Semi Lagivala : la puissance fidjienne qui électrise le Stade Rochelais
Semi Lagivala : la puissance fidjienne au Stade Rochelais

Comparé à Virimi Vakatawa par Nolann Le Garrec, qui a côtoyé les solides Fidjiens du Racing 92, le centre est très vite devenu un atout gaillard des Jaune et Noir. Le jeu de mots « Hé Lagivala, Inspecteur Gadget » – pardon à ceux que la musique hantera – circule depuis que le Fidjien s’est fait un nom en Pro D2 avec le Stade Montois, en 2023-2024. Mais plus que cette référence au héros rigolo d’un dessin animé créé en 1983, vingt ans avant sa naissance, c’est l’énergie du centre rochelais qui frappe en Top 14. Rapide, explosif (en attaque comme en défense), lui n’est pas du genre amusant, sa force n’ayant rien d’un gadget. Sans quatre mois d’absence liés à une sévère blessure à la cheville (son point faible avec les ischios) en novembre, son patronyme résonnerait peut-être autant que ceux de ses compatriotes du Racing 92 Josua Tuisova, Wame Naiuvi, Selestino Ratuvaumada et Vinaya Habosi.

« Des qualités exceptionnelles »

Car s’il y a bien un trois-quarts jaune et noir à même de contrer leur puissance, c’est lui, son mètre 90 et ses 94 kg. Ses partenaires ne s’y trompent pas, qui l’ont taquiné à ce sujet avant un rendez-vous décisif pour les deux équipes, et même éliminatoire pour le Stade Rochelais, ce dimanche (21 h 05) à Nanterre. « J’ai entendu quelques pièces, sourit Oscar Jegou. Mais Semi n’a pas besoin qu’on le motive. Il sait que c’est un des matchs les plus importants de la saison. Il va s’y mettre tout seul, j’ai grande confiance en lui. »

« J’ai eu la chance de jouer avec Vakatawa et s’il continue, Semi peut s’en rapprocher ». Le 18 avril, après la victoire face à l’UBB, le flanker international le qualifiait de « monstre. J’adore ! Il n’est pas hyper épais mais il met une intensité de fou ». Comme le Bleu, selon qui « quand il le décide, personne ne peut l’arrêter ; il peut faire des choses extraordinaires. Ça va devenir un très grand joueur du Top 14. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« Je vais peut-être en faire sourire certains, mais j’ai eu la chance de jouer avec Virimi Vakatawa au Racing et s’il continue, Semi peut s’en rapprocher, abondait Nolann Le Garrec, très au fait des menaces fidjiennes des Ciel et Blanc. Il a des qualités physiques exceptionnelles, il comprend le rugby, il parle bien français. C’est vraiment un luxe. Et il a une marge de progression énorme. »

Un « QI rugby » élevé

Damien Neveu est sur la même ligne. Il l’avait accueilli au centre de formation montois en 2022, avant de vite le voir monter en pro : « Il s’exprimait peu, même en anglais. En revanche, quand il faisait une erreur, il la comprenait et la corrigeait tout de suite. C’était significatif de son QI rugby. »

« Beaucoup de gars me conseillent, me disent de ne pas être timide et de simplement jouer mon jeu ». « Il faisait autour de 80 kg mais il s’est mis à la musculation, prolonge l’ancien demi de mêlée rochelais, pas surpris que le club à la caravelle l’ait recruté avant la fin de son contrat. Après un an, il était déjà à 94 kg. Son potentiel athlétique est hors norme. Très rapidement, on a vu qu’il avait quelque chose de différent, une énergie incroyable, la capacité de répéter les efforts à haute intensité avec beaucoup d’agressivité. Il va vite et a beaucoup progressé sur sa lecture défensive, son timing. »

« Qu’on voie ses qualités »

« Beaucoup de gars me conseillent, me disent de ne pas être timide et de simplement jouer mon jeu », nous disait-il en octobre. Ses mots étaient comptés – et en anglais – mais précis. Issu d’une famille où seul un oncle a un peu joué, Semi Lagivala a commencé par le XV à Nadi, avant de passer au XIII au lycée, puis de se mettre au rugby à 7. « Je n’imaginais pas du tout venir en France. J’étais très content mais ça a été dur quand on m’a dit qu’on ne parlait pas anglais ici, raconte-t-il. J’ai galéré, les autres Fidjiens m’ont aidé. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le schéma est le même à La Rochelle, avec Suliasi Vunivalu et Levani Botia : « Je ne les voyais qu’à la télévision. Rencontrer de telles stars était comme un rêve devenu réalité. Ils m’aident beaucoup, surtout “Lep’s”, qui parle tout le temps aux jeunes. » Encore un peu intimidé par le bruit de Marcel-Deflandre, il estime que c’était « bien de commencer par la Pro D2, qui est dure, physique. Le Top 14 est différent, tout passe par la stratégie. » Ce qui lui va bien, à en croire Antoine Hastoy, qui a beaucoup sollicité Lagivala à Perpignan : « C’est rare de voir un joueur de duels comme lui autant intéressé par le jeu. Il faut qu’on voie quand il est là. » Oui, car comme le dit le fameux générique, « oh là je suis là, Inspecteur Gadget »…