Deux journalistes français arrêtés au Togo pour tournage de "Routes de l'Impossible"
Deux journalistes français arrêtés au Togo pour tournage

Deux journalistes français, en tournage pour l'émission "Les Routes de l'Impossible" diffusée sur France 5, ont été arrêtés le 27 juillet dans la ville de Kara, au nord du Togo, a confirmé mardi soir le ministère français des Affaires étrangères à l'Agence France Presse. Le Quai d'Orsay a précisé qu'il s'agissait de "réalisateurs" travaillant "pour une société de production française". Ils font actuellement l'objet d'une information judiciaire conduite par un juge d'instruction.

Arrestation pour "espionnage" et détention à 450 km de Lomé

Les deux réalisateurs ont été interpellés par les autorités de Kara pour "espionnage", a affirmé leur employeur, la société de production Tony Comiti Productions, à nos confrères de Ouest-France. Ils se trouvaient dans la ville de Kara, située à environ 450 km au nord de Lomé, la capitale, au moment de leur arrestation. Le Quai d'Orsay a indiqué que les deux journalistes ont pu recevoir trois visites consulaires "à ce jour". "Les services du ministère, à Paris et à Lomé, sont pleinement mobilisés pour s'assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense", a précisé le ministère. "L'ambassade et le Bureau de la protection des détenus à Paris sont par ailleurs en lien permanent avec leur avocat, leur employeur et leurs familles".

Contexte géopolitique tendu dans le nord du Togo

Le Togo, petit pays côtier d'Afrique de l'Ouest, est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, successeur de son père, Eyadéma, resté 38 ans au pouvoir. Depuis fin 2021, l'extrême nord du Togo est en proie à des incursions de jihadistes présents de l'autre côté de sa frontière, au Burkina Faso, miné par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique. Le gouvernement a instauré l'état d'urgence l'année suivante dans une région du nord et l'a prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en février pour une durée d'un an. Dans ce contexte, Radio France internationale et France 24 ont été interdits d'antenne en juin 2025 pour trois mois, accusés d'avoir relayé des "propos inexacts et tendancieux" après des manifestations critiques envers le pouvoir, qui avaient secoué le pays le même mois. Ces médias français ne peuvent toujours pas émettre, selon un journaliste de l'AFP. En avril, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait déclaré à l'AFP avoir plaidé pour la levée de leur suspension, lors d'une visite au Togo – le premier déplacement officiel français de si haut niveau depuis dix ans.

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Liberté de la presse au Togo : un classement mitigé

Le Togo figure à la 97e place sur 180 pays au classement annuel de la liberté de la presse, réalisé par Reporters Sans Frontières (RSF). Le pays compte un grand nombre de médias, mais l'indépendance des journalistes dépend du contexte politique, rapporte l'ONG. Les deux journalistes français restent détenus et font l'objet d'une information judiciaire, tandis que les autorités françaises continuent de suivre leur situation de près.

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