villière adopte une posture d'observateur. « Je suis plus un observateur. J’essaye de me canaliser et, de plus en plus, de voir le positif. » Pour lui, le plaisir reste central. « Le rugby est un jeu où il faut s’amuser. Pour moi, on doit prendre du plaisir à l’entraînement si on veut prendre du plaisir le week-end. »
Démenti ferme sur les rumeurs de départ
Villière réagit vivement aux informations du Midi Olympique le concernant. « Je n’ai pas compris qu’on puisse parler à ma place, dire que j’avais des envies d’ailleurs et de départ. » Il affirme son attachement au RCT. « Il me reste encore une année de contrat à Toulon. Je suis très bien au club, j’ai envie de faire mieux et de gagner des titres ici. Dans ma tête, je suis Toulonnais et fier de l’être. »
Il précise : « Ce qui m’a gêné, c’est qu’on puisse faire penser à des gens, et aux supporters notamment, que j’avais absolument envie de partir. Je le redis : il me reste un an de contrat. J’aime Toulon et j’ai envie de gagner un titre ici. »
Retour avec les Bleus et perspectives
Récemment rappelé en équipe de France, Villière a profité de cette expérience pour retravailler son jeu. « Je savais que je n’allais pas forcément jouer. Mais j’en ai profité pour travailler pour moi, je travaille pour mon équipe aussi, Toulon. »
Il reste déterminé à progresser. « Il faut s’accrocher, ne pas lâcher et se dire que ça finit toujours par s’ouvrir. Je suis loin d’être arrivé et j’ai envie de retrouver plus de régularité. » Son travail physique, axé sur la vitesse et la puissance, témoigne de cette volonté.
Le caractère bien trempé de Gabin Villière laisse peu de doute : il ne baissera pas les bras, que ce soit avec le RCT ou les Bleus.



