Nolann Le Garrec, le maestro de La Rochelle, fait taire Aimé-Giral
Nolann Le Garrec, maestro rochelais, fait taire Aimé-Giral

L'expression « test de caractère » a beau avoir été essorée, Aimé-Giral en est une définition parfaite. Et Laurent Labit, le manager d'un Perpignan vaincu à la dernière minute par La Rochelle ce samedi (29-31), est absolument sous le charme d'un public qui joue avec exaltation son rôle de 16e homme. « C'est pour ça qu'en plus de nos joueurs, je pense que le Top 14 a besoin de l'Usap. Demandez aux Rochelais s'ils ne sont pas contents de venir ici, faire des matchs comme ça. »

Un numéro 9 décisif

Nolann Le Garrec approuve ce message. Auteur de 26 points chez les Catalans une semaine après en avoir marqué 25 face à l'UBB, le demi de mêlée international des Jaune et Noir reste sur quatre essais futés en deux matchs et 13 coups de pied réussis sur 14. Et s'il a eu droit à des broncas du genre classiques ici toute la rencontre, ce n'était rien à côté du vacarme qui a accompagné sa dernière tentative, décisive et réussie 25 secondes avant la sirène.

Une réponse ironique au public

Interrogé par nos confrères de Canal+ sur cette ambiance, le n°9 ne s'est pas plus dégonflé. Et s'est même permis d'ironiser, histoire de rendre une double monnaie de sa pièce au public sang et or : « Il pourrait peut-être prendre exemple sur Vannes. C'est plus stressant pour un buteur quand le stade est sans bruit que comme ça. »

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Ronan O'Gara l'adore

La balle n'est pas méchante mais tout sauf consensuelle. Cela valide un peu plus le fort caractère du Breton et sa capacité à faire fi du contexte comme du qu'en-dira-t-on. Si cette sortie peut faire bouillir un peu plus le sang catalan, elle confirme le tempérament affiché sur le terrain par celui qui est très vite devenu l'un des patrons du club à la caravelle – ce qu'a souligné Grégory Alldritt ce mercredi.

« C'est ce qui fait la différence entre un grand joueur et un très grand joueur »

Avec 13 courses avec la balle, dont 9 franchissements, 45 mètres gagnés mais surtout une impressionnante faculté à coller au jeu et à rendre menaçant le moindre ballon, il a plané sur la rencontre, quand bien même il n'a pas tout réussi. « J'adore, c'est un ''match winner'' (un gagneur de match, NDLR) avec un état d'esprit qui est le même du lundi au samedi », félicite Ronan O'Gara.

« Il n'a que 23 ans… »

« S'il doit suivre le plan de jeu, il va le faire, que ce soit devant 18 000 Rochelais ou ici, ou au Stade de France. C'est ce qui fait la différence entre un grand joueur et un très grand joueur, poursuit le manager rochelais. Dans les périodes difficiles, il m'a apporté beaucoup de sérénité. Quand il y a quelqu'un comme ça dans le vestiaire, tout est possible. On ne demande pas leur âge aux grands joueurs, mais il n'a que 23 ans… »

« C'est un plaisir de jouer avec lui, je suis hyper content pour lui qu'il puisse nous amener la victoire », relaie Antoine Hastoy, qui lui pardonne quelques (petites) gourmandises même si l'on a parfois l'impression qu'il va trop vite pour ses coéquipiers : « C'est à nous de nous mettre à son rythme, c'est sa marge de progression mais avec un match comme ça, on ne peut pas lui dire grand-chose. » Ce dont convient Laurent Labit, qui a eu « le privilège de l'entraîner au Racing » : « C'est un joueur brillant. » Et qui ne manque pas de piquant.

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Les notes

  • 9/10 : Le Garrec
  • 8/10 : Cancoriet, Alldritt, Niniashvili, Jegou
  • 7/10 : Lagivala, Wardi, Kuntelia, Boudehent, Seuteni, Favre, Hastoy, Leyds, Lespiaucq, Kante Samba