Le capitaine du Stade Rochelais basket prend sa retraite après 17 ans de carrière
Capitaine du Stade Rochelais basket prend sa retraite

Le capitaine du Stade Rochelais basket, âgé de 35 ans, a annoncé mardi 26 mai dans Sud Ouest qu'il prenait sa retraite, après 17 années de carrière dont six passées à La Rochelle. À l'origine, un coup de foudre pour la cité aux deux tours, qu'il raconte avant de dérouler le fil de son histoire.

Un coup de foudre immédiat pour La Rochelle

Interrogé sur son arrivée en 2020, le joueur confie : « Tout de suite. J'ai une anecdote qui est vraiment représentative. J'arrive avec mon petit camion de déménagement, je ne connais personne, je pose mon sac dans mon premier appartement, rue Amelot, je me balade… Et je ne sais plus si c'est le jour même ou le lendemain, en tout cas je mange au restaurant et ma mère m'appelle pour me demander comment ça se passe ; je lui réponds que je ne sais pas pourquoi ni comment, mais que je sens qu'il va se passer quelque chose dans ma vie ici. »

Avant La Rochelle, il avait beaucoup déménagé, jamais plus de deux ou trois ans dans un club, et même enfant, ses parents avaient déménagé plusieurs fois. Il avait vécu dans beaucoup de villes, avait peu d'attaches, aimait découvrir. Mais là, il s'est imaginé plein de choses, et cela s'est plus que vérifié. Très vite, il a senti une identité ultra forte dans cette ville magnifique, une vie de centre-ville très agréable, les alentours, etc. « Je me suis dit : pour la première fois de ma vie, je me sens complètement à ma place dans une ville. »

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Ce sentiment ne l'a jamais quitté. Il s'est installé un peu plus chaque année, a très vite dit qu'il ne voulait plus bouger et qu'il voulait s'y installer pour sa vie future. Il a rencontré une Rochelaise, avec qui il va se marier cet été à La Rochelle. Il a rencontré des gens, a acheté avec sa fiancée. Tout s'est mis en place. « Je me suis toujours dit que je venais de Savoie, de Chambéry, mais ma vie est à La Rochelle et en termes d'attaches émotionnelles, je suis rochelais à 100 %. Ce marché, ses commerçants, ces tours, cette mer, ces bars, ces restaurants, ces bâtiments… Des villes où on peut s'asseoir sur un Vieux-Port comme ça, en pleine ville, il y en a très peu, c'est bien de ne pas l'oublier. Il ne faut pas le prendre comme acquis. Elle est exceptionnelle, cette ville. »

La fierté d'avoir participé à la montée en puissance du club

Sur son passage au club, il garde beaucoup de fierté d'être arrivé au début de quelque chose. Le projet a vraiment commencé avec l'arrivée d'Aymeric Jeanneau, un vrai projet sérieux. Le club venait d'être quasiment sauvé par le Covid, il était tout en bas du classement de N1. « Je suis fier d'avoir participé à cette montée en puissance, sportive, financière, structurelle. Et d'avoir vu passer tant de joueurs, je pense beaucoup à ceux avec qui j'ai joué sur les premières années de N1. Les débuts ne doivent pas être effacés. Le basket était présent il y a longtemps à La Rochelle, mais l'avoir remis un peu au centre, avoir participé à la création d'une histoire, j'en suis ultra fier. »

Il cite une phrase : « Ce n'est pas la fin qui compte, ce n'est pas le chemin, ce sont les gens qu'on rencontre sur le chemin. » Il insiste sur l'importance des personnes qui incarnent les valeurs du club. « On parle beaucoup de valeurs. Des valeurs inscrites sur tous les murs des clubs, au Macif Parc, toujours des valeurs. Mais ces valeurs sont incarnées par des gens, c'est là qu'elles prennent du sens. Ce sont les gens qui font les clubs. On dit que le club est le plus important mais je ne suis pas d'accord. »

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Pour lui, ce sont les gens qui font l'institution. « Si à un moment donné on vire tout le monde et qu'on met d'autres gens sans les mêmes valeurs, l'institution ne sera plus la même. C'est l'être humain qui l'incarne. » Il pense à des bénévoles, des employés, comme Benjamin Blot, Éric Péchalat, François Fort, Xavier Dlubak, Fred Simondet, et tous les joueurs : Antoine Dudit, Franck Seguela, Thibaut Lonzième, Desmond Quincy-Jones, Cheikh Gassama, Johan Löfberg, Thomas Ville, etc. « Il y en a plein qui sont passés et qui ont fait que ce club est là où il en est. Maintenant, on va rentrer dans une phase plus compliquée, où il va vite falloir une structure, mais ce sont six ans de rencontres et d'échanges avec des gens incroyables. »

L'histoire du club et la place du basket dans la ville

Le club existe depuis 1932. Il est arrivé sous le drapeau Stade Rochelais, et l'histoire du club compte pour lui. « Oui et je pense qu'il faudrait plus la mettre en avant. C'est vrai qu'on n'en entend pas beaucoup parler. Tout est nouveau et tout est allé vite, il faut prendre le temps, mais il y a peut-être des bannières à afficher de champions, des photos dans les couloirs… Oui, un Bastion Rupella, un Dominique Salbreux ou un François Fort, ils ont tout vécu. Rupella était en difficulté sur les dernières années mais je trouve que mettre en avant l'histoire d'un club aide à avoir une responsabilité supplémentaire quand tu es joueur. »

Quant à la place du basket dans la ville et dans la marque Stade Rochelais, il note un vrai changement de popularité entre les premières et les dernières années. Les gens reconnaissent, disent bonjour. « C'est toujours pareil, quel que soit le sport, ce sont les réussites sportives qui font que et on est monté deux fois rapidement, dont une dans l'élite. Avec la marque Stade Rochelais qui a porté, comme quand on est présenté à Marcel-Deflandre. Les gens suivent et en parlent. Et avec une salle, on pourrait toucher 4 500 personnes par match ! » Il rappelle que le basket est le sport le plus populaire de la planète derrière le foot, avec quasiment 800 000 licenciés en France, un sport très joué et très regardé.

Sur la place du basket dans le club, il avoue avoir du mal à répondre, mais avec son avis non objectif, il répond « pas assez ». Il aimerait davantage d'échanges entre le rugby et le basket : des entraînements en commun, un maillot en commun, un poster en commun. « Vraiment des petits trucs qui manquent un petit peu. Sachant qu'on avait des joueurs de basket et de rugby qui étaient demandeurs. Ce n'est pas grand-chose à mettre en place et ça pourrait vraiment faire encore plus culture commune dans la représentation du Stade Rochelais. » Il estime que le basket est considéré oui mais non. « C'est un sport tellement incroyable qu'il y a la place d'en faire encore plus à La Rochelle, sans que ça prenne le pas sur le rugby, qui reste le sport numéro un ; il peut y avoir un sport numéro un et un sport numéro un bis. Surtout dans un même club. Même si cet engouement de la part des Rochelais, c'est déjà super. »