L'exposition « Moya fait son cirque » se tient à l'espace culturel de Tourrette-Levens jusqu'au 13 septembre 2026. Elle rend hommage au prince Rainier III et met en dialogue les œuvres de l'artiste plasticien Patrick Moya avec la collection privée du docteur Alain Frère, ancien maire de la commune et cofondateur du Festival international du cirque de Monte-Carlo.
Une rencontre entre deux passionnés
Alain Frère, 90 ans, a consacré une grande partie de sa vie à collectionner des pièces devenues de véritables reliques du cirque. Il a co-créé le Festival international du cirque de Monte-Carlo en 1974. Sa passion le pousse encore à parcourir le monde : son prochain voyage le mènera à Santiago du Chili le 1er septembre, invité aux Fiestas Patrias qui célèbrent le cirque.
« Moya est venu voir mon musée privé. Il a vu les costumes, les tableaux et il a reconstitué ces pièces à sa manière. C'est un cadeau extraordinaire », s'enthousiasme Alain Frère. L'artiste, bien connu dans la région pour avoir étudié à la Villa Arson de Nice, vit et travaille toujours dans la capitale azuréenne à 70 ans.
Une ambition culturelle pour Tourrette-Levens
Devenu maire de Tourrette-Levens en 1983, Alain Frère a occupé ce mandat pendant trente-sept ans. Il a souhaité donner à la ville une véritable valeur ajoutée culturelle. Cette ambition l'a conduit à acquérir le château, transformé en musée, puis une autre propriété devenue l'espace culturel. Depuis 2010, il y organise chaque année une exposition consacrée au monde du cirque.
Cette année, c'est Patrick Moya qui est à l'honneur. « Bertrand Gasiglia, actuel maire de Tourrette-Levens, a voulu qu'on prenne Moya, ce qui m'allait parfaitement », précise Alain Frère.
Le cirque, une source d'inspiration depuis 1990
Patrick Moya a présenté sa première grande exposition sur le cirque en 1990 à Thessalonique, en Grèce. Devant le succès rencontré, il a imaginé une exposition itinérante, « Moya Circus », qui a voyagé dans plusieurs villes de France et à l'étranger.
En 2007, Stéphanie de Monaco, présidente du comité d'organisation du Festival international du cirque de Monte-Carlo, confie une idée au docteur Alain Frère : « Elle m'a dit “Docteur, je vais mettre Moya” ». Aujourd'hui encore, « lorsque vous arrivez au Festival de Monte-Carlo, au grand chapiteau qui fait cinquante mètres de diamètre, il y a un tunnel décoré par Moya ».
Une reconnaissance internationale
Grâce à Stéphanie de Monaco, Patrick Moya réalise l'affiche des 35e et 38e éditions du festival. Il signe également les t-shirts, les écharpes et les cartes postales de l'événement, offrant une résonance internationale à son travail.
L'exposition actuelle présente notamment des représentations des éléphantes Baby et Népal, sauvées de l'euthanasie par la princesse Stéphanie en 2013. Quatre costumes de clowns introduisent l'exposition, dont celui du célébrissime clown Fumagalli, avec des visages reconstitués au maquillage par Charlotte Libeau.
L'art qui prend vie
Sur l'affiche de l'événement, on voit Dolly à gauche, la vedette de l'artiste, un petit chien qu'il représente partout. À sa droite : Pinocchio, un personnage créé par Moya pour se représenter lui-même. « Les couleurs donnent vie aux personnages. On a une certaine tendresse pour eux », commente Alain Frère. « Le problème d'un artiste c'est qu'il faut que son tableau te parle. Sinon c'est fade. Le cirque est un art vivant, et Moya lui a donné de la vie ».
Charlotte Libeau joue chaque dimanche après-midi à 16h jusqu'à la fin de l'exposition un spectacle baptisé « À la recherche de la chaise bleue », où elle apparaît déguisée et accompagnée de ses marionnettes. La chaise bleue est née à Tourrette-Levens.
Informations pratiques
« Moya fait son cirque » à l'espace culturel de Tourrette-Levens, place Louis Girard, jusqu'au 13 septembre. Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 19h. Entrée libre.



