Melvyn Jaminet, l'arrière international de Toulon âgé de 26 ans et fort de 20 sélections, ne se résume pas à son seul coup de botte. Pourtant, c'est bien sur son pied droit surpuissant qu'il a bâti sa réputation. Un atout majeur que nous décryptons avec Maxime Petitjean, entraîneur adjoint au RCT, et le buteur toulonnais lui-même.
Un super-pouvoir naturel
Pour Jaminet, pas de sérum de super-soldat ni d'exposition aux rayons gamma. Son talent est inné. « Honnêtement, je n'avais jamais vu ça avant, confie Maxime Petitjean, responsable de la stratégie du jeu au pied au RCT. Pour moi, Melvyn a l'un des meilleurs pieds au monde. Bien sûr, il est perfectible, mais c'est un véritable facteur X. » Capable de tenter des pénalités à 60 mètres et de renvoyer l'adversaire loin derrière, « Melou » est une arme létale. « Cette puissance ne vient pas du travail, c'est naturel, ajoute Petitjean. Tu peux gagner en longueur avec une préparation spécifique, mais tu n'atteindras pas la sienne sans une énorme part d'inné. »
Un talent révélé dès l'enfance
Jaminet a toujours aimé botter. « Quand on était petits, on se lançait des défis : à celui qui tapait le plus loin, raconte-t-il. Puis, on grandit et on se rend compte qu'à 50 mètres ça passe, et ainsi de suite. » Le 9 mai dernier, face à Toulouse au Vélodrome, il a inscrit deux coups de canon à 55 et 60 mètres. « Quand je me sens de tenter de loin, je le fais, mais je sais aussi aller chercher du jeu si nécessaire. »
La mécanique d'un geste d'exception
« Il y a plus de technique que de puissance, explique Jaminet. Physiquement, je ne suis pas très costaud, mais j'ai un gros balancier, un peu comme les golfeurs. Je peux aller chercher loin derrière avec ma jambe pour finir bien dans la balle. En étant relâché, on obtient de la distance. » Son entraîneur précise : « Melvyn met énormément de vitesse dans son mouvement et a une bonne amplitude de jambes. Le rapport entre ces facteurs lui permet de frapper très fort. Il traverse la balle et sa frappe termine devant le tee. »
Jusqu'où peut-il aller ?
En février, avec l'aide de la tempête Nils, Jaminet a réussi une tentative de presque 80 mètres à l'entraînement. « Sans vent, 60 mètres c'est déjà pas mal, peut-être 65, estime-t-il. Mais au-delà, ça ne servirait à rien. Si je ne la passe pas, on aurait pu obtenir une munition dans les 30 mètres adverses. » Avec 76,7 % de réussite cette saison, le meilleur réalisateur toulonnais peut encore progresser en précision et dans son jeu au pied de déplacement. « Quand il frappe sur une pénaltouche, il a souvent le pied très ouvert, analyse Petitjean. Mais quand il réalise correctement ses gestes, il n'y a presque personne au monde qui peut égaler son jeu au pied. »



