Le premier Mondial de l'histoire à 48 équipes, avec le système des meilleurs troisièmes, suscite des interrogations. Si ce format présente certaines limites, il pourrait n'être qu'une étape vers un tournoi avec davantage de participants.
Un format controversé dès le départ
La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, est la première à accueillir 48 sélections. Ce changement, décidé par la FIFA en 2017, vise à élargir la participation et à générer davantage de revenus. Cependant, le système des meilleurs troisièmes, déjà critiqué lors des éditions précédentes à 24 équipes, revient avec des matchs parfois sans enjeu et une complexité accrue pour les spectateurs.
Selon Adrien Mathieu, journaliste sportif, "le format actuel pourrait n'être qu'une transition vers un Mondial à 64 ou même 96 équipes". Les critiques pointent du doigt la dilution de la compétition et la fatigue des joueurs, alors que le calendrier est déjà surchargé.
Des précédents historiques
La Coupe du monde est passée de 16 à 24 équipes en 1982, puis à 32 en 1998. Chaque élargissement a suscité des débats similaires. En 2026, le nombre de matchs passe de 64 à 104, ce qui allonge la durée du tournoi et augmente la charge sur les joueurs. Kylian Mbappé, interrogé après la victoire 4-1 contre la Norvège le 26 juin, a déclaré : "On veut tous jouer des matchs importants, mais trop de matchs peut nuire à la qualité du jeu."
Un impact sur le spectacle et l'équité
Le système des meilleurs troisièmes permet à 8 des 12 troisièmes de se qualifier, ce qui réduit la pression lors des derniers matchs de groupe. Certaines équipes pourraient être tentées de calculer plutôt que de jouer pour gagner. De plus, les écarts de niveau entre les sélections pourraient s'accentuer, avec des matchs déséquilibrés en phase de groupes.
Selon une étude de l'Institut de recherche sur le football, 60% des matchs de la phase de groupes pourraient voir un écart de plus de deux buts, contre 45% en 2018. Cela risque de diminuer l'intérêt pour les spectateurs neutres.
Vers une nouvelle expansion ?
Des rumeurs évoquent déjà un Mondial à 64 équipes pour 2030 ou 2034. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a laissé entendre que "le football est un sport mondial qui mérite une participation encore plus large". Cependant, les opposants craignent que cela ne nuise à la qualité et à l'exclusivité de la compétition.
Le football est-il en train de se tuer à force de vouloir trop grandir ? Le débat reste ouvert, mais une chose est sûre : la Coupe du monde 2026 servira de test grandeur nature pour l'avenir du sport.



