« En mer, on vit, on retrouve le lien avec la nature, ça me manquait » : c'est avec ces mots que Renaud Chavarria exprime son bonheur de renouer avec la course au large en participant à la mythique Mini-Transat 6.50. Quinze ans après un démâtage brutal lors de la deuxième étape de la Mini Charente-Maritime/Bahia en 2011, le skipper du Cap-d'Agde relance son rêve océanique avec un projet « vintage ». Il prévoit de s'aligner sur la ligne de départ en 2031, à bord d'un bateau de 20 ans d'âge. Une aventure hors normes.
Un démâtage qui a tout changé
Dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 octobre 2011, Renaud Chavarria participait à la deuxième étape de la Mini 6.50 Charente-Maritime/Bahia. Neuvième de la première manche, il cravachait sous spi en direction des îles du Cap-Vert. La mer était agitée et le vent fort. Soudain, lors d'une manœuvre, le mât a cédé au niveau de la première barre de flèche. En quelques secondes, ses rêves de transatlantique en course sur son Mini de 6,5 mètres se sont évanouis. Après un essai en Class 40 l'année suivante lors de la Transat Québec-Saint-Malo, il a finalement remisé sa casquette de coureur au large pour devenir skipper professionnel.
Un nouveau départ en 2031
Quinze ans plus tard, l'envie de reprendre la mer en compétition est revenue. Renaud Chavarria, qui donne des cours sur voilier habitable et travaille à la voilerie Tramontane au Cap-d'Agde, s'est remis à rêver de chevauchées océaniques sur un Mini 6.50. « En 2031, j'aurai 50 ans et cela fera 20 ans que j'ai démâté sur la Mini », explique-t-il. « J'ai décidé de participer à la Mini en 2031 sur un bateau qui aura, lui aussi, 20 ans. Je me sens repartir sur une dynamique de dépassement de soi. Je refais beaucoup de sport, de la course, je cours tous les jours. J'ai repris les régates en équipage. Je reviens du championnat mondial ORC qui a eu lieu dans la baie de Naples. »
Un projet vintage et humain
Le marin a trouvé son bateau d'occasion à Barcelone, un ancien modèle à la carène « pointue », contrairement aux minis modernes, les « scows », à l'étrave large. Il lui reste maintenant à le rendre le plus compétitif possible. Il a six ans pour y parvenir et surtout trouver le budget nécessaire pour changer le mât, le gréement dormant et la garde-robe du bateau. « Il me faut le fiabiliser au maximum mais aussi me qualifier pour la Mini et surtout fédérer une équipe autour de moi. L'idée est de faire vivre ce projet qui est, avant tout, une grande aventure humaine », souligne-t-il.
Des sensations retrouvées
Avec le lancement de ce défi intitulé « Mini Transat 6.50 vintage », Renaud Chavarria a retrouvé la motivation d'un cadet. Il nourrit un appétit insatiable de navigation : « Quand j'ai ramené le bateau au Cap-d'Agde, j'avais la banane tout le long. Quand on est sur l'eau, les sensations sont décuplées, on vit simplement. Ce n'est pas comme à terre où on est toujours pressé. On retrouve le lien avec la nature. C'est ce qui me manquait. »
Des partenaires financiers
Déjà, des partenaires financiers soutiennent le navigateur, à l'image de Laurent Pelude, un de ses anciens stagiaires qui dirige une société toulousaine spécialisée dans les logiciels de sécurité. Renaud Chavarria table sur un budget global d'un peu plus de 70 000 €, à raison de 12 000 € récoltés annuellement. Le prix d'un rêve et d'une aventure hors normes sur un petit voilier engagé dans une course où la navigation se fait « à l'ancienne », avec seulement un GPS mais pas de traceur de carte, sans assistance et sans contact avec la terre. La liberté absolue.



