Bercé au punk-rock et à la « déconne », le trio luzien Wrek, vainqueur du tremplin musical 2026, se prépare à faire vrombir la place Louis-XIV, le samedi soir des fêtes de la Saint-Jean, en juin prochain. Portrait de trois potes, aussi fantasques que doués.
Rendez-vous avait été donné à Jalday, au sein du magasin Boardriders 162 de Saint-Jean-de-Luz. « La maison », pour Louis, Victor et Xan, les trois membres du groupe de punk-rock luzien Wrek. C’est peu dire que l’endroit leur est familier. Ils ont grandi ici, autour des hangars et de l’océan, entre deux figures de skate sur le bitume, des sessions de « déconne » interminables et des concerts improvisés. « On habite entre Saint-Jean-de-Luz et Guéthary, à côté du panneau fin d’agglomération », indique fièrement l’un des trois musiciens, en même temps qu’il revendique un « Jalday libre » en se marrant. « Pour nous, c’est ici que tout se passe. On est très attachés à notre Californie française », glisse un autre, entre deux sourires. « On fréquente le même skatepark depuis toujours et on a aussi les mêmes goûts musicaux donc ça aide. »
Groupe de potes
Les premiers échanges avec le groupe vainqueur du tremplin musical 2026, mi-avril sur la place Foch, donnent le ton de ce trio qui carbure au second degré et à l’univers rock. Un style « qui envoie » et qui promet de détonner dans l’ambiance habituelle des fêtes de la Saint-Jean (du 18 au 22 juin 2026) puisqu’ils ont gagné le droit d’en intégrer la programmation officielle et de jouer sur la place Louis-XIV, le samedi soir.
Il faudra s’y faire : c’est autour de cette énergie commune que se rejoignent depuis plusieurs années Louis, bassiste (32 ans), son frère batteur Victor (28 ans) et leur ami, voisin et guitariste Xan (19 ans). « On fréquente le même skatepark depuis toujours et on a aussi les mêmes goûts musicaux donc ça aide. » Lesquels tournent principalement autour du rock underground : Blink-182, Rancid ou NOFX. Un style qu’ils essaient de développer dans leur formation, née il y a un peu plus de deux ans. Louis, Victor et Xan revendiquent une philosophie basée sur l’autodérision et l’éloge de l’échec. Avec une bonne dose d’humour.
« On aime beaucoup les groupes qui sont très sérieux techniquement mais complètement décontractés sur scène, avec une énergie “à la déconne”, proche du public où on peut parler à ses fans comme à une bande de potes. Aujourd’hui, on a trouvé cette alchimie quand on joue et ça donne des répétitions très cool, avec des introductions et des impros interminables. Ce qui est bien aussi, c’est qu’on joue tous plusieurs instruments donc le batteur peut donner une idée pour la guitare et le guitariste une idée pour la batterie. C’est trop bien pour les séances d’écriture. »
Éloge de l’échec
Attiré par la composition, le trio travaille principalement sur ses propres morceaux plutôt que sur des reprises. Des créations centrées autour d’une direction artistique tout aussi rock : l’échec et sa mise en valeur. D’où leur nom de scène, Wrek (« épave » en anglais, avec une faute d’orthographe volontaire) et leur slogan officieux - « We wrek, we suck, we stuck, we lost » - (« On s’est planté, on est mauvais, on est bloqués, on a perdu »).
Les textes célèbrent ouvertement l’échec, l’autodérision, le rire. « Ce n’est pas parce qu’on est au fond du trou que tout est terminé, justifient les auteurs. Il y a même un côté joyeux quand on est tout en bas et c’est presque confortable d’y rester parce qu’il y a une sorte de second degré et d’autodérision. On pense qu’avoir cet état d’esprit, c’est une force pour pouvoir aller plus haut et plus loin que ce qu’on pourrait imaginer. »
L’avantage avec une direction artistique pareille, c’est que tout échec devient cohérent avec l’image de perdants magnifiques. « Si on échoue, ce n’est pas grave, on s’en fout. Ça va même complètement avec l’esprit du groupe. Merde, on aurait dû perdre le tremplin en fait ! »
Un tremplin pour aller plus loin
Malgré leur apparente légèreté, les membres ne cachent pas leur ambition et travaillent actuellement sur un album de treize morceaux originaux, écrits et en attente de mixage. Leur victoire au concours lancé par la Ville et la visibilité qu’elle pourrait engendrer pourraient aider à le boucler, et à voir au-delà : « On a déjà le tremplin. Maintenant, on cherche les ailes pour décoller ». Ils ne cachent pas leur envie de vivre de la musique et de dépasser les frontières de Saint-Jean-de-Luz pour s’exporter sur d’autres scènes, nationales voire internationales. Les premiers signaux de réussite sont d’ailleurs déjà là puisqu’au printemps, RTL2 diffusera l’un de leurs titres. Un bon moyen de mémoriser les paroles et de se familiariser avec leur univers, avant d’aller les voir en concert, le samedi soir des fêtes.



