À l'occasion de la 28e édition du Festival international des sports extrêmes (Fise), qui se déroule du 28 mai au 1er juin à Montpellier, son créateur et patron Hervé André-Benoit revient sur les années compliquées en interne et le choix d'avoir rendu l'entrée payante.
Un rêve encore inachevé
Le Fise, qui fête ses 30 ans, attire 300 000 spectateurs. Interrogé sur l'ampleur de l'événement, Hervé André-Benoit confie : « J'ai un côté rêveur en moi et mon rêve n'est pas encore atteint. » Il annonce une présentation de la stratégie jusqu'en 2032, via les Fise World Series, essentielles pour perdurer et se développer à l'international.
Inclusivité et mixité
Une nouvelle épreuve pour les personnes en situation de handicap est au programme. « Je veux que le Fise montre l'exemple en termes de mixité au niveau du handicap et des femmes », déclare-t-il. Il y a dix ans, moins de 5 % des compétitions étaient féminines ; aujourd'hui, toutes sont mixtes avec une équité des prize money.
Le passage au payant : une obligation
Le choix de rendre l'entrée payante l'an dernier était une obligation. « Les prix ont explosé après le Covid. Sur un budget de 2,5 millions d'euros, on a rajouté quasiment un million », explique-t-il. La baisse de fréquentation était attendue, mais la clientèle a évolué vers davantage de familles. Cette année, il espère une hausse de 15 à 20 %.
Un financement fragilisé
La billetterie compense le retrait de sponsors majeurs comme Samsung. « On a dû aller chercher l'équilibre avec beaucoup plus de petits partenaires », précise-t-il. Il identifie les influenceurs comme des concurrents, car ils captent les moins de 20 ans, qui représentent 60 % du public du Fise.
Des tensions internes et des regrets
Hervé André-Benoit revient sur les dysfonctionnements internes : menaces, injures, harcèlement. « Je ne peux tolérer que mes salariés et partenaires soient maltraités », affirme-t-il. Il a dû prendre des décisions pour mettre fin à des comportements toxiques. Il conteste formellement les accusations parues dans la presse.
Interrogé sur sa naïveté, il admet : « Je n'ai pas osé dire certaines choses alors que j'aurais dû. Je me suis peut-être fait duper. » Il se félicite toutefois que le montage de l'événement ne se soit jamais aussi bien déroulé que cette année.
Bio express
Natif de Montpellier, Hervé André-Benoit a créé le Fise et la société Hurricane. Étudiant à Sup de Co Montpellier, il a fondé une association de planche à voile, qui a donné naissance à la première édition en 1997 à Palavas-les-Flots. À 51 ans, il dirige toujours le festival, passionné de wakeboard et de sports urbains.



