Depuis le début de la semaine, les nageurs français bénéficient d'un soutien inconditionnel de 6 000 fans au Centre aquatique de Saint-Denis, et les résultats suivent. En l'absence de Léon Marchand, mercredi 12 août, au troisième jour des épreuves de course des Championnats d'Europe de natation, l'ambiance est retombée de quelques décibels. Le Centre aquatique de Saint-Denis fait le plein (6 000 spectateurs) depuis le début de la semaine, et le week-end s'annonce bouillant avec le retour du quadruple champion olympique dans le bassin, vendredi, à l'occasion du 200 m papillon.
Une atmosphère hors du commun pour les nageurs tricolores
Tous les nageurs tricolores qui ont déjà plongé dans le grand bain de cet Euro témoignent d'une atmosphère hors du commun depuis le début de la compétition, avec ou sans Marchand. Tous les matins (séries), ils se battent pour revenir l'après-midi (demies et finales) et prendre leur shoot quotidien de plaisir et d'adrénaline. « J'ai conscience que je ne revivrai plus jamais ça », expliquait Pauline Mahieu, médaillée de bronze sur 200 dos, en début de semaine. « Quelle chance ».
Les brasseurs ont sans doute plus de « bol » que tous les autres. Chaque fois qu'ils sortent la tête de l'eau, leur mouvement s'accompagne d'un râle collectif qui donne des ailes. Carl Aitkaci, champion d'Europe avec le relais 4x100 m 4 nages mixte, a bien failli s'envoler.
Le public, un véritable carburant pour surmonter la douleur
« Vivre des trucs comme ça devant ce public, c'est fou », résume le benjamin de l'équipe de France, Nathan Muratory, auteur du record du monde juniors du 200 m dos en séries. Les cris de la foule permettent aussi de surmonter les effets néfastes de l'acide lactique sur les muscles. Marie Wattel, dernière relayeuse du 4x100 m 4 nages mixte, aurait-elle tenu le choc sans ce supplément d'âme descendu des tribunes ? « C'est le public qui m'a nourrie, ainsi que mes trois partenaires qui ont fait des courses exceptionnelles. J'avais juste à dérouler dans la douleur, a témoigné la nageuse du club de Montpellier (3MUC). Mais ce sont des moments tellement spéciaux et tellement rares qu'il faut profiter et les garder près de soi parce que ça n'arrive pas tous les jours. »
La plupart ont pourtant déjà vécu ça lors des Jeux Olympiques de 2024. Certains s'étaient d'ailleurs fait bouffer le cerveau sous la pression des 17 000 fans de Paris La Défense Arena. Cette fois, aucun ne semble inhibé par l'enjeu, bien au contraire. Les anciens se souviennent et partagent volontiers leurs expériences avec les plus jeunes.
Les recettes de Paris 2024 recyclées avec succès
Dans les gradins, on rejoue également les JO. Les organisateurs ont parfaitement recyclé quelques recettes du succès de Paris 2024 : les karaokés, le clapping des champions – aux Jeux, ils lançaient les hostilités avec un brigadier sorti des théâtres de la capitale –, les tifos ou les portraits géants des sélectionnés. Les quatre médailles récoltées jusqu'ici sont une juste récompense pour les uns et les autres. Et Marchand revient vendredi pour faire péter la sono !



