Il y a ce que le monde entier a vu, le 31 mai 2025. Cet enchantement collectif, cette démonstration royale et ce chef-d'œuvre d'une vie. Les planètes semblaient alignées dans le ciel de Munich, où le PSG a livré, le jour J, son match le plus complet contre l'Inter Milan (5-0) pour aller décrocher sa première étoile européenne.
Et puis il y a eu tout le reste, avant, ces moments invisibles, ces mots soufflés dans l'intimité du vestiaire, l'omniprésence de Luis Enrique et cette préparation soignée dans le secret du Campus PSG qui ont permis à tout un groupe d'aborder l'échéance sportive la plus importante de leur saison dans des conditions idéales. « La préparation de l'an dernier avait été parfaite, se remémore un cadre du groupe. Les joueurs étaient au même niveau mental, physique, technique. Sportivement, la finale de la saison passée était beaucoup plus simple à gérer pour le coach que celle de cette saison. »
À l'heure de peaufiner les ultimes détails avant de se mesurer à Arsenal le samedi 30 mai à Budapest, personne au sein du club n'aura oublié que le premier succès des Parisiens en Ligue des champions s'est en effet également construit tout au long des jours qui ont précédé la rencontre. Une période que Luis Enrique avait souhaité appréhender le plus calmement possible pour contrer l'effervescence locale.
« Canaliser les émotions »
Au-delà des considérations tactiques relatives à la rencontre et du plan de jeu qu'il comptait appliquer à Munich, l'Asturien s'était efforcé, avant tout, de maîtriser l'excitation de son (jeune) groupe. Sa décontraction quotidienne traduisait alors sa volonté de faire redescendre la tension et de négocier ce rendez-vous unique dans les meilleures dispositions mentales et émotionnelles.
« On était tous très heureux et très excités, on était vraiment dans la joie à chaque entraînement », se souvient Désiré Doué. Nuno Mendes, lui, n'a pas non plus oublié « les frissons ressentis dans le ventre » à l'approche du match. « Cette finale de la saison passée, on pourrait la comparer au moment où tu tombes amoureux pour la première fois, image un proche du vestiaire. Forcément, il y avait de l'euphorie, de l'enthousiasme… Mais le coach avait réussi à canaliser les émotions des joueurs. Il est très fort pour ça. »
Une routine préservée
Les journées sont bien évidemment rythmées par un rappel des consignes, des conseils sur les zones à occuper sur le terrain, les adversaires à marquer, du travail vidéo individualisé, précis et condensé pour ne pas surcharger les joueurs en informations. Mais l'aspect psychologique entourant cette finale occupe une grande partie des discussions.
En privé, l'Espagnol ne cache pas être conscient de la pression qui entoure le club, il reconnaît et comprend l'impatience du peuple parisien. La tentation de renverser la table et de changer les plans initiaux aurait pu exister. Mais pendant que l'Inter Milan partait en mise au vert, le PSG, lui, est resté fidèle à sa ligne de conduite.
Ne rien changer à ses habitudes, garder la même routine et ne pas sacraliser le moment, aussi fort et exceptionnel soit-il. « La surexcitation amène davantage d'erreurs et dans une finale, on ne peut pas faire d'erreurs, dira en substance Luis Enrique à ses joueurs durant la semaine. Trouvez le bon dosage. Ne changez rien à vos habitudes. Si vous avez l'habitude de dormir du côté gauche de votre lit, continuez à le faire ! Il ne faut pas dépenser trop d'énergie avec ce stress. Voyez ces jours avant le match comme des jours normaux. Ensuite, vous serez prêts le jour J. »
« Les joueurs se nourrissent de cette tension positive »
Les consignes sont entendues par les joueurs qui s'offrent quelques escapades à Roland-Garros, par les membres de son staff, qui flânent dans les rues de Saint-Germain-en-Laye, poussette à la main, en balade avec les amis, la famille, les enfants. Cette décontraction voulue et recherchée par Luis Enrique n'altère, pour autant, aucunement l'esprit de compétition de cette joyeuse bande obnubilée par la victoire, convaincue de pouvoir entrer dans l'histoire.
Investi d'une mission, Marquinhos distille les messages, rappelle l'importance de ce rendez-vous et remplit son rôle de capitaine comme jamais. « Il ne casse pas la tête aux joueurs tous les jours. Mais il sait casser la tête quand il faut », se marre un intime.
Dans ses mots, dans ses gestes, le Brésilien fédère et transmet sa confiance à ses partenaires. Il tient, surtout, à exprimer sa fierté d'évoluer auprès de ces hommes, et confie même en privé être « amoureux » de cette équipe où il prend un plaisir infini. Cette franchise sera partagée de façon collective dans un vestiaire où chacun est conscient de l'immensité du moment qui l'attend au bout d'une saison fantastique.
« Ce groupe n'a pas perdu cette obsession de la victoire »
« Un matin, au lieu de s'entraîner, on s'est tous posés et on s'est dit les choses, raconte Warren Zaïre-Emery. Les capitaines, le coach, l'adjoint avaient pris la parole. Cela nous avait fait du bien de parler, de dire ce que l'on pensait, de parler de cette saison extraordinaire. On s'est dit que ce que l'on avait fait était incroyable. »
Douze mois plus tard, le même sentiment de fierté accompagne cet effectif qui aura une nouvelle fois lutté, surmonté différentes épreuves et emprunté un long chemin pour vivre, encore, le grand frisson de la fin de saison, ce samedi à Budapest face aux Gunners. Forts de leur expérience de 2025, les champions d'Europe connaissent désormais la recette et possèdent tous les outils pour aborder cette dernière ligne droite dans un mélange d'ambition et de sérénité.
« La saison passée a été extraordinaire et l'équipe est aujourd'hui proche de répéter la même performance. Ce groupe n'a pas perdu cette obsession de la victoire, ni son caractère qui le rend différent. Cela s'est senti aux entraînements, glisse un habitué du Campus PSG. Les joueurs se nourrissent de cette tension positive. Tout le monde veut être prêt et se bagarrer pour ce formidable objectif. » La mission Budapest est en marche.



