Rebecca Lee, la femme qui éteint les feux de départ en F1 à Monaco
Rebecca Lee, la starter de la F1 à Monaco

À Monaco et à chaque Grand Prix de F1, c’est elle qui éteint les feux de départ (mais pas que !). Ce dimanche 7 juin à 15 h, cette Britannique officiant à la FIA sera chargée de presser le bouton vert ouvrant la voie aux monoplaces. Un acte humain qui résulte d’une procédure millimétrée lors des minutes précédant le départ. Mais pas que.

Rebecca Lee occupe le poste de « starter » permanent depuis l’année 2023. Aux alentours de 15 h, ce dimanche, le temps va littéralement s’arrêter en Principauté. Dans les tribunes, aux terrasses des immeubles, au cœur des stands et du paddock, on retiendra son souffle à l’instant précis où les 5 feux rouges s’allumeront à intervalle régulier d’une seconde, avant de s’éteindre et laisser la voie à 22 rugissantes monoplaces.

« Le départ d’une course est toujours un moment particulier, avec une montée d’adrénaline et un niveau de concentration extrêmement élevé. J’adore l’ambiance : le bruit des moteurs, l’énergie et l’anticipation. C’est un privilège d’y participer et je me sens chanceuse », résume Rebecca Lee, responsable des opérations monoplaces pour la FIA et starter permanent pour la F1 depuis 2023. Elle est la première femme de l’histoire à occuper ce poste stratégique.

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« Se préparer minutieusement »

C’est cette Britannique, originaire de Hartlepool, qui a la mission cruciale d’appuyer sur le bouton vert, perchée dans une cabine surplombant la grille de départ. Naturellement, le départ ne se limite pas à cette seule action humaine : il résulte d’un protocole millimétré, quasi-militaire, jalonné d’une série d’étapes qu’elle supervise, où l’improvisation n’a pas sa place.

« Le sport automobile est, par nature, imprévisible et les situations peuvent évoluer rapidement. La meilleure façon de gérer cela est de se préparer minutieusement et d’être prête à réagir à tout moment de manière efficace et conformément aux règles », martèle Rebecca Lee.

Tests et simulations en amont

Une connaissance pointue du règlement sportif, un souci du détail, beaucoup de prudence et de rigueur sont, à ses yeux, autant de compétences à cumuler pour maîtriser ce rôle à forte pression. « Je suis de nature plutôt calme et, même si nous travaillons souvent avec des délais très serrés, je m’épanouis dans ce genre d’environnement où il faut prendre des décisions rapidement. »

Le départ débute, en réalité, avant le week-end de course avec « des tests et simulations approfondis des systèmes matériels et des logiciels » – communications, système de secours, panneaux lumineux – et « l’élaboration de plans d’urgence ». Le jour J, le protocole de départ relève de l’horlogerie suisse.

  • 40 minutes avant la bataille du rail, la voie des stands s’ouvre et les pilotes partent pour un ou plusieurs tours de reconnaissance avant d’immobiliser leur monoplace sur la grille, selon l’ordre établi en qualifications.
  • Dix minutes plus tard, cette voie ferme.
  • À 14 h 50, un signal sonore retentit : la grille, noire de monde, doit être évacuée en vitesse, à l’exception des mécaniciens, officiels et pilotes.
  • À 14 h 57 : les couvertures chauffantes des pneumatiques doivent être débranchées, retirées et les monoplaces reposées sur leurs roues.
  • 14 h 59 : les moteurs sont démarrés et les mécanos ont déserté les lieux.

Des procédures d’urgence

À 15 h pétantes, les feux de la passerelle s’allument en vert. Le poleman s’élance pour le tour de formation suivi par l’intégralité du peloton. C’est le moment pour placer ses pneus et freins dans la bonne fenêtre de température. Démarre ensuite la mise en grille, durant laquelle Rebecca Lee est avertie de la bonne position de chaque pilote, puis la fameuse séquence des feux rouges.

« Quand la course démarre en toute sécurité – c’est la première de mes préoccupations, en particulier pour les pilotes et les commissaires – et sans encombre, on ressent un véritable sentiment d’accomplissement. »

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Avec l’introduction des moteurs hybrides « 50/50 », la FIA a introduit un élément supplémentaire dans la procédure grâce à un système de pré-départ qui permet aux pilotes de préparer leur moteur avant le déploiement. « Les départs sont devenus plus intéressants. Au-delà de ça, le cadre général reste globalement inchangé », précise-t-elle.

Et en cas d’accroc sur la grille de départ ? « Nous disposons de règles clairement définies et de procédures d’urgence : tour de formation supplémentaire, départ retardé ou autres procédures en fonction des circonstances. » Action, réaction !

Le drapeau à damier, aussi dans son giron

Rebecca Lee est aussi en charge de la procédure du drapeau à damier lorsque le vainqueur franchit la ligne d’arrivée et rafle la victoire tant convoitée. « Le timing est crucial. Parfois, l’écart entre les voitures est inférieur à 2 secondes dans le dernier tour, donc le drapeau doit être agité au bon moment. Pour être honnête, beaucoup de personnalités sont un peu nerveuses au début car cela les fait sortir de leur zone de confort. Kylian Mbappé a sincèrement apprécié l’expérience. Ce qui m’a marqué, c’est le temps qu’il a passé à échanger avec les commissaires. Ils ont apprécié cet échange. C’est gratifiant pour eux car ils travaillent sans relâche tout le week-end et jouent un rôle essentiel. »

L’an passé, c’est l’acteur Patrick Dempsey, alias « Docteur Mamour », qui avait succédé au footballeur dans cette tâche. Et cette année ? « Cela n’a pas encore été confirmé », sourit Rebecca Lee.