Après des classiques printanières exigeantes, Émilie Morier a décroché ce week-end son premier podium chez les professionnelles en Bretagne. La sociétaire de l’équipe St-Michel - Préférence Home - Auber93 poursuit son apprentissage du World Tour avec le Tour de France en ligne de mire.
Une révélation venue du triathlon
L’ancienne championne de triathlon effectue sa première grosse saison dans le peloton professionnel mondial. L’an dernier, la Bayonnaise d’adoption s’était révélée au Tour de France Femmes où elle avait épaté tout le monde, notamment dans les grands cols qu’elle découvrait pour la première fois (25e au classement général, 12e de l’étape et 4e Française lors de la dernière grande explication en montagne). Cette année, la Grande Boucle demeure son objectif ultime. En attendant, Émilie Morier s’aguerrit dans le peloton professionnel aux côtés des meilleures mondiales. Elle a disputé plusieurs grandes classiques, accrochant au passage son premier podium à l’arrivée du Grand Prix du Morbihan, en Bretagne.
Un podium encourageant
Après des campagnes difficiles sur les classiques du mois d’avril, Émilie Morier est parvenue à s’offrir son premier podium (3e) chez les pros lors d’une manche de Coupe de France Élite Femmes. C’était samedi dernier, à l’arrivée du Grand Prix du Morbihan Féminin disputé autour de Plumelec. Sur un circuit qui empruntait la fameuse montée de Cadoudal, l’ancienne championne du monde de triathlon a encore impressionné. Elle termine première Française, juste derrière la Canadienne Sidney Swierenga (Liv AlUla Jayco) et la Néerlandaise Eline Jansen (VolkerWessels).
« Je n’étais pas leader, mais on s’est retrouvées à trois de l’équipe dans le final. J’avoue avoir terminé très fort pour aller chercher cette 3e place. Cela me redonne confiance après un début de saison difficile sur les classiques, confie-t-elle. En plus, ce podium confirme mon retour en forme ; physiquement, je me sens bien. »
Une dynamique plutôt encourageante pour la coureuse qui se prépare pour le Tour du Pays basque (Itzulia Women), l’une des rares courses professionnelles à se disputer près de chez elle. Vendredi, elle sera au départ de Zarautz pour trois jours de course : « C’est un parcours très vallonné, mais pas trop montagneux. J’ai reconnu la dernière étape qui se termine à Saint-Sébastien par le Jaizkibel, il y a juste le pied du col qui est un peu dur. »
L’apprentissage exigeant du peloton
Il ne faut pas oublier qu’à 29 ans, Émilie Morier dispute sa première saison complète chez les pros, se frottant à des vedettes mondiales telles que Demi Vollering, Pauline Ferrand-Prévot ou Lotte Kopecky. « Le niveau World Tour n’est pas facile. Notre équipe, St-Michel - Préférence Home - Auber93, évolue à l’échelon inférieur. On doit lutter face aux écuries du World Tour, c’est parfois compliqué de trouver sa place au sein du peloton et on n’est pas toujours respectées », analyse-t-elle.
La Bayonnaise en a fait l’expérience lors des grandes classiques printanières (Amstel Gold Race, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège) : « J’ai quand même apprécié l’ambiance des courses en Belgique, et j’ai bien aimé Milan-San Remo où j’arrive à terminer dans le deuxième peloton. »
Émilie Morier vise maintenant les Championnats de France sur route et du contre-la-montre : « C’est un véritable objectif, l’an dernier j’étais sur le podium chez les amateurs. » Elle enchaînera ensuite avec le Tour du Pays basque et le Tour de Catalogne pour parfaire sa préparation en vue du Tour de France. Une édition de la Grande Boucle qui la fait d’autant plus rêver qu’elle traversera sa région natale, le Vaucluse, avec au programme la mythique ascension du mont Ventoux.



