Le Stade Rochelais renoue avec le succès face à la Section Paloise
Cela faisait longtemps que les supporters rochelais n'avaient pas vibré pour une performance aussi solide de leur équipe. Ce samedi, les Jaune et Noir ont finalement rompu une série négative en dominant la Section Paloise, le dauphin de Toulouse, sur le score de 20-6. Un match qui ne s'est véritablement décanté qu'en fin de rencontre, après une bataille défensive intense.
Une victoire cruciale après des semaines difficiles
Après trois défaites consécutives à Marcel-Deflandre, toutes compétitions confondues, et deux revers contre la Section Paloise cette saison, le Stade Rochelais a enfin accroché un succès significatif à son palmarès. Cette victoire revêt une importance particulière, car elle intervient face à une équipe paloise qui restait sur deux victoires contre son ancienne bête noire et qui luttait pour rester dans le sillage de Toulouse au classement.
La Section Paloise, après des années de difficultés face aux Rochelais (11 défaites en 12 matchs), espérait entretenir sa dynamique positive. Le club béarnais se bat en effet pour décrocher un ticket direct pour les demi-finales à Marseille, tandis que le Stade Rochelais vise d'abord à intégrer le top 8, synonyme de qualification en Champions Cup.
Conséquences immédiates au classement
Conséquence directe de ce résultat, obtenu grâce à une défense exceptionnelle, la Section Paloise voit Montpellier lui passer devant (57 points contre 55) et Paris lui souffler dans la nuque (54 points). Rien de rédhibitoire pour les Palois, même s'ils n'ont pas réussi à entretenir leur dynamique vertueuse à Marcel-Deflandre, malgré le retour de la plupart de leurs internationaux.
De son côté, La Rochelle revient à hauteur de Toulon avec 45 points, à seulement cinq points de l'UBB (6e avant le choc contre Toulouse) et six points de Clermont, le 5e. Si l'on se fie à l'énergie collective déployée dans une défense redoutable et aux retours bienvenus de Will Skelton, Semi Lagivala et Andy Timo, notamment, le club maritime a encore de quoi croire à une remontée au classement.
Un match marqué par la domination des avants palois
Pour autant, l'inversion conjoncturelle des dynamiques était visible en première période, même si La Rochelle parvenait à mener à la pause (10-3). Dans un match cadenassé, peu enlevé, où les défenses dirigeaient les débats, les avants de la Section, si souvent martyrisés par les Maritimes ces dernières années, se sont montrés dominateurs.
Avec deux ballons contrés en touche par Hugo Auradou (sur cinq lancers perdus par La Rochelle), deux pénalités en mêlée (dont une sur introduction adverse à la 25e minute, 3-3), et des ballons portés qui avançaient systématiquement, ils ont privé les Jaune et Noir de munitions offensives.
Une défense rochelaise agressive et efficace
Le Stade Rochelais a déployé une défense très agressive, qui moissonnait au sol après avoir fauché les porteurs de ballon adverses. Les Rochelais, contrés dans leur jeu, se sont montrés dangereux sur les groupés pénétrants, comme sur cette combinaison jouée à 5 mètres de l'en-but béarnais qui a envoyé Quentin Lespiaucq, un ancien de la maison, derrière la ligne (10-3, 37e).
Les Rochelais, et c'est une petite surprise, ont récupéré plus de ballons sur les duels aériens, même s'ils ne les maîtrisaient pas nettement. Ils sont pourtant restés sous la menace paloise, comme sur cette passe main-main entre Nathan Decron et Émilien Gailleton qui a transpercé le rideau défensif local (20e).
Un match rythmé par les coups de sifflet
À défaut de franches occasions (une de chaque côté à la demi-heure de jeu, dont une action stadiste avortée pour un déblayage incorrect de Kane Douglas au pied des poteaux), les coups de sifflet ont rythmé la rencontre. On pense en particulier à la bronca de Marcel-Deflandre quand, à la 34e minute, le talonneur argentin des visiteurs, Julián Montoya, a réussi le tour de force de retourner Will Skelton sur un plaquage.
Le géant australien, entré dès la 28e minute à la place de Douglas, ne disputait que son 6e match en club, mais il reste le chouchou d'un public qui l'ovationne dès qu'il pénètre sur la pelouse. Et qui, donc, n'a pas apprécié du tout ce geste, ni la couleur jaune de la sanction.
La Rochelle resserre les boulons défensifs
Trois minutes plus tard, c'est Decron qui s'est mis à la faute sur l'essai rochelais, en jouant un ballon au sol. La Section s'est retrouvée à 13 contre 15 mais, encore une fois, ses avants se sont chargés de lisser l'infériorité numérique en touche puis en mêlée. Dès le retour des vestiaires, Théo Attissogne a remporté son premier duel aérien, mais c'est au sol que le Stade, via Skelton, a stoppé le danger.
Nouveaux problèmes pour les Rochelais après la blessure à la cheville d'Ugo Pacome à la 2e minute (suivie par celle de Reece Hewat, qui fêtait son 100e match pour Pau), Grégory Alldritt est sorti pour un protocole commotion. Puis Nolann Le Garrec s'est rendu coupable d'un contact à la tête et a laissé les siens à 14 (45e). La Section a résisté, retrouvant Montoya, sa vitesse et Decron. La longueur au pied d'Antoine Hastoy – lui aussi centurion à cette occasion – et de Thomas Berjon a donné de l'air et le temps à NLG de revenir.
Les avants béarnais continuent de dérégler le jeu maritime
Mais les avants béarnais – qui ont perdu Rémi Sénéca, touché à la jambe sur une mêlée gagnée – ont continué de dérégler la conquête maritime, à défaut de trouver la faille décisive. Le Stade Rochelais maintenait une défense très agressive, qui moissonnait au sol après avoir fauché. Mais comme La Rochelle a toujours le mauvais goût de gâcher ses ballons et de se mettre à la faute, le suspense est resté total jusqu'au bout. Joe Simmonds, de retour à la 58e minute après cinq mois d'absence, en a même ajouté un peu plus (10-6, 65e).
Le déclic vient enfin pour les Rochelais
Il a fallu un exploit de Davit Niniashvili, qui a sauvé une touche puis transpercé le rideau vert et blanc avant de provoquer la faute, pour que Deflandre expire, puis inspire (13-6, 68e). Le génial Géorgien était encore présent à la 68e minute, après un ballon volé en touche, sur une action qui a envoyé Jack Nowell marquer son 8e essai de la saison (20-6, 70e).
La dynamique était enfin locale, comme en témoignent ces deux mêlées remportées, et la recherche du bonus après la sirène. Une énième imprécision en attaque en a empêché l'obtention, mais Deflandre n'en avait cure. Le public pouvait chanter, son équipe avait repris la pêche au gros.
Le retour émouvant d'Uini Atonio
Aperçu de loin pendant l'entraînement ouvert au public, jeudi à Marcel-Deflandre, Uini Atonio était cette fois dans les tribunes, au milieu du staff maritime, pendant la rencontre. Une première depuis son accident cardiaque subi fin janvier, qui a provoqué la fin de la carrière du pilier droit international de 37 ans. Un moment chargé d'émotion pour le joueur et ses supporters.



