Les Boxers de Bordeaux au seuil de l'histoire
Les hockeyeurs bordelais peuvent littéralement écrire l'histoire de leur club ce samedi soir à 20h30, sur la glace du Polesud en Isère. En détrônant les Brûleurs de Loups de Grenoble, ils s'offriraient leur tout premier titre de champion de France. Une occasion en or qu'ils se sont patiemment construite grâce à un état d'esprit remarquable et un parcours solide en play-offs.
Une décennie dominée par deux géants
Depuis dix longues années, la prestigieuse Coupe Magnus n'a connu que deux propriétaires exclusifs : Rouen et Grenoble. En ce 18 avril, les Boxers de Bordeaux se présentent comme les grands perturbateurs de ce règne normando-isérois. Ils sont sur le point d'être sacrés pour la première fois de leur histoire, menant actuellement 3-1 dans la série finale face aux Brûleurs de Loups grenoblois, tenants du titre.
Les Bordelais cherchent à accrocher cette quatrième victoire libératrice qui leur ouvrirait les portes de la gloire. Ils rejoindraient ainsi le club de Gap, seul autre vainqueur de la Ligue Magnus sur cette dernière décennie, qui avait triomphé en 2017. Face à eux, Grenoble arrive avec l'amertume d'avoir sèchement perdu la finale de Coupe de France contre Rouen (6-1) et devra défendre son statut devant son public.
La construction méthodique d'un succès
Du côté du palais des sports de Mériadeck, voilà sept éditions de play-offs que les Boxers font partie des VIP, les éditions 2020 et 2021 ayant été malheureusement annulées à cause de la pandémie de Covid. Et ils ne sont pas venus en invités discrets. Avec deux demi-finales en 2017 et 2018, une finale en 2024 et cette deuxième finale cette saison, le club s'est taillé une place au soleil grâce à une patience exemplaire, une ambition mesurée et des choix judicieux.
L'ancien entraîneur-joueur devenu manager Stéphan Tartari, né et formé à Grenoble, le président Thierry Parienty en poste depuis 2014, et l'entraîneur Olivier Dimet, arrivé d'Anglet en 2019, sont les principaux architectes de cette réussite. Ils ont réussi à structurer solidement le club et à construire une équipe équilibrée avec des joueurs de qualité, étrangers et français, mais surtout en instaurant un rapport sacré au collectif.
Un collectif soudé et déterminé
Ce collectif exceptionnel permet aujourd'hui aux Boxers de signer le parcours le plus maîtrisé des play-offs et de légitimement rêver à la grande coupe argentée. « Tout le monde apporte quelque chose en plus à chaque fois, chacun est leader à sa manière, nos gars sont solides », résumait le meilleur buteur et assistant bordelais Tommy Giroux après la victoire en demi-finale.
Les statistiques parlent d'elles-mêmes : ils n'ont laissé qu'un match à Marseille en quart de finale, aucun à Rouen (pourtant leader de la saison régulière) en demi-finale, et Grenoble n'a pour l'instant arraché qu'un seul succès aux tirs au but. « Il n'y aurait pas mieux que d'être champion en ayant battu Rouen et Grenoble », estimait le gardien bordelais Quentin Papillon.
La recette du succès bordelais
La formule magique ? Un recrutement astucieux de joueurs ayant déjà goûté à la victoire, un stage de pré-saison au Québec pour placer le lien humain au centre des préoccupations, une saison lancée dans la douleur avec neuf défaites en douze matchs et une place de dernier, mais une confiance née du travail acharné qui a débouché sur cette incroyable série de 11 victoires consécutives, la plus longue de toute la Ligue cette saison.
Depuis ce moment charnière, la confiance n'a plus quitté les hommes d'Olivier Dimet. L'entraîneur, superstitieux, ne s'est d'ailleurs plus rasé depuis le début des play-offs. Les blessures du jeune attaquant prometteur Enzo Carry (à l'avant-bras en tout début de saison) et du défenseur historique du club Julien Guillaume (commotionné lors du match 4 contre Grenoble mais qui va mieux) n'ont fait qu'accentuer la détermination du groupe à se battre jusqu'au bout.
Un hockey efficace et implacable
À l'image de la série contre Rouen et du match 4 contre Grenoble (5-1), les Bordelais pratiquent un hockey juste, efficace et qui fait mal. Ils ne sortent pas des rails quand la tension monte et que les coups pleuvent. Au contraire, leur appétit a grandi au fur et à mesure des 11 victoires en 13 matchs de play-offs. Il ne leur en manque plus qu'une pour entrer dans l'histoire.
Si la victoire ne vient pas ce samedi, il faudra recommencer, à domicile, lundi soir. Mais quand l'entraîneur slovène de Grenoble, Edo Terglav, s'agaçait de voir ses adversaires « tomber trop facilement » après le match 3 et que le capitaine Sacha Treille estimait son équipe « dans la merde » après le match 4, les Bordelais, eux, continuaient de marteler leur chemin, prenant les étapes les unes après les autres, sans s'enflammer ni avoir peur.
Résultats de la série finale
- Match 1 : Grenoble 4 - Bordeaux 5
- Match 2 : Grenoble 3 - Bordeaux 2 (tirs au but)
- Match 3 : Bordeaux 4 - Grenoble 3
- Match 4 : Bordeaux 5 - Grenoble 1
- Match 5 : Grenoble - Bordeaux, ce samedi à 20h30
- Match 6 : si nécessaire après défaite de Bordeaux
- Match 7 : si nécessaire après défaite de Bordeaux
De quoi appréhender au mieux le festin qui s'offre à eux et peut-être écrire une page mémorable de l'histoire du hockey français.



