Publicité Étoile Michelin, spa luxueux et travaux colossaux : comment cet hôtel de Cannes s’est hissé au rang de palace Des chantiers colossaux, un spa flambant neuf et une restauration entièrement repensée... Après deux années d’efforts acharnés, le célèbre hôtel de la Croisette à Cannes intègre l’élite très fermée des palaces français. Enregistrer Partager S.N Sandie Navarra CRÉÉ LE 3 juin 2026 • 10:45 MIS À JOUR LE 3 juin 2026 • 10:45 Pour décrocher cette distinction, le Martinez s’est totalement réinventé ces dernières années. Photo Patrice Lapoirie réservé aux abonnés Voir nos offres Il est désormais seul au sommet ! Ce mardi 2 juin 2026, l’hôtel Martinez a écrit une nouvelle page de la légende cannoise en décrochant le Graal de l’hôtellerie française. Au milieu de ses illustres voisins 5 étoiles, le mythique établissement de la Croisette devient le premier et unique hôtel de la ville à pouvoir revendiquer le titre de palace. Derrière ce succès, Michel Cottray, directeur de l’établissement, savoure la victoire : « C’est un sentiment de fierté pour toutes les équipes de pouvoir avoir entre les mains cette belle plaque en bronze faite par une fonderie artisanale, qui signifie notre participation à ce groupe des meilleurs hôtels de France. »
« La France est le seul pays qui a déterminé des standards »
Mais pourquoi le géant cannois aux 410 chambres et suites n’a-t-il pas sauté le pas plus tôt ? « On n’était pas encore tout à fait prêts », concède Michel Cottray. L’établissement a, ces dernières années, entamé une profonde mutation. Inauguration de L’Oasis du Martinez, avec son luxuriant jardin et son spa Carita, une offre gastronomique entièrement repensée, réouverture de la plage en 2023 et du bar en 2025, restaurant la Palme d’Or couronnée d’une étoile Michelin la même année... Ainsi paré pour répondre aux plus hautes exigences, le Martinez a pu affronter l’impitoyable « commission Palace ». Le directeur insiste : « Il s’agit d’une véritable distinction d’État, encadrée par le ministère du Tourisme. Il y a des destinations, au Moyen-Orient par exemple, qui se prétendent 6 ou 7 étoiles. Mais la France est le seul pays qui a déterminé des standards et qui se distingue par son savoir-faire. »
Deux ans de travail pour obtenir le titre
Obtenir ce titre prestigieux a exigé près de deux ans de travail acharné. Une grille de critères ultra-détaillée à respecter – « de la formation des salariés à la taille des suites en passant par le nombre d’employés par chambre » –, puis deux inspections consécutives passant au crible le moindre détail de l’hôtel. L’ultime épreuve s’est jouée en février dernier. « Avec notre chef concierge Clefs d’Or Gilles Pozzo et notre directrice de la restauration Camille Choquart, nous sommes montés à Paris où nous avons soutenu notre candidature devant un comité », raconte Michel Cottray. C’est aussi sur le terrain de l’humain que l’établissement a fait la différence. La commission accorde en effet une importance capitale à l’engagement sociétal de l’établissement. L’accompagnement et la transmission du savoir-faire aux jeunes recrues ont largement fait pencher la balance. « Ce sont les employés qui sont au service du client, qui rendent ce service personnalisé, et qui sont la clé de la réussite de cette distinction. »
Pas de flambée des prix
Ce statut prestigieux n’est cependant pas acquis à vie : il est octroyé pour une durée de trois ans. Passé ce délai, le Martinez devra déposer une demande de renouvellement et se soumettre à de nouvelles inspections. La direction s’y prépare déjà avec l’ambition ferme de conserver sa précieuse plaque : « On va s’assurer d’être à la hauteur », affirme Michel Cottray. C’est d’ailleurs pour maintenir ce niveau d’excellence que les investissements vont se poursuivre. « Il y a encore de beaux projets qui arrivent à partir de cet hiver », avec d’importants travaux de six mois destinés à repenser intégralement l’entrée et la façade de l’édifice. Les clients, eux, peuvent être rassurés : cette montée en gamme ne fera pas flamber l’addition cet été. « Nous ne sommes pas dans une prétention mercantile. Nous allons nous concentrer sur cette reconnaissance et cette notoriété. » Si le Martinez savoure aujourd’hui son exception, reste à savoir si ses illustres voisins de la Croisette, comme le Carlton ou le Majestic, déposeront bientôt un dossier pour tenter de le rejoindre.
À Saint-Tropez, le Byblos perd son titre
Six hôtels ont rejoint le cercle très fermé des palaces, trois dans la capitale et trois en région, a annoncé hier le gouvernement français. Le label de « Palace » a été créé en 2010 en France pour encadrer une appellation jusque-là libre d’usage. Il est décerné par l’agence gouvernementale Atout France. Sur les six lauréats, trois sont à Paris (Bulgari Hôtel, Cheval Blanc et Fouquet’s), un dans les Alpes (Four Seasons Resort à Megève), un sur la Côte d’Azur (Martinez à Cannes) et un dans l’est de la France (Royal Champagne Hôtels & spa). Aux 27 établissements qui ont vu récemment leur distinction palace renouvelée s’ajoutent désormais ces six nouveaux venus, portant à 33 le nombre de palaces en France (13 à Paris, 9 dans le sud-est, 7 dans les Alpes, 2 dans le Sud-Ouest, un à l’Est, un dans les Caraïbes). Quatre établissements hôteliers en France ont perdu ce statut, qui distingue les hôtels cinq étoiles d’exception, depuis la dernière liste publiée en 2019 : le Mandarin Oriental Paris, le Park Hyatt Paris-Vendôme l’Hôtel du Palais à Biarritz et le Byblos à Saint-Tropez.



