Le rythme s'intensifie au troisième jour de cette Coupe du Monde de Football XXL, organisée entre les États-Unis, le Canada et le Mexique sur cinq semaines. Après, entre autres, une victoire sans stress des États-Unis contre le Paraguay (4-1), quatre matches sont au programme de la soirée et de la nuit, dont le choc Brésil-Maroc (à minuit heure française). Hors des terrains, les luttes intérieures aux États-Unis et les tensions internationales continuent de marquer la compétition. Vol d'équipement anglais, président de la Fédération palestinienne de football privé de visas étasunien et canadien… Voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
Doublé de Balogun et victoire américaine
Donald Trump n'était pas au SoFi Stadium de Los Angeles ni pour la cérémonie d'ouverture étasunienne (avec Katy Perry) ni pour assister au premier match de l'équipe nationale qui a suivi. C'est le secrétaire d'État Marco Rubio qui a représenté l'administration américaine. « J'irai, j'irai », s'était contenté de répondre le Président à un journaliste qui l'interrogeait sur sa présence en tribune, sans préciser à quel match. Il avait peut-être peur de manquer l'événement de MMA organisé la nuit prochaine sur la pelouse de la Maison-Blanche à l'occasion de ses 80 ans.
Marco Rubio, un des artisans de la politique anti-immigration de Donald Trump, a donc assisté à la victoire aisée des États-Unis face au Paraguay (4-1), portés notamment par un doublé de l'attaquant de Monaco Folarin Balogun, né à New York et issu de l'immigration (ses parents sont Nigérians). Le Canada, également pays hôte, a fait son entrée dans la compétition en arrachant un match nul à la Bosnie-Herzégovine, marquant ainsi le premier point en Coupe du Monde de son histoire.
Carton rouge pour les visas
Le président de la Fédération palestinienne de football, Jibril Rajoub, n'a pas obtenu de visa d'entrée pour les États-Unis ni pour le Canada. Après avoir assisté à la cérémonie d'ouverture à Mexico jeudi, il a expliqué à l'AFP qu'il se rendrait à un match Tunisie-Suède à Monterrey au Mexique, avant de rentrer dans les Territoires palestiniens. Il a dénoncé le comportement « ridicule » des États-Unis et averti la Fifa de la situation.
En avril dernier, Jibril Rajoub avait participé au congrès de la Fifa à Vancouver, au Canada, où il avait refusé de participer à une photo de groupe avec un responsable de la Fédération israélienne. La Fédération palestinienne a déposé un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre la décision de la Fifa de ne pas imposer de sanctions à Israël, du fait de la participation de clubs situés en Cisjordanie occupée à des compétitions supervisées par la Fédération israélienne. En 2024, des experts des Nations unies avaient indiqué avoir identifié au moins huit clubs de football évoluant dans des « colonies israéliennes », appelant la Fifa à « assumer ses responsabilités en matière de respect des droits humains ».
Le cas de Jibril Rajoub n'est pas isolé. L'arbitre somalien Omar Artan a été refoulé des États-Unis, malgré un visa en règle, et des visas ont également été refusés par des autorités américaines à des responsables iraniens ainsi qu'aux supporters sénégalais et ivoiriens.
Vol d'équipement anglais
Des ballons, des chaussures… De l'équipement appartenant à l'équipe d'Angleterre aurait été dérobé dans leur base de Kansas City dans le Missouri, perturbant les préparatifs avant une première séance d'entraînement prévue à 17 heures ce samedi. Selon la BBC, plusieurs véhicules ont été dévalisés alors qu'ils acheminaient ce matériel vers le Swope Soccer Village. Un coup dur pour les « Three Lions », qui doivent débuter leur campagne en Coupe du monde contre la Croatie mercredi, avant d'affronter le Ghana et le Panama dans le groupe L.
La Fédération anglaise de football a confirmé à l'agence britannique Press Association qu'un incident s'était produit, mais n'a pas été en mesure de fournir plus d'informations. Une enquête est en cours. Selon la BBC, deux personnes ont été arrêtées en lien avec cet incident.
Contre-pied : expiration de la loi Fisa
Le combat contre les dérives de Trump éclabousse aussi cette Coupe du monde. L'autorisation accordée à un important programme de surveillance étrangère américain a expiré ce samedi : l'article 702 de la loi Fisa permettait aux services de renseignement américains de mener sans mandat judiciaire des opérations de surveillance électronique de ressortissants étrangers. Les députés démocrates et certains républicains n'ont pas prolongé ce cadre législatif, réclamant la mise en place de garde-fous. Ils exigent notamment que la Maison-Blanche renonce à la nomination de Bill Pulte, un proche du président sans expérience ayant déjà participé activement aux poursuites contre les adversaires de Trump, comme directeur du renseignement national par intérim.
Cette expiration intervient en pleine période de tensions internationales, et Donald Trump avait lui-même évoqué le tournoi pour demander au Congrès de maintenir le programme. Mais les conséquences immédiates de son expiration restent encore incertaines.
Balle au pied : le football politique
Le foot n'a pas attendu cette Coupe du Monde pour être politique, et il peut même l'être à un niveau beaucoup plus local. Dans le premier épisode « Balle au pied », notre série de témoignages sur des histoires personnelles liées au ballon rond, Fabrice Tassel raconte ainsi un derby de son enfance en Bretagne, chargé d'une rivalité particulière entre le club catholique et le club laïc de la ville.



