Le tribunal de Saint-Gilles a condamné mercredi 5 août un quadragénaire à deux ans de prison ferme pour des faits de conduite sans permis, refus d'obtempérer, vitesse excessive et usage de stupéfiants. Cette peine, assortie d'un maintien en détention, s'accompagne d'une amende de 200 euros et de la confiscation de son véhicule, une Volkswagen. Le casier judiciaire de l'homme, qui compte plus de vingt-six mentions, a pesé lourd dans la décision.
Des faits contestés malgré des preuves accablantes
Les faits remontent au 30 avril dernier à Saint-Gilles. Ce jour-là, le prévenu, dont le permis de conduire était annulé, aurait pris le volant et tenté d'échapper à un contrôle de police, entraînant une course-poursuite. Il est également reproché à l'homme d'avoir pris la fuite après avoir percuté un véhicule. Interpellé quelques mois plus tard, il a formellement contesté les faits, affirmant avoir vendu la voiture avant l'incident.
Lors de l'audience, le prévenu a expliqué qu'il avait acheté le véhicule dans l'attente de récupérer son permis, mais qu'il avait décidé de le revendre en raison de travaux trop coûteux. Il a toutefois reconnu avoir oublié un sac contenant ses papiers d'identité, une carte bancaire et sa carte européenne d'assurance maladie à proximité du lieu du délit de fuite. "J'avais oublié le sac. Je devais revoir l'acheteur pour finaliser les papiers du véhicule, mais je n'arrivais plus à le joindre", a-t-il déclaré à la barre.
Une défense jugée peu crédible par le ministère public
La procureure de l'audience correctionnelle a vivement critiqué la stratégie de défense du prévenu, résumée par la formule : "En gros il vous dit : 'Pas pris, pas fait'". Elle a souligné que les policiers municipaux ayant participé à la course-poursuite avaient formellement reconnu le quadragénaire lors d'un tapissage. De plus, le véhicule était toujours enregistré à son nom.
Le président de l'audience a également ironisé sur le parcours judiciaire du prévenu, notant un "fil rouge" : la conduite sans permis. Le casier de l'homme mentionne en effet des condamnations pour détention de stupéfiants, violences conjugales, apologie du terrorisme et transport d'armes, entre autres.
Un prévenu qui clame son innocence
Malgré ces éléments, le prévenu a maintenu qu'il n'était pas au volant au moment des faits. "Je comprends que mon casier bien chargé peut jouer en ma défaveur, mais ça fait un an que je fais tout pour m'en sortir. J'essaie de repasser mon permis car je sais bien que c'est ça le problème principal. Pourquoi j'aurais tout foutu en l'air ?", a-t-il insisté.
Sa ligne de défense a été reprise par son avocate, Me Laurence Aguilar, qui a plaidé la relaxe en soulevant des zones d'ombre dans la procédure. "Ce qui est très embêtant dans cette affaire, c'est qu'il vous donne le nom de la personne à qui il a cédé sa voiture et aucun élément dans ce dossier ne montre qu'il y a eu des investigations en ce sens", a-t-elle souligné.
Le tribunal suit les réquisitions du parquet
La procureure avait requis trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis probatoire, ainsi qu'une amende et un maintien en détention. "Il faut arrêter de se moquer du monde", avait-elle fustigé avant de conclure ses réquisitions.
Après délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions, condamnant le prévenu à deux ans de prison ferme, tout en révoquant un sursis de six mois antérieurement prononcé. La peine totale s'élève donc à deux ans d'emprisonnement ferme, avec maintien en détention. Le quadragénaire devra également s'acquitter d'une amende de 200 euros, et sa Volkswagen a été confisquée.



