De notre envoyé spécial à Boston. Depuis notre arrivée sur le sol américain il y a un peu plus de deux semaines, nous avons vu des choses glaçantes : l'état des routes, les énormes camions qui doublent par la droite à 100 km/h, les sirènes de police, les toxicomanes à Philadelphie ou les consignes du Metlife Stadium interdisant les pistolets. Mais rien n'égale l'état des sélections adverses face à l'équipe de France, qui affronte la Suède mardi en 16e de finale. Trois matchs, trois victoires, dix buts marqués, un potentiel offensif digne d'une arme de destruction massive, une première place et une facilité déconcertante qui effraie tout le monde.
Zlatan Ibrahimovic impressionné par la profondeur de l'effectif français
Même Zlatan Ibrahimovic, pourtant réputé pour n'avoir peur de personne, a tremblé après la démonstration face à la Norvège (4-1) vendredi. “Si vous regardez les trois matchs, ils ont l'effectif le plus profond, les joueurs brillent, même le gardien brille. S'ils le veulent, ils peuvent gagner. Ils ont les meilleures chances de gagner la Coupe du monde. […] Ils sont tous connectés. Ça fait un peu peur.” a-t-il déclaré sur Fox Sports.
Les éloges de Stale Solbakken et Kristoffer Ajer
Avant même le Mondial, les louanges sur le potentiel offensif tricolore étaient nombreuses. La phase de groupe les a amplifiées. Stale Solbakken, sélectionneur norvégien, a même préféré ne pas aligner ses titulaires contre les Bleus pour leur éviter une sinistrose. “L'équipe de France fait partie des trois ou quatre équipes favorites pour s'imposer. Je pense qu'elle possède le meilleur quatuor offensif de la compétition, avec Kylian Mbappé, Michael Olise, Désiré Doué et Ousmane Dembélé.” a-t-il déclaré. Le défenseur Kristoffer Ajer a renchéri : “Il y a de très fortes sélections, mais la France fait partie des meilleures.”
Les journalistes étrangers partagent la même crainte
Dans les entrailles du Gillette Stadium, les confrères étrangers étaient admiratifs. Conrado Giuletti, journaliste brésilien d'ESPN, a répété que les Bleus étaient les grands favoris, vantant la doublette Dembélé-Mbappé “sans équivalent”. “Au Brésil, on parle beaucoup de la France et de Messi. La victoire face à l'Écosse et la performance de Vinicius nous ont donné confiance, mais la France reste au-dessus.” Heureusement pour le Brésil, un affrontement n'est possible qu'en finale, pour un remake de 1998.
L'Espagne redoute une demi-finale face aux Bleus
Un autre remake pourrait avoir lieu en demi-finale : France-Espagne, deux ans après l'élimination des Bleus à l'Euro. Javier de la Sotilla, journaliste à La Vanguardia, craint cette perspective : “L'Espagne n'est clairement pas au niveau de la France. La France est la favorite, avec cette attaque létale impossible à arrêter en contre-attaque et ses trois candidats au Ballon d'or (Mbappé, Dembélé et Olise). Je ne les vois pas trébucher, même si quelques vulnérabilités défensives pourraient coûter cher. Mais même si on leur marque des buts, ils en mettront toujours beaucoup.” Il ajoute : “S'ils maintiennent ce style vertical et offensif, c'est imparable. S'ils se renient et resserrent, ils seront plus vulnérables.”
Les Argentins, seuls à résister à la peur ?
Les seuls à rester hermétiques aux prestations françaises sont les Argentins. Peut-être à raison, car les exploits de l'attaque tricolore ne sont réalisés chez l'Albiceleste que par un seul homme, et ce n'est pas le genre de Leo Messi, octuple vainqueur du Ballon d'or, d'avoir peur. On lui conseille quand même de rester sur ses gardes.



