La 23ᵉ édition de la Coupe du Monde de Football débute ce jeudi au Mexique, au Canada et aux États-Unis de Donald Trump sur fond de démesure, de politique répressive et de guerre en Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.
Premier jour : une cérémonie d'ouverture multiple
Ce n'est pas une mais trois cérémonies d'ouverture qui vont avoir lieu pour ce Mondial 2026. Une première cérémonie d'ouverture réunira ce jeudi soir à Mexico des artistes comme Shakira et Burna Boy. Une autre se déroulera le lendemain au Canada, à Toronto, puis une autre aux États-Unis, à Los Angeles, avec notamment Katy Perry.
Quid de la présence de Donald Trump ? Pas d’informations. Le président américain a simplement dit avoir l’intention d’assister à la compétition. « J’irai, j’irai », a-t-il répondu dans le bureau Ovale à un journaliste de l’AFP. Selon le patron de la Fifa Gianni Infantino, le président américain remettra le trophée à l’équipe victorieuse à l’issue de la finale du 19 juillet.
Exclusion d'un arbitre somalien
La police des frontières américaine a refoulé samedi à Miami l’arbitre somalien Omar Artan. La Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump, a défendu « l’intégrité » de son arbitre, assurant que celui-ci disposait d’un visa en règle. Réponse du Département d’État américain, interrogé par l’AFP : l’arbitre était « lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes ».
Omar Artan a déploré auprès du « New York Times » que « le plus grand rêve de [sa] vie » ait volé en éclats. « Je serai là à la prochaine Coupe du Monde » en 2030, a-t-il toutefois assuré mercredi à la foule venue l’accueillir à l’aéroport de Mogadiscio.
Problèmes administratifs pour d'autres joueurs
Des ressortissants d’autres pays ont connu des problèmes administratifs à leur arrivée aux États-Unis : c’est le cas, selon le « Guardian », de l’attaquant vedette irakien Aymen Hussein, retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago. De leur côté, une quinzaine de membres de l’encadrement de la sélection iranienne se sont vu refuser des visas américains.
Soutien des supporters mexicains à l'Iran
Dans la ville-frontière mexicaine de Tijuana, des supporters locaux sont venus soutenir la sélection iranienne de football, a constaté l’AFP. Et ce, pour redonner du baume au cœur à cette équipe dont la Coupe du Monde est chahutée par la guerre avec les États-Unis. À la sortie de l’hôtel de la « Team Melli », ils étaient une trentaine à acclamer les joueurs perses et réclamer des autographes, comme s’il s’agissait de leur propre équipe nationale.
Les « Super Fans » de l’équipe d’Iran, qui dorment dans le même hôtel que les joueurs, ne rêvent, eux, que d’une chose : un duel entre la « Team Melli » et les États-Unis. En pleine guerre entre Washington et Téhéran, une telle rencontre revêtirait une dimension symbolique très forte. Les deux équipes se sont déjà rencontrées, notamment lors de la Coupe du Monde 1998 en France (victoire de l’Iran) et lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar (victoire des États-Unis). Pour y parvenir cette année, la sélection perse doit d’abord accomplir un exploit qui lui a toujours échappé : franchir la phase de poules, face à la Nouvelle-Zélande, l’Égypte et la Belgique.
Le stade Azteca, légende du football
Arrêtons-nous le temps d’un instant sur une légende : le stade Azteca de Mexico où se déroule ce jeudi le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud. C’est la troisième Coupe du Monde de Football pour cette enceinte mythique, qui a vu le sacre du Brésil de Pelé en 1970 mais surtout la « main de Dieu » de Maradona en quart de finale du Mondial 1986.
Inaugurée en 1966 avec une capacité de 110 000 spectateurs, l’enceinte peut aujourd’hui en accueillir 87 500, mais il n’y aura que 83 000 sièges disponibles cet été, selon la Fifa. Certains de ces nouveaux sièges sont présentés comme plus confortables et disposent de porte-gobelets. Il existe aussi des zones exclusives et plus chères, des loges VIP et notamment une loge Sierra Porch. Pendant le Mondial, l’enceinte s’appellera « Stade de Mexico » en raison des restrictions publicitaires imposées par la Fifa. Ou quand le business tue les légendes.
Soutien au journaliste Christophe Gleizes
Le journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis un an en Algérie, a reçu le soutien du président de la Fifa, Gianni Infantino, qui a dit espérer qu’il obtienne une grâce présidentielle et puisse assister au Mondial 2026. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait auparavant annoncé que le journaliste avait été accrédité par la Fifa pour le tournoi, saluant « une manifestation de soutien fort » de la part de la Fédération internationale de Football.
« Il y a une chaise vide, c’est celle du journaliste français Christophe Gleizes, qui est le seul journaliste sportif emprisonné dans le monde », a déclaré Gianni Infantino au début d’une conférence de presse à Mexico.



