Le 17 juin 1970, lors de la Coupe du monde au Mexique, le Brésilien Pelé, triple vainqueur de l'épreuve, a réussi une action mémorable, à défaut de marquer. L'air de Mexico et de Guadalajara sublime, portant le jeu à des altitudes insoupçonnées. En 1970, pour la 9e Coupe du monde au Mexique, la télévision fige dans la mémoire de presque tous le triomphe du Brésil et d'un joueur hors du temps : ses quatre buts, six passes décisives, et ses actes manqués pour nourrir le mythe du « Roi ».
Le geste d'anthologie face à l'Uruguay
Le 17 juin à Guadalajara, pour la demi-finale devant l'Uruguay dans ce Mondial mémorable, Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, suspend le temps. Par un geste aussi instinctif qu'intelligent, un geste qui ne doit rien à la répétition de l'entraînement. En fin de match, le milieu gaucher Gerson, à gauche du rond central, lance Pelé, placé à l'opposé, dans l'espace libre. Il est seul face au gardien Ladislao Mazurkiewicz, sorti au-delà de sa surface.
Pelé croise sa course avec la trajectoire du ballon sans le toucher. Il contourne le gardien de la Céleste, désigné numéro 1 du tournoi. Décalé sur la droite du but, exposé au retour des défenseurs, il ajuste un plat du pied qui file à gauche du but. Pelé (92 sélections, 77 buts) ne marque pas, mais signe un geste d'une inventivité et grâce inouïe, jamais imité, encore moins reproduit.
D'autres prouesses inédites
Au cours de sa quatrième Coupe du monde et de son 3e titre, l'attaquant de Santos avait pourtant multiplié les prouesses inédites. Son lob du milieu de terrain face au gardien tchèque Ivo Viktor (4-1) était retombé juste à côté du poteau. Et sa tête repoussée sur la ligne par le gardien anglais Gordon Banks (1-0) est aussi entrée dans la mythologie, comme un autre coup d'éclat d'un athlète hors du commun.
L'hommage de Pelé à Gordon Banks
« J'ai marqué un but, mais Banks l'a arrêté », a-t-il soufflé après la rencontre pour saluer l'arrêt du champion du monde en 1966. L'air de Mexico appartient pour toujours à Pelé.



