Souley Camara avant France-Sénégal : l'exploit de 2002 revisité
Souley Camara : le Sénégal et la France, un match pas comme les autres

À l'occasion du choc France-Sénégal en Coupe du monde 2026, Souleymane Camara, acteur de l'exploit sénégalais de 2002, replonge dans ce moment historique et livre son analyse du match à venir. Le Montpelliérain, alors joueur de l'AS Monaco, se souvient de ce 31 mai 2002 où le Sénégal a créé la surprise en battant la France, tenante du titre, lors de son premier match en Coupe du monde.

Un Petit Poucet sans complexe

« On était le Petit Poucet, tout le monde nous voyait derniers du groupe avec la France, le Danemark et l'Uruguay, mais on arrivait sur la lancée de la CAN et d'une finale face au Cameroun », explique Camara. « La France, c'est un match particulier. 95% des joueurs évoluaient en France, certains étaient mariés à des Françaises. On l'avait en tête dès le tirage au sort. On voulait montrer au monde qu'on n'était pas là par hasard. »

Deschamps, le chambreur

Didier Deschamps, alors entraîneur de Monaco, n'avait de cesse de taquiner Camara. « Avant mon départ, on a déjeuné ensemble. Au terme du repas, il me dit : 'à bientôt, vous n'allez pas rester bien longtemps au mondial'. Comme j'étais très timide, je lui ai répondu : 'on verra bien' », raconte Camara.

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Metsu, le guide

Bruno Metsu, entraîneur français tombé amoureux du Sénégal, a su fédérer le groupe. « La causerie de M. Metsu était forte. Il a installé une télé et nous a montré des témoignages de gens au Sénégal, de leurs sacrifices. Cette séquence de dix minutes nous a mis la chair de poule », se remémore Camara. « Il ne nous a pas parlé de la blessure de Zidane. On était un peu déçus de ne pas jouer face à lui, mais c'était peut-être une chance. »

Le match et l'exploit

« On a fait le match qu'on voulait faire. Quand Pape Bouba Diop a marqué, on s'est précipités au poteau de corner pour faire une danse répétée », décrit Camara. « À la mi-temps, le coach nous a dit : 'calmez-vous, on est très, très bien'. »

Diouf et les fortes personnalités

« On avait un groupe avec de fortes personnalités, comme El Hadji Diouf, Ferdinand Coly ou Henri Camara. Diouf était un leader technique et une grande gueule, il n'avait peur de rien », souligne Camara. « Bruno Metsu était proche de ses joueurs, il nous faisait confiance. Avant les matchs, il fermait la porte aux sorties, même si certains s'échappaient… »

Un avant et un après 31 mai 2002

Cette victoire a révélé le Sénégal au monde. « Jusque-là, le Sénégal, c'était Youssou N'Dour, Ismaël Lô ou Léopold Senghor. Après le 31 mai, quand on parle du Sénégal, il y a Youssou N'Dour, il y a aussi El Hadji Diouf », affirme Camara.

Retour en héros au Sénégal

« Quand on est revenus au Sénégal, pour rejoindre le palais présidentiel, il a fallu cinq ou six heures au lieu d'un quart d'heure. Les gens nous attendaient depuis 6 heures du matin à l'aéroport », raconte Camara. « Je suis allé au restaurant avec un ami, et à la sortie, tout le monde nous attendait. J'ai dû rester deux heures à l'intérieur. On se dit qu'on a eu la chance d'être choisis parmi 18 millions de Sénégalais. »

Passerelle vers un nouvel exploit

Un quart de siècle plus tard, l'esprit de 2002 souffle sur l'équipe actuelle. Pape Thiaw, Fadiga et Diouf font partie du staff. « On sent que l'état d'esprit est le même. Pape Thiaw en est le garant », explique Camara. « La France a une très belle équipe, mais notre équipe peut la titiller. Je suis né au Sénégal, j'ai grandi au Sénégal, je suis 100% pour le Sénégal. »

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