Boxers de Bordeaux : un demi-siècle de lutte pour le titre de Ligue Magnus
Boxers de Bordeaux : 52 ans pour un titre de Ligue Magnus

Boxers de Bordeaux : un rêve de Ligue Magnus après 52 ans de combat

Au terme d'un parcours semé d'embûches durant cinquante-deux longues années, le hockey bordelais nourrit l'espoir de décrocher son premier titre de Ligue Magnus. Ce samedi 18 avril, les Boxers de Bordeaux affronteront Grenoble dans une finale historique, couronnant une saga sportive faite de résilience et de passion.

Des Dogues aux Boxers : la renaissance perpétuelle

Il a fallu le feu d'une passion indéfectible pour imposer le hockey sur glace à Bordeaux. « Heureusement, il y a toujours eu des fervents pour se battre quand il y avait mille raisons d'abandonner », confie Claude Canellas, responsable presse des Boxers. Cette épopée, qu'il relate bientôt dans un livre, témoigne d'un esprit de modestie hérité depuis la fondation de l'équipe en 1998. Le hockey bordelais revient de loin, comme en attestent les archives de Sud Ouest.

En 1974, bien avant la patinoire Mériadeck, les Bordelais patinaient aux Quinconces, au bord de la Garonne. Christian Lépine, un passionné, inaugura la première glace de Bordeaux en 1967, dans une cité traditionnellement bastion du patinage sur roulettes. Les Jeux olympiques d'hiver de Grenoble en 1968 braquèrent les projecteurs sur la glace, incitant Lépine à fonder le Bordeaux Hockey Club (BHC) en 1974. « Une gageure qui, à son origine, fit se gausser les habituels contempteurs d'expériences hardies », notait Sud Ouest. Les joueurs, surnommés les Dogues de Bordeaux, virent leurs effectifs doubler rapidement, avec l'arrivée de Québécois et de premiers titres modestes.

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Les années Mériadeck : entre luxe et précarité

L'inauguration de la patinoire Mériadeck en 1981 fut saluée comme une avancée, mais son « grosse ambiguïté » fut régulièrement soulignée. Utilisée aussi comme salle de spectacle, elle obligeait le club à tout déménager en vingt-quatre heures. « Le club devait débarrasser le plancher. Il fallait tout déménager, jusqu'aux machines à laver », se souvient Claude Canellas. Les Dogues durent même céder leurs vestiaires à des singes du Cirque de Moscou en 1987, une humiliation symbolique.

Les défis financiers s'aggravèrent en 1986 : après une montée en élite, la mairie réduisit sa subvention de 60%, forçant le BHC à annuler sa promotion. Malgré une négociation avec Jacques Chaban-Delmas, le club perdit ses dirigeants et ses stars, retournant à la case départ.

L'ère des Girondins et les déboires administratifs

Claude Bez, président des Girondins, tenta d'intégrer le hockey dans son empire en 1988, transformant le BHC en section avec le scapulaire bleu. L'objectif était un retour immédiat dans l'élite et un titre sous trois ans. En 1992, les joueurs remportèrent la finale de Division 1, mais le comité national refusa de créditer le club du titre, sanctionnant sa « gestion catastrophique ». « De toute façon, les joueurs sont liés au club. Le club, ce sont les joueurs. Donc, le club est champion », arguait en vain le président Serge Roux.

Exil et résurrections : le hockey en poupées gigognes

En 2003-2004, les travaux à Mériadeck contraignirent les hockeyeurs à l'exil au centre sportif des Antennes du lac, dans des conditions précaires : glace à peine fraîche, sans chauffage ni vestiaires. Le hockey bordelais, affaire de poupées russes, a vu six clubs se succéder, avec trois dépôts de bilan entre 1974 et 2026. Symptômes d'une discipline en mal de sponsors et dépendante des subventions, ces épreuves n'ont pas éteint la flamme.

Aujourd'hui, les Boxers de Bordeaux, emboîtant l'héritage du Bordeaux Gironde Hockey sur glace et autres entités, portent l'espoir d'un titre après des décennies de lutte. Leur parcours, marqué par des liquidations, des grèves et des démissions, illustre une ténacité rare dans le sport français.

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