Ce mardi à 21 heures à Dallas, la France affronte l'Espagne en demi-finale du Mondial 2026. L'un des enjeux majeurs sera la bataille du milieu de terrain. Deux journalistes de la rédaction des sports de Nice-Matin ouvrent le débat.
Pour Christopher Roux : oui, le milieu des Bleus est « physique et technique »
Il y a ce que l'on imagine et ce que l'on voit. Avant le tournoi, on pensait que les Espagnols iraient au bout. On craignait les ego et le déséquilibre côté français. Deux écueils jonglés jusque-là par les Bleus. Un mois plus tard, la Roja a donc rétrogradé dans notre estime.
Les champions d'Europe forment toujours un collectif séduisant, qui pue le foot et tient le ballon comme personne. Il sait être patient et ne s'affole jamais, mais l'équipe de France a un truc en plus, notamment au milieu où ses profils se sont montrés plus complets. Avec Rabiot, Tchouaméni, Koné et Zaïre-Emery, Deschamps possède des garçons techniques mais également physiques. Des profils capables d'impacter Rodri, Pedri, Ruiz et Olmo pour les priver de temps et les empêcher de jouer dans un fauteuil.
Mbappé, Olise, Doué ou Dembélé pourraient aussi se régaler de leurs récupérations et de leurs passes en transition. On n'a pas dit pour autant que le choc n'aura pas lieu, mais on imagine les Bleus se qualifier grâce à leur coffre, après la prolongation ou les tirs au but.
Pour Leandra Iacono : non, « le match va se jouer ailleurs »
Puisque personne à la rédac n'avait envie de dire du bien de l'Espagne (question de principe), pas même El Señor Depiot qui a pourtant de la sangria dans les veines, il a fallu que cela tombe sur nous. On va quand même tenter d'être objectif. Si la Roja a tracé son chemin jusqu'en demie sans nous impressionner, elle reste une machine très difficile à manœuvrer, capable comme aucune autre de construire sous pression et d'enchaîner les longues séquences de possession.
À ce petit jeu-là, on imagine mal le duo Rabiot-Tchouaméni rivaliser avec un entrejeu espagnol réglé comme du papier à musique. Après tout, même les Portugais Vitinha et Neves, pas vraiment les perdreaux de l'année, n'y sont pas parvenus. La France n'avait pas eu la possession contre le Maroc, elle ne l'aura sans doute pas davantage contre l'Espagne de Rodri et Ruiz.
L'enjeu n'est pas de savoir si les Bleus auront le ballon mais ce qu'ils en feront une fois qu'ils l'auront récupéré. Alors que la Roja pourrait tomber dans le piège d'une domination stérile, il ne serait pas étonnant de retrouver la France pragmatique de DD. Celle qui sait souffrir... puis punir.



