Yannick Bru : des Bleus à la Pro D2, nouveau défi à Bayonne
Yannick Bru : des Bleus à la Pro D2, nouveau défi à Bayonne

Le 25 avril 2018, après dix ans passés au chevet des avants du Stade Toulousain et de l'équipe de France, Yannick Bru, devenu manager de l'UBB en 2023, a pour la première fois la responsabilité d'un staff sportif à Bayonne. Nous republions l'article paru le 14 mai 2018.

Sans un regard pour la carte, il conseille rouleau de printemps et poke bowl pour leurs « saveurs asiatiques ». Yannick Bru « fait attention ». La veille au soir, le nouveau manager de Bayonne a succombé à une entrecôte/frites au restaurant tenu par les frères Lièvremont, à Biarritz. Le menu sera plus léger à la Brasserie de l'Aviron, sa cantine du moment. Dans un emploi du temps plus serré qu'un maillot XS sur un pilier grassouillet, le Gersois, qui fêtera ses 45 ans dans huit jours, prend une heure pour se poser. Millimétrée. En ce début du mois de mai, sac à dos et cahier grand format sous le bras, il enchaîne les rendez-vous : dirigeants, joueurs, supporters, staff technique, médical… Sans compter les maisons à visiter pour sa famille, l'école à trouver pour Max et Victoire, ses enfants de 15 et 11 ans. Capitaine des cadets première année du Stade Toulousain, l'aîné a vécu son départ de la Ville rose comme un « déchirement ». Il poursuivra son cursus sportif à l'Aviron. D'où l'attention portée par son père au bien-être des siens : « Je veux que ma famille se sente bien ici. C'est essentiel. »

Des Bleus à la Pro D2

Après dix ans au chevet des avants du Stade Toulousain (2007-2012) et de l'équipe de France (2012-2017), Yannick Bru attaque un nouveau défi. Pour la première fois, l'ancien talonneur aura la responsabilité d'un staff sportif. « J'avais besoin d'un nouveau challenge. Je ne voulais plus être adjoint en Top 14, ou alors pour une nation étrangère et un changement de vie. » La sélection australienne l'a contacté, avant d'opter pour Simon Raiwalui, l'entraîneur du Biarritz Olympique. Brive et Pau se sont également renseignés. Finalement, l'ex-adjoint de Guy Novès et Philippe Saint-André a opté pour la deuxième division et l'Aviron Bayonnais.

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« Qu'il ait pu être intéressé par un club de Pro D2, c'est déjà incroyable, s'enthousiasme le président du conseil de surveillance, Pierre-Olivier Toumieux. Yannick a le plus beau palmarès en activité du rugby français. » Le pire bilan, aussi, pour un entraîneur de l'équipe de France (66 matchs, 41 % de victoires). L'homme assume. Y compris ce passage « à l'étage en dessous ». « J'ai besoin de faire mes armes. Je viens avec humilité. Il faut se gagner les choses dans la vie. Après, ça reste le même métier. Ce n'est pas moins noble de le pratiquer en Pro D2, un championnat stimulant qui a vu passer beaucoup d'internationaux que j'ai côtoyés en équipe de France : Machenaud, Gourdon, Goujon, Huget, Dulin, Sanconnie, Lambey… »

Lié aux nouveaux présidents

Le choix dénote. Yannick Bru n'est pourtant pas le premier entraîneur à passer du Tournoi des Six Nations à la Pro D2. Son prédécesseur bayonnais Pierre Berbizier en est un autre exemple. Mais pourquoi avoir choisi l'Aviron, alors que « 100 % de (ses) amis (lui) ont dit de ne pas y aller » ? Pour cette progression dans sa carrière, mais surtout pour les hommes.

Ami intime depuis plus de vingt ans du président du directoire Philippe Tayeb, l'ex-joueur de Toulouse arrive en terrain connu. « C'était une des conditions à ma venue, raconte-t-il. Que certaines personnes soient aux postes de direction, et qu'elles s'engagent sur un certain budget et un projet. » De passage chez les Natal Sharks en Afrique du Sud, Yannick Bru a suivi de loin l'assemblée générale mouvementée du 20 avril, qui a finalement porté Pierre-Olivier Toumieux et Philippe Tayeb à la tête du club. « Ils m'avaient dit que ce serait tendu jusqu'au bout, que les coups fourrés ne manqueraient pas. Ils ne m'avaient pas menti ! »

Ses conditions ont été remplies une à une. Aucune ne portait sur la question financière. Licencié des Bleus fin 2017, à deux ans du terme de son contrat, l'entraîneur a trouvé un accord avec la Fédération en janvier dernier. L'Aviron, qui doit déjà gérer l'éviction de Pierre Berbizier, ne pouvait de toute façon pas s'accorder la moindre folie.

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Manager de l'Aviron, uniquement

Yannick Bru fera équipe avec les entraîneurs en place, Joël Rey (avants) et Vincent Etcheto (arrières). Il a eu des garanties sur son staff (arrivées de Ludovic Loustau, Christophe Foucault, d'un entraîneur de la défense) et surtout sur le brûlant sujet de la fusion avec Biarritz. « Je n'ai pas à me prononcer sur la viabilité ou la cohérence d'une entité basque, précise l'ancien international (18 sélections). Mais moi, dans mon parcours personnel, dans ce nouveau challenge qui est le mien, j'ai besoin de repères et de stabilité. Je suis venu pour entraîner Bayonne, uniquement Bayonne. » En accord avec cette philosophie, Philippe Tayeb lui a donné les clefs du camion sportif. Et même celles de sa maison lors de ses premiers pas au Pays basque.