Après avoir triomphé à Glasgow, le Rugby Club Toulonnais se déplace en Irlande pour affronter le Leinster, une équipe redoutable, dans le cadre de sa première demi-finale de Champions Cup en onze ans. Peu d'équipes peuvent se vanter d'avoir croisé plusieurs fois la route du Leinster sans jamais perdre sur le terrain. Toulon fait partie de ce cercle très fermé : une victoire en quarts de finale à Mayol en 2014 (29-14), une en poule à Dublin la saison suivante (16-20), puis une en demi-finale au Vélodrome de Marseille (25-20). Depuis, tout a changé, sauf Josh van der Flier, titulaire à l'Aviva Stadium il y a onze ans et qui le sera à nouveau ce samedi, inamovible et increvable en troisième ligne.
Un parcours européen impressionnant
Depuis cette époque, la province irlandaise a disputé cinq finales, n'en remportant qu'une seule, tandis que le RCT a disparu du dernier carré jusqu'à cette saison. Les Toulonnais se sont hissés en demi-finale en renversant les pronostics. D'abord en battant les Stormers et leur escouade de Springboks (28-27), puis en s'imposant à Glasgow (19-22), une équipe citée parmi les favorites pour la victoire finale. Tout cela à la sortie d'une terrible série de quatre défaites et un match nul en Top 14. L'air continental semble bénéfique aux Varois, leur donnant des ailes.
Un défi de taille face au Leinster
Il en faudra, et bien plus encore, pour prendre le dessus sur un Leinster que l'on dit en perte de vitesse mais doté d'une expérience hors du commun, avec cinq demi-finales consécutives de Champions Cup, consolidée par le vécu en sélection. La quasi-totalité des titulaires du XV du Trèfle évoluent dans cette équipe, à laquelle s'ajoute le All Black Rieko Ioane, qui alterne entre l'aile et le centre, sans toutefois affoler les statistiques (quatre essais en quatorze matchs cette saison).
« Ça va très vite, avec des joueurs de grand talent qui ont de bonnes connexions entre eux, prévient Charles Ollivon. Quand tu rentres dans le vestiaire après un match contre le Leinster ou l'Irlande, c'est toujours difficile : les corps sont mâchés. Ils t'imposent un rythme impressionnant, cherchent le KO. Ça ressemble à un test-match, donc c'est excitant. » Le Basque a une autre bonne raison d'être impatient avant de jouer son « plus beau match sous ce maillot » : même s'il en a vu d'autres avec les Bleus, il s'agit de sa première demi-finale de Champions Cup.
L'expérience toulonnaise en question
Sur la feuille de match côté toulonnais, ils ne sont que deux à avoir connu ces hauteurs : Teddy Baubigny avec le Racing, et Jérémy Sinzelle, couronné avec le Stade Rochelais en 2022 contre… le Leinster. Avec les piliers Jean-Baptiste Gros et Kyle Sinckler, le deuxième ligne David Ribbans, le demi de mêlée Ben White, le centre italien Nacho Brex, et sur le banc le Français Baptiste Serin, le directeur du rugby Pierre Mignoni peut tout de même s'appuyer sur une équipe expérimentée.
« Le Leinster a de l'avance, admet-il. Nous, on se cherche une expérience commune depuis quelques saisons, avec des quarts, des demies (en Top 14 et Challenge Cup). On sait que ce sera très, très difficile. Mais on a certainement appris depuis deux ans. Et quand l'arbitre siffle, c'est toujours 50-50. » D'autant que l'équipe de Leo Cullen n'est pas invincible : quatrième de l'URC, elle a été surprise par Trévise le week-end dernier (29-26) malgré du beau monde sur le terrain.



