Wake in Fright : le film qui a relancé le cinéma australien
Wake in Fright : le film qui a relancé le cinéma australien

En 1971, Ted Kotcheff, futur réalisateur de Rambo, signe Wake in Fright, un thriller oppressant qui a littéralement relancé le cinéma australien. Le film, longtemps introuvable, ressort en salles dans une version restaurée.

Un tournage éprouvant dans l'outback australien

Le film suit un jeune instituteur, John Grant, qui, après avoir terminé son contrat dans une école isolée, s'arrête dans la ville minière de Bundanyabba. Il y rencontre des habitants qui l'entraînent dans une spirale d'alcool, de jeu et de violence. Le tournage, réalisé dans des conditions extrêmes, a marqué les esprits : les acteurs ont réellement bu de la bière et participé à des scènes de chasse aux kangourous, filmées avec de vraies carcasses.

Le réalisateur a puisé dans son expérience personnelle pour créer cette atmosphère étouffante. "Je me souviens d'avoir eu peur dans cette ville", confiait-il. Le film, produit par la société australienne NLT Productions, a été tourné avec un budget modeste, mais a su capter l'essence d'une Australie brute et sauvage.

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Un succès critique et une reconnaissance tardive

À sa sortie, Wake in Fright a été présenté au Festival de Cannes 1971, où il a reçu un accueil enthousiaste. Le critique américain Roger Ebert l'a qualifié de "film australien le plus important depuis la naissance du cinéma australien". Cependant, le film a connu des difficultés de distribution et a failli tomber dans l'oubli. Ce n'est qu'après sa restauration numérique en 2009, grâce à la collaboration entre l'Atlas Distribution et la National Film and Sound Archive d'Australie, qu'il a été redécouvert par le public.

Le film a également marqué les esprits par sa bande originale, composée par John Scott, et par la performance de Donald Pleasence, qui incarne un médecin déchu. La scène de la chasse aux kangourous, particulièrement brutale, a suscité la controverse, mais a contribué à la réputation du film.

Un héritage durable pour le cinéma australien

L'impact de Wake in Fright est considérable. Il a ouvert la voie à la nouvelle vague du cinéma australien des années 1970, avec des réalisateurs comme Peter Weir et George Miller. Le film a été cité comme une influence majeure par de nombreux cinéastes, dont Quentin Tarantino, qui l'a qualifié de "film australien le plus puissant jamais réalisé".

Aujourd'hui, la ressortie en salles de cette version restaurée permet à une nouvelle génération de spectateurs de découvrir ce classique méconnu. Le film est disponible dans les cinémas partenaires, et une édition Blu-ray est prévue pour les collectionneurs. La restauration, effectuée à partir du négatif original, offre une qualité d'image et de son optimale, redonnant toute sa puissance à cette œuvre unique.

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