Sébastien Migné : ses débuts d'entraîneur à Mougins en 1998
Sébastien Migné : ses débuts à Mougins en 1998

Le sélectionneur d'Haïti, Sébastien Migné, qui entre en piste cette nuit contre l'Écosse (3h), a débuté sa carrière d'entraîneur à Mougins en 1998. Ceux qui l'ont connu et qu'il a entraînés se souviennent de son passage.

Un parcours vers la Coupe du monde

Un sélectionneur n'arrive jamais en Coupe du monde par hasard. La joie immense qui en découle cache toujours un parcours. Pour Sébastien Migné, la route vers Haïti, dont il a pris les commandes en 2024, s'est ouverte à Mougins. En 1998, il devient entraîneur-joueur de la PHB du club azuréen. Milieu défensif à la base, il termine sa carrière au poste d'attaquant avant de se poser sur le banc. Avec le FCM, il monte en PHA en 1999 avec celui qui deviendra son ami, Sébastien Desabre. L'actuel sélectionneur de la République Démocratique du Congo était alors un milieu et arrière-gauche prometteur. Migné l'a vite fait passer des jeunes aux Seniors et le duo jouera encore les premiers rôles l'année suivante dans l'élite départementale.

Des méthodes professionnelles

« Il était très professionnel et ambitieux, se souvient Pascal Bialylew, autre milieu de cette époque désormais co-président du club. Il nous tirait vers le haut. On aurait dit qu'il entraînait l'équipe de France. Il était exigeant dans la préparation des matchs, la nutrition, les échauffements ou les étirements en fin de séance. Les joueurs étaient choyés. Tout était planifié. »

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« Tout de suite, on a vu qu'on était très au-dessus des standards de PHA de l'époque. La préparation physique était plus poussée que ce qu'on avait l'habitude de faire, retient Xavier Grandioux, milieu du FCM sous les ordres de Migné. On a découvert plein d'exercices différents. Dans les jeux à l'entraînement, l'approche technique était basée sur la circulation du ballon. Peu importe du niveau d'où l'on venait, on a tous progressé. Il sait tirer le meilleur d'un groupe, l'emmener là où personne ne pense aller. »

Un management qui a évolué

À l'époque, le groupe est jeune et se montre à l'écoute de ce technicien qui détonne. Même si les méthodes du coach (53 ans désormais) ont été « un choc » pour les plus anciens du vestiaire, selon Grandioux. Une fois son projet assimilé et porté par des joueurs passés par les centres de formation de l'OGC Nice et de Cannes (Aimar, Chevalier, Matray…), les résultats lui ont vite donné raison. Et son perfectionnisme a emballé.

« Il avait une très bonne aura, souligne Bialylew. De là à l'imaginer en Coupe du monde, je ne le pensais pas, mais en voyant l'ambition qu'il avait, je savais qu'il aurait un avenir dans le football et qu'il ferait tout pour réussir. Il a bossé. »

Avec du recul, Migné s'amuse de sa forte personnalité de l'époque. « J'étais assez fou dans ma passion pour que les mecs me suivent, explique l'actuel sélectionneur qui rêve de propulser les Grenadiers hors des poules. J'étais plus dictatorial qu'aujourd'hui mais les joueurs se posaient moins de questions. Les jeunes de la génération actuelle veulent comprendre pourquoi ils font ça ou ça. Avec l'expérience, mon management est plus participatif, plus sage et davantage dans le compromis. Sur les situations de stress et de conflit, j'ai évolué, je canalise mon énergie. »

Une équipe dure à battre

Le Vendéen ajoute qu'il ne mène plus « de guerres inutiles » avec les individualités de ses équipes. Avant de devenir l'adjoint de Jean-Pierre Papin à Lens et Strasbourg (2006-08) ou de Claude Leroy avec Oman, la Syrie, la RDC et le Congo, le natif de La Roche-sur-Yon a posé des pierres importantes dans la construction du club mouginois. Avec des idées de jeu affinées depuis.

« Il était porté sur la récupération de balle et le replacement. Il voulait construire une équipe bien en place, plus dure à battre qu'offensive, rembobine Bialylew. Ce n'était pas du football champagne, mais il fallait être solide. Il était très compétiteur et porté sur les résultats. »

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Travail des coups de pied arrêtés, étude de l'adversaire, capacité à jouer le hors-jeu, Migné planche sur tout. « Il avait juste un petit côté têtu par moments, nuance le président, au sujet d'un défaut qu'il a gommé. Il insistait parfois dans ses choix. Il était dans le dialogue, il écoutait les uns et les autres mais sa décision s'imposait à la fin. »

Un départ nécessaire

Sa réussite a fini par inquiéter un FCM soucieux de ne pas gravir les échelons trop vite. Le club a souhaité temporiser et Migné s'est résolu à partir. « Avec les joueurs, on s'était fait entendre, mais les dirigeants ont eu peur. Pour nous, ce n'était pas grave de ne pas avoir les infrastructures ou que ça coûte plus cher en cas de montée. On aurait trouvé les solutions », resitue son ami Grandioux. Mais Migné s'est éclipsé en Haute-Savoie pour découvrir le rôle d'adjoint à Gaillard, la balise suivante vers le succès.