Le président de la République portugaise, Marcelo Rebelo de Sousa, a promulgué ce jeudi 19 août 2026 une loi interdisant le port du voile intégral (niqab, burqa) dans l'espace public. Cette décision fait du Portugal le premier pays d'Europe du Sud à adopter une telle mesure, rejoignant ainsi la France, la Belgique, l'Autriche, le Danemark et la Bulgarie.
Une interdiction motivée par la sécurité et la laïcité
La nouvelle législation, adoptée par le Parlement portugais le 30 juillet 2026 avec les voix de la majorité de gauche et du Parti social-démocrate (centre droit), interdit le port de tout vêtement ou accessoire dissimulant le visage dans les lieux publics ouverts à tous, ainsi que dans les transports en commun. Le texte prévoit une amende de 200 à 500 euros pour les contrevenants. Selon le gouvernement portugais, cette mesure vise à garantir la sécurité publique et à promouvoir les valeurs de laïcité et d'égalité entre les femmes et les hommes.
Des exceptions limitées et un débat sociétal
La loi prévoit des exceptions pour les cas où la dissimulation du visage est justifiée par des motifs professionnels, médicaux ou artistiques, ainsi que pour les traditions carnavalesques et les fêtes populaires. Le texte a suscité un vif débat au Portugal, opposant les défenseurs de la laïcité et de l'égalité des sexes aux associations de défense des libertés individuelles et des droits des femmes musulmanes. Selon un sondage réalisé en juillet 2026 par l'institut Aximage pour le journal Público, 73 % des Portugais se déclaraient favorables à l'interdiction du voile intégral dans l'espace public.
Réactions contrastées et impact attendu
La présidente de l'Assemblée de la République, Augusto Santos Silva, a salué une « loi équilibrée qui concilie sécurité et libertés fondamentales ». De son côté, la Communauté islamique du Portugal a dénoncé une « mesure discriminatoire qui stigmatise les femmes musulmanes » et a annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle. L'application de la loi entrera en vigueur dans un délai de 90 jours suivant sa publication au Diário da República, le journal officiel portugais. Les autorités locales seront chargées de mettre en place les modalités de contrôle et de verbalisation, tandis que des campagnes de sensibilisation sont prévues pour informer la population des nouvelles dispositions.



