Le sentier des 4000 marches, réputé pour sa difficulté, offre des panoramas à couper le souffle. Du centre-bourg de Valleraugue au sommet du mont Aigoual, 1220 mètres plus haut, nous avons relevé le défi. Voici notre journal de bord.
Un départ prometteur
Le défi nous avait été lancé : gravir le sentier des 4000 marches, célèbre chemin de randonnée qui relie l'église de Valleraugue à l'observatoire météorologique du mont Aigoual. L'objectif ? Offrir un retour d'expérience aux amateurs et curieux de la discipline. Si le chemin, long de 8,4 km, commence bien par quelques marches, le reste du parcours est plutôt caractérisé par des passages rocheux et abrupts, et ce dès la première centaine de mètres.
Le sentier des 4000 marches est un itinéraire bien connu des traileurs et randonneurs aguerris, qui le gravissent à un rythme soutenu. Nous avions choisi de l'aborder à une vitesse toute relative. Équipés de nos meilleures chaussures de randonnée et de nos gourdes d'eau remplies (au moins 2 litres à prévoir par personne), nous avons pris la route.
À la conquête des premiers kilomètres
2 km, Xavier. Nous sommes partis un peu tard et le soleil se fait lourd. Nous croisons Laurent, qui mange un peu de miel à l'ombre pour calmer un coup de fringale. "On est partis un peu tard, on s'était fixé 8 h 45 pour éviter la chaleur. Mais on ne regrette pas, c'est magnifique." La première partie a la réputation d'être la plus difficile. Les premières "marches", qu'il s'agisse de roches naturelles ou de racines en escaliers, sollicitent déjà bien les jambes. Les gourdes que nous avons prises suffiront-elles ? (Spoiler : non). Le sentier monte vite (l'équivalent de 84 étages, d'après l'application de Léa) et les premiers panoramas s'offrent à nous, de quoi faire oublier l'effort. Le sentier s'engouffre sous les arbres et la côte s'adoucit.
Au cœur de la nature
4 km, Léa. Nouveau panneau jaune pour nous guider au fil de notre périple. À ce moment-là, le sentier est étroit. Nous marchons en plein soleil (casquette ou chapeau indispensable). De chaque côté, les pentes raides nous rappellent que nous sommes déjà bien montés en altitude. Entre deux coups d'œil aux paysages, nous serpentons entre les bosquets de lavande sauvage où papillons, sauterelles et autres insectes ont élu domicile.
5,6 km, Léa. Presque arrivés au sixième kilomètre, alors que nous nous apprêtions à pénétrer dans une nouvelle partie boisée, nous avons croisé un petit ruisseau, idéal pour se rafraîchir à ce stade du parcours. Avec ses parents, Guillaume et Solène, le jeune Malo pique-nique au calme et à l'ombre de la végétation. "On est à un peu plus de la moitié de la montée. Cette pause près du ruisseau fait beaucoup de bien, on a pu se tremper les pieds et rafraîchir les gourdes", confirme Guillaume.
Le dernier effort
5,7 km, Xavier. Moins de trois kilomètres avant la fin du sentier. Après le ruisseau, une nouvelle partie boisée commence. Nous pensons avoir fait le plus dur. À tort. Le sentier des 4000 marches se raidit considérablement. L'eau dans les gourdes et le moral viennent à manquer. Les discussions s'assèchent, la concentration est de mise. Le panneau annonçant le dernier kilomètre met une éternité à se montrer. Les pauses sont de plus en plus fréquentes. Le redémarrage, de plus en plus difficile. Mais bon sang, que c'est beau !
Le sommet tant attendu
7,9 km, Léa. Il nous reste 500 mètres. Le sommet culmine à 1565 mètres d'altitude. Il s'est fait désirer mais nous l'apercevons enfin : le Climatographe, ou observatoire météorologique du mont Aigoual. Inauguré en 1894, le bâtiment servait à mesurer et analyser les événements climatiques. Sur le toit du Gard, on s'accorde pour le dire, le paysage est à couper le souffle et valait bien le détour.
8,4 km, Xavier. Nous franchissons la 4001e marche. Une fontaine en libre-service permet de remplir à nouveau les gourdes. Nous croisons Jérôme et Donatella, rencontrés le matin à Valleraugue. "Pour moi, le début était très difficile, mais par contre la fin, impeccable !", sourit Donatella. "Maintenant, il va falloir redescendre, c'est encore une autre aventure", souffle Jérôme. De notre côté, nous redescendons par la navette : de trois heures de descente à pied, nous passons à une demi-heure de trajet jusqu'à Valleraugue. Trop facile !



