Canicule à l'école : enfants paient l'inaction climatique
Canicule à l'école : enfants paient l'inaction climatique

Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur, les établissements scolaires tentent de s'adapter pour protéger les élèves. Dans une école élémentaire du 13e arrondissement de Paris, les enseignants multiplient les initiatives pour faire face à des températures dépassant les 35°C dans les classes.

Des classes transformées en fournaises

« C'est insupportable. Les enfants sont fatigués, ils ont du mal à se concentrer », témoigne Marie, enseignante en CE2. Dans sa classe, le thermomètre affiche 36°C à 14 heures. Les stores sont baissés, les ventilateurs tournent à plein régime, mais l'air reste étouffant. « On a demandé des climatiseurs mobiles, mais la mairie nous a dit qu'il n'y avait pas de budget », ajoute-t-elle.

Selon une enquête du syndicat SNUipp-FSU, 78% des écoles françaises ne disposent pas de système de climatisation. Dans les zones urbaines, la situation est particulièrement critique. « Les cours en bitume emmagasinent la chaleur, et les bâtiments anciens ne sont pas isolés », explique Jean-Claude, parent d'élève et membre du conseil d'école.

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Des adaptations de dernière minute

Face à l'urgence, certaines écoles ont mis en place des horaires aménagés. « On commence à 8 heures et on finit à 13 heures pour éviter les heures les plus chaudes », indique la directrice de l'école Paul-Langevin à Montreuil. D'autres établissements organisent des activités aquatiques ou des ateliers à l'ombre.

« Ce sont nos enfants qui paient l'inaction climatique », dénonce Sophie, mère de deux enfants scolarisés à Paris. « On nous parle de transition écologique, mais dans les écoles, rien ne change. Les murs sont mal isolés, il n'y a pas d'arbres dans les cours, et les enfants souffrent. »

Un problème structurel

Les experts pointent du doigt le manque d'investissement dans la rénovation énergétique des écoles. « 40% des établissements scolaires ont été construits avant 1975, sans aucune isolation thermique », rappelle un rapport du Haut Conseil pour le climat. « Il faudrait 10 milliards d'euros pour rénover l'ensemble des écoles, mais les collectivités locales n'ont pas les moyens », ajoute-t-il.

En attendant, les enseignants improvisent. « On fait avec les moyens du bord : on mouille les serviettes, on distribue de l'eau fraîche, on déplace les tables près des fenêtres », énumère Marie. Mais ces solutions ne suffisent pas. « La semaine dernière, une élève a fait un malaise. On a dû appeler les pompiers. C'est devenu dangereux. »

Des inégalités territoriales

La canicule met en lumière les inégalités entre les écoles. Dans les quartiers favorisés, les parents peuvent financer des climatiseurs ou des brumisateurs. « Dans notre école, on a acheté des ventilateurs avec la coopérative scolaire », explique une mère dans le 16e arrondissement. Mais dans les zones défavorisées, les moyens manquent. « On n'a même pas de quoi acheter des bouteilles d'eau », déplore un enseignant en Seine-Saint-Denis.

Le ministère de l'Éducation nationale a publié un guide de recommandations, mais sans mesures contraignantes. « On nous demande d'adapter les activités, mais on ne nous donne pas les moyens », critique le SNUipp-FSU. Le syndicat réclame un plan d'urgence pour la rénovation des écoles.

Vers des écoles climatisées ?

Certaines municipalités réfléchissent à des solutions durables. À Paris, la mairie a lancé un programme de végétalisation des cours d'école. « On plante des arbres, on remplace le bitume par des revêtements perméables, on installe des fontaines à eau », explique un responsable. Mais ces travaux prennent du temps. « Sur 600 écoles, seulement 30 ont été rénovées en trois ans. »

Pour l'instant, la priorité est de survivre à la canicule. « On croise les doigts pour que les températures baissent », souffle Marie. Mais avec le réchauffement climatique, les épisodes de chaleur vont se multiplier. « Il faut une prise de conscience collective. Les enfants ne peuvent pas continuer à étudier dans des conditions indignes. »

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