Incendies : plus de 90 % des feux sont d'origine humaine
Incendies : plus de 90 % des feux sont d'origine humaine

Deux ans après l'incendie du massif de la Gardiole, dans l'Hérault, la question de la prévention reste centrale. Selon Fabien Brochiero, responsable du pôle DFCI (Défense des forêts contre les incendies) pour le Gard, l'Hérault et la Lozère à l'Office national des forêts (ONF), l'origine des feux est quasiment toujours humaine. « Plus de 90 % des feux sont liés à l'activité humaine, voire 95 % dans l'Hérault, et la majorité sont d'origine accidentelle », explique-t-il.

Des départs de feu évitables

Les causes sont multiples : calamine s'échappant du pot d'échappement d'une voiture, étincelles produites par un outil, mégots jetés par la vitre en conduisant sur l'autoroute, travaux de débroussaillement en pleine saison estivale, barbecue, pétards… « Si le risque zéro n'existe pas, ces départs de feu pourraient être évités dans la plupart des cas », poursuit Fabien Brochiero. Avec la canicule et la répétition des sécheresses, arbustes, feuilles, aiguilles, rameaux fins, herbe… constituent de véritables carburants pour les feux, mais pas à leur origine.

Les bons gestes à adopter

Outre le bon sens, qui consiste notamment à ne pas jeter un mégot par la vitre de son véhicule, les obligations de débroussaillement doivent être respectées par tous ceux à qui elles incombent et réalisées avant l'été. « Début juin, cela doit être terminé. Il faut débroussailler 50 mètres autour des constructions situées dans les zones forestières et à proximité de celles-ci. Les pompiers peuvent ainsi intervenir de manière beaucoup plus sécurisée », précise-t-il.

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Les actions de l'ONF en matière de prévention

Toute l'année, hors saison estivale, l'Office national des forêts intervient dans les forêts dont il assure la gestion. Ses équipes réalisent des travaux d'aménagement, entretiennent les équipements, notamment les pistes et les points d'eau, et aménagent des zones de réduction de combustibles. « Toutes ces actions ont pour but, quand le feu se déclenche, d'en limiter sa propagation et de favoriser les actions de lutte contre lui », explique Fabien Brochiero.

En été, les agents de l'ONF assurent chaque jour la surveillance des massifs. Leurs patrouilles permettent aussi de donner rapidement l'alerte et, si nécessaire, de procéder à une première intervention en cas de départ de feu. D'autres équipes vont, elles, à la rencontre du public pour le sensibiliser aux risques d'incendie et rappeler les comportements à adopter. Dernière mission : l'expertise et la connaissance des feux. « Nous tenons à jour une base de données qui recense et cartographie tous les feux, de telle façon à pouvoir déterminer comment ils naissent et se propagent », précise Fabien Brochiero. Cette connaissance permet aux équipes de mieux comprendre les incendies, d'adapter leurs pratiques et de faire évoluer les dispositifs de prévention.

Des pistes pour aller plus loin

Autre élément clé : le respect de la réglementation sur l'usage du feu : pas de barbecue à proximité ou dans une forêt, pas de mégot jeté, pas de travaux à risque durant la période estivale… « Si beaucoup de choses ont déjà été entreprises et de sérieux progrès ont été réalisés en matière d'acculturation au risque inondation, ainsi que pour le risque incendie, il faut néanmoins aller plus loin pour ce dernier et réfléchir à de nouvelles pistes possibles », poursuit Fabien Brochiero. Parmi ces pistes : la généralisation du débroussaillement autour des constructions avant l'été, une extension des zones de débroussaillement aux abords des autoroutes, où de très nombreux incendies démarrent, voire la construction de murs sur certaines portions de ces autoroutes. À méditer.

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