Alors que le Tour de France femmes s'achève à Nice ce samedi 8 août, elles ne sont plus que cinq coureuses originaires du Var et des Alpes-Maritimes à figurer dans le peloton. Après l'abandon de la Niçoise India Grangier lors de la 5e étape, ces cinq régionales aux profils variés espèrent marquer les esprits lors des deux dernières journées de course.
Maëva Squiban, l'équipière de luxe
Révélation du Tour de France 2025 avec deux victoires d'étapes consécutives, Maëva Squiban (24 ans) a endossé cette année un rôle d'équipière au sein de la formation UAE Team L'IMAD. Un statut qui lui a notamment valu de se relever alors qu'elle était échappée sur la 5e étape. « Avec quatre leaders sur la course, il fallait bien des équipières, expose la Bretonne installée à Trans-en-Provence. Je le vis bien. J'ai reçu des critiques parce que je suis loin dans les classements (19e quand même au sommet du Ventoux et 21e du général à 24'48 de Niewiadoma, Ndlr). C'est que je fais mon job. Je pense avoir des meilleures jambes que l'an dernier. On a toujours de beaux dossards jaunes (meilleure équipe), j'espère qu'on va les garder jusqu'au bout. »
Marion Bunel, une grimpeuse en devenir
Après avoir passé ses vacances chez ses grands-parents au Lavandou, Marion Bunel (21 ans) réside désormais à Bormes-les-Mimosas. La protégée de Pauline Ferrand-Prévot se fait progressivement une place au soleil, confirmant son statut de coureuse prometteuse (3e de la Vuelta et meilleure jeune début mai). « J'ai eu un calendrier exceptionnel, se réjouit-elle. Je n'ai pas envie de me fixer de limites. Je n'espérais pas être ici à 21 ans, me retrouver dans l'équipe de mes rêves (Visma Lease a bike) à courir la plus belle course du monde aux côtés des légendes comme Pauline ou Marianne (Vos). J'ai ce rêve de maillot jaune en tête et je vais dédier une partie de ma vie à ça. » Localement, elle détient les records des ascensions du col du Babaou depuis Collobrières (13'45'' à 24,6 km/h de moyenne) et du Pas du Cerf par son versant nord (6'07'' à 27,5 km/h). Pas étonnant de la voir franchir l'arrivée du Ventoux en 11e position ce vendredi.
Constance Valentin, aux bons souvenirs de Cagnes-sur-Mer
Quand la Méditerranée va apparaître dans le regard de Constance Valentin, la coureuse de Mayenne Monbana MyPie va sans doute avoir une pointe de nostalgie, en repensant aux années où elle résidait à Cagnes-sur-Mer. « Ce sont des terres d'entraînement qui sont vraiment géniales, je connais par cœur. Quand je sortais de l'appart, je prenais la montée de La Gaude pour aller vers le col de Vence faire des exercices mais aussi au col d'Eze, sur les traces du parcours de dimanche. Ce samedi ? Je pense que ce sera un sprint même si les côtes et le mur à la fin (de la Ginestière) vont rendre ça compliqué. Dimanche, ce sera encore une journée très dure pour le classement général. » Valentin, 110e au général, compte bien « essayer d'être dans une échappée » et ne compte pas « lâcher l'affaire ».
Marine Allione, l'opiniâtre baroudeuse
« J'entends les cigales, ça me fait trop plaisir », souriait Marine Allione ce vendredi matin au départ de l'étape. Un sourire radieux pour essayer d'effacer son histoire douloureuse avec le Tour de France. Après une chute au début de l'édition précédente, la Farlédoise s'est alignée avec une omoplate cassée, conséquence d'une chute sur le chrono des championnats de France fin juin. La baroudeuse de Mayenne Monbana MyPie (98e du classement général) espère maintenant se glisser dans une échappée pour savourer les étapes dans le Sud. « Je suis en train de remonter la pente. Je cours au jour le jour. J'ai hâte de rouler entre Sisteron et Nice, le parcours est long mais chouette. » Avec en prime, ses proches au bord de la route.
Titia Ryo, de la Bretagne à la Côte d'Azur
Membre de la formation Human Powered Health, Titia Ryo (21 ans) a posé ses valises à Nice après son bac pour bénéficier de meilleures conditions d'entraînement. La Villeneuvoise d'adoption arrivera ce samedi sur des routes qu'elle connaît par cœur. « Le coin est idéal pour rouler ! J'avoue que je pars souvent vers le col de Vence, de l'autre côté du Var, mais je connais bien aussi le col d'Èze, même si je ne l'ai jamais grimpé quatre fois, sourit la 45e du classement général. J'ai pu en parler aux filles de l'équipe. Ce matin (vendredi), à peine réveillée, une coéquipière me demandait comment était la dernière bosse samedi (côte de la Ginestière). Je lui ai dit qu'on arrivait sans élan, donc que ce n'était pas facile et bien raide ! Je pense qu'on arrivera encore groupées dans les deux dernières bosses, ça peut se jouer au sprint. Dimanche, ce ne sera pas la même ! » Un avantage pour s'offrir un dernier baroud d'honneur à domicile.



