Fabien Brau-Boirie, la révélation du rugby français, garde la tête froide après sa première sélection
Sensation du début de saison avec la Section Paloise, Fabien Brau-Boirie (20 ans) enchaînera face à l'Italie après une première sélection réussie à Cardiff. Annoncé comme l'avenir au poste de centre, le Bigourdan assure garder la tête froide malgré les attentes et les comparaisons avec de grands noms du rugby français.
Une première sélection digérée rapidement
Interrogé sur le temps nécessaire pour digérer cette première sélection, le jeune joueur répond avec franchise : "Pas tant que ça. J'étais très excité à l'idée de jouer tout au long de la journée du match. Beaucoup plus que d'habitude." Il décrit l'entrée dans le stade mythique comme un moment "forcément particulier", avant d'ajouter : "Après le coup de sifflet final, j'ai vu mes parents, j'ai pu faire redescendre la pression. Mais j'étais quand même assez fatigué. Finalement, j'ai commencé à prendre du recul le lendemain et le surlendemain."
Une analyse personnelle de ses performances
Habitué à revoir ses matchs directement après les rencontres, Brau-Boirie explique : "J'aime les revoir directement après la rencontre. C'est ce que je fais à Pau ou après celles que j'ai joué avec les moins de 20 ans. Pas pour les analyser, mais pour le plaisir." Concernant sa performance à Cardiff, il reste modeste : "Je suis assez content de ce que j'ai fait. Mais je suis tout de même du genre à regarder ce que j'ai mal fait en priorité. Il y a des bonnes choses, mais j'ai aussi perdu un ou deux ballons en attaque. Il y a des choses que j'aurais pu mieux faire."
La découverte du haut niveau
Le jeune centre a été surpris par la dimension physique du niveau international : "D'entrée, il y a eu une longue séquence qui a annoncé la couleur : ça m'a mis directement dans le match. Mais c'est vrai que le rythme est très différent du Top 14." Il souligne la qualité du jeu à ce niveau : "En plus, on joue avec des mecs qui aiment vraiment le rugby : à chaque fois qu'il y a un ballon à exploiter, ils essaient de le jouer au maximum. En termes de précision, les joueurs sont très techniques, il y a donc moins de déchets et moins d'arrêts de jeu. C'est beaucoup plus fluide."
Des modèles qui ont forgé son jeu
Souvent comparé à Yannick Jauzion, Brau-Boirie révèle ses véritables inspirations : "Je regardais beaucoup de matchs quand j'étais petit. J'avais quelques joueurs que j'appréciais beaucoup comme Wesley Fofana et Sonny Bill Williams." Concernant le joueur néo-zélandais, il précise : "Il était très puissant et très grand. Pour un centre, il était très imposant. J'aimais son habilité pour passer dans le dos de la défense. Il arrivait à faire des off-loads, à mettre toujours son équipe dans l'avancée."
Face aux comparaisons avec Jauzion, il reste humble : "Je suis très fier que les gens me comparent à quelqu'un comme Jauzion, mais j'essaie de jouer d'abord à ma manière."
Une éducation rugby familiale
Issu d'une famille très impliquée dans le rugby, Brau-Boirie explique l'influence de son entourage : "À chaque fois que je finissais les matchs, à table, on débriefait. Quand ça allait, mon père me le disait. Mais quand ça n'allait pas, il savait aussi me le dire." Son père, ancien troisième ligne centre, "voulait vraiment que je réussisse, donc il m'a poussé au maximum", tandis que sa mère était "peut-être un peu plus protectrice".
Garder les pieds sur terre
Conscient de l'intérêt qu'il suscite depuis le début de saison, le jeune joueur reste lucide : "C'est un point sur lequel il faut faire attention. Prendre la grosse tête, ça peut arriver très vite. Franchement, je vois ce qu'il se passe : je ne suis pas bête. Mais j'essaie de ne pas accorder trop d'attention aux éloges."
Il ajoute avec maturité : "J'ai conscience d'être jeune, d'avoir beaucoup de choses à montrer et apprendre. Je ne prendrai jamais le globe." Concernant la pression, il précise : "La seule pression que je me mets, c'est pour bien réaliser mes actions. En équipe de France, tout peut aller très vite."
Une philosophie de jeu en évolution
Le centre de la Section Paloise travaille constamment à améliorer son jeu : "Quand un mec arrive à faire des différences, tu essaies forcément de trouver des solutions pour bloquer ça. Je m'en rends compte, oui. Mais j'essaie de jouer mon jeu. Même si je sais que ça ne suffira pas au bout d'un moment." Il évoque notamment son célèbre crochet : "Oui, il y a ce crochet intérieur. Mais j'essaie de l'avoir des deux côtés, de varier d'une action à l'autre. C'est aussi un travail mental pour chercher des choses permettant de déstabiliser l'équipe en face."
Fabien Brau-Boirie incarne la nouvelle génération du rugby français : talentueux, travailleur et résolument tourné vers l'avenir, tout en conservant l'humilité nécessaire pour progresser au plus haut niveau.



