Le Revest pleure une légende du football local
Le monde du football varois est en deuil. Philippe Bachelot, surnommé affectueusement « Fifi » par tous ceux qui l'ont connu, s'est éteint le 7 avril 2026 à l'âge de 74 ans, après avoir lutté contre une longue maladie. Cette disparition marque la fin d'une époque pour le club revestois, auquel il a consacré l'essentiel de sa vie.
Une vie entièrement dédiée au football revestois
Depuis ses débuts en 1966 dans la première équipe cadette du club, Philippe Bachelot n'a jamais vraiment quitté le Revest. Après un bref passage à l'Usam, il est revenu dès 1971 sous la présidence de Claude Meyrieu, père de l'ancien joueur professionnel Frédéric Meyrieu. Sa carrière a été un véritable tourbillon d'engagements : joueur défensif réputé pour sa rugosité et son jeu de tête impressionnant, entraîneur passionné, éducateur attentif, membre actif infatigable et supporter inconditionnel.
Fabien Moynier, ancien manager et aujourd'hui responsable des féminines, se souvient avec émotion : « J'avais douze ou treize ans quand je l'ai vu jouer pour la première fois. Depuis sa surface de réparation jusqu'au centre, il renvoyait de la tête les longs ballons aériens. Je n'avais jamais vu ça. »
L'incarnation de l'esprit club
Philippe Bachelot était bien plus qu'un simple joueur. Il incarnait véritablement la dimension collective et familiale du club. Toujours présent pour aider lors des tournois, des lotos, constamment à l'affût des résultats de toutes les catégories, il se montrait particulièrement protecteur envers les plus jeunes. Son dévouement était tel que, comme le rappelle Fabien Moynier, « de partout où on se déplaçait avec nos jeunes, on nous demandait si “Bachelot jouait toujours”. »
Cette renommée s'inscrivait dans une tradition familiale bien établie. Les six frères Bachelot – Claude, Serge, Marc, Gilbert, Guy et Philippe l'aîné – étaient « mondialement » connus dans le Var, selon l'expression locale, formant une véritable dynastie footballistique.
Des moments forts et un héritage durable
La carrière de Philippe Bachelot a été ponctuée de moments marquants, comme la défaite en quart de finale de la coupe du Var en 1981 contre le Sporting à Bon-Rencontre, ou l'occasion manquée de monter en PHB contre Saint-Cyr la même année, sous la direction de l'entraîneur Pierre Cortez.
Mais au-delà des résultats sportifs, c'est son humanité et son attachement viscéral au club qui resteront dans les mémoires. Irréductible revestois au sang vert et jaune, « Fifi » a été de toutes les épopées, de toutes les catégories. Sa voix, celle d'un gaillard à l'embélématique moustache bacchante, résonnera à jamais sur les falaises du mont Caume pour encourager les jeunes joueurs les jours de match.
Derniers hommages
La rédaction de Var-matin présente ses sincères condoléances à sa famille, notamment à ses enfants Sandie, Xavier et Florent, ainsi qu'à tous ses amis. Les obsèques se dérouleront le jeudi 16 avril 2026 à 14h30 en l'église Saint-Christophe au Revest, suivies d'une cérémonie au crématorium de La Seyne-sur-Mer à 17 heures.
Philippe Bachelot laisse derrière lui un héritage immense : celui d'un homme qui a su transmettre sa passion du football à plusieurs générations, et dont le nom restera à jamais associé à l'histoire du football revestois.



