Pontus Farnerud, c’est la D1 des années 2000. L’élégance aux cheveux blonds. Et surtout Monaco et Strasbourg. Passé par l’ASM de 1998 à 2005, l’ex-milieu avait été prêté en Alsace (2003-2004), avant d’y retourner après son aventure princière. Avant le duel entre ses deux anciennes équipes, le Suédois de 45 ans a décroché le téléphone et parlé à Nice-Matin de son passage dans l’Hexagone. En français et en maîtrise.
Que devenez-vous ?
Je suis directeur sportif d’un club de 1ère division en Suède, Örgryte. C’est un club de Göteborg, connu et réputé. Je suis arrivé il y a deux ans et on est monté en première division l’année dernière. C’est plus difficile cette année, mais on doit continuer de construire.
Avec votre vision, quel joueur appréciez-vous à Monaco ?
C’est difficile de ne pas dire Akliouche. J’avais vraiment aimé le voir jouer avec Ben Seghir l’année dernière. Akliouche, tout le monde sait qu’il est fort techniquement mais moi je regarde beaucoup la vision de jeu. Ses déplacements, sa façon de se situer, de savoir où sont ses coéquipiers… Il sait créer des espaces pour lui et le trouble pour les adversaires.
On dit parfois que c’est difficile de jouer à Monaco, avec un contexte particulier. Vous l’aviez ressenti ?
Ça peut être un peu plus compliqué par rapport aux autres clubs où il y a cette énergie supplémentaire. Quand ça a bien fonctionné pour Monaco, c’était parce que les joueurs avaient créé une ambiance dans le groupe. Ils se mettaient la pression entre eux. C’est difficile d’être au top chaque année, il y a des cycles. Il ne faut pas se précipiter quand ça ne se passe pas bien, il faut analyser et rester calme pour être bon les années suivantes.
Vous étiez du genre à sortir, à aller au casino par exemple ?
Je crois que je n’ai jamais été au casino (rire), peut-être une fois au Grand Prix. Je recevais beaucoup de visites de Suède, tout le monde adorait venir à Monaco. Des fois on sortait manger mais il faut rester sérieux. Même si c’est un club différent vu de l’extérieur, je trouve que c’était vraiment familial.
Barthez, Sagnol, Gallardo, Trezeguet : vous avez connu des joueurs incroyables à Monaco !
Le niveau de cette équipe était exceptionnel, il y avait tellement de bons joueurs ! Sur le moment tu ne te rends pas compte, tu les vois comme des coéquipiers et des concurrents. Tout ce que tu veux, c’est jouer le plus de matchs possible. Mais avec le recul… Il faut aussi citer Claude Puel, il était au début de sa carrière mais on voyait qu’il avait envie de faire progresser les joueurs individuellement. Il a été très important pour moi !
Et Didier Deschamps ?
Je trouve qu’il lui a fallu du temps pour se sentir bien dans le rôle d’entraîneur. Il m’a apporté des petits détails : le placement, le positionnement, l’orientation vers l’avant, le fait de savoir calmer le jeu… Joueur, il était très fort dans ces aspects-là.
Le joueur le plus fort ?
Marco Simone ! Il se positionnait entre la défense et le milieu, c’était toujours le premier joueur que j’essayais de trouver. Il se libérait très facilement. Et en plus, il avait le sens du but.
Le joueur dont vous étiez proche ?
John Arne Riise. Comme on était tous les deux Scandinaves on passait beaucoup de temps ensemble. On a fait un peu de tout : du tennis, on regardait les matchs… Le meilleur au tennis ? Moi, forcément. Un Suédois contre un Norvégien, c’est facile (sourire).
Celui qui vous posait des problèmes à l’entraînement ?
Rafa Marquez. Son pied était très impressionnant, c’était très difficile de le presser et de récupérer le ballon. Il avait un calme et une qualité de pied pour relancer. C’est aussi pour ça qu’il a joué au Barça pendant tant d’années (2003-10) !



