Au cœur du village paralympique, l'atelier de réparation qui fait gagner les athlètes
Atelier de réparation au village paralympique

Déambuler au sein du village paralympique, c'est entendre plusieurs langues au coin des rues. Observer les bâtiments décorés des drapeaux des délégations. Et découvrir un atelier vitré en plein mouvement. Là-bas, des silhouettes d'hommes et de femmes affairés se dessinent. Tous travaillent au centre de réparation Ottobock, entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de prothèses et de fauteuils roulants. Le géant germanique s'occupe gratuitement des réparations du matériel des athlètes, depuis les Jeux de Séoul de 1988. Ce partenariat avec le Comité international paralympique devrait s'étendre au moins jusqu'aux Jeux de Brisbane en Australie en 2032.

Ce vendredi-là, dans cet espace de 700 mètres carrés, les bruits de soudure couvrent les discussions des réparateurs. Et les athlètes défilent tout l'après-midi. Rien d'inhabituel a priori, même si, concède Bertrand Azori, « ça commence fort, plus fort qu'à Tokyo ! ». Cet orthoprothésiste participe pour la seconde fois à une opération paralympique en tant que directeur technique. Non sans fierté. « Prendre part aux Jeux, c'est un peu le summum ! explique-t-il. On s'occupe de patients athlètes, qui ont un parcours de vie très impressionnant et ont souvent plein de choses à nous raconter. Et l'atelier qui nous est mis à disposition est tout neuf, donc, pour nous, c'est le bonheur ! »

Un service sur-mesure

Au quotidien, 160 personnes se relaient à l'atelier, ouvert de 8 heures à 23 heures chaque jour. Certains sont orthoprothésistes, d'autres, techniciens-soudeurs, couturiers, etc. Tous réparent les fauteuils, lames et prothèses des athlètes des Jeux paralympiques de Paris 2024. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est… sportif. « On court énormément, on mange rapidement puis on revient pour aider tous les patients », indique Quentin Queva. Malgré l'intensité, le jeune orthoprothésiste, qui participe pour la première fois au dispositif, n'aurait échangé sa place pour rien au monde. « J'ai été très ému par un athlète ukrainien qui avait une prothèse fabriquée juste après son accident pendant la guerre, raconte-t-il. Savoir que j'ai pu l'aider, améliorer et monter en gamme sa prothèse grâce aux Jeux paralympiques, je trouve cela très beau. »

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Ce service est proposé à tous, « quelle que soit la nationalité, quel que soit le sponsor, quels que soient les besoins », précise Bertrand Azori. Un service sur-mesure, allant de la confection de prothèses à des pièces adaptées avec imprimante 3D.

« Des opérations très chronométrées »

Si certaines disciplines sont particulièrement sujettes aux chocs – rugby et basket en tête –, c'est surtout pour des réparations de vie courante que les orthoprothésistes et techniciens sont sollicités. Dans 85 % des cas, ils travaillent sur des fauteuils roulants. « Généralement, on fait des vérifications complètes : on change les pneus, les freins et les coussins et ça repart pour cinq à dix ans », sourit le directeur technique. Mais, évidemment, les situations varient et peuvent être inédites… et il faut savoir improviser. Surtout sur les lieux d'épreuves, où l'entreprise délocalise également un centre de réparation. « Ce sont des opérations très chronométrées, indique Quentin Queva. Par exemple, à Roland-Garros, quand le match est en cours, il faut faire des changements rapides de pièces ou une soudure pour que la compétition reprenne au plus vite. Il faut être rapide et réactif pour pouvoir assurer la réparation en temps et en heure. »

Si les grandes délégations, comme les États-Unis, la Chine ou encore la France, ont leurs propres équipes et ne se déplacent pas forcément en atelier, de nombreux autres athlètes profitent de ces Jeux paralympiques pour bénéficier de ce service. Certains allant jusqu'au remplacement total de fauteuil ou de prothèses. Au moins pour les quatre prochaines années.

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