À mesure que le tableau se resserre, la pression monte d’un cran à tous les étages. Après un début de semaine marqué par les moqueries belges contre la diplomatie de la Maison-Blanche et les insultes racistes d’une sénatrice paraguayenne envers Kylian Mbappé, le football tente tant bien que mal de reprendre ses droits. Mais dans cette 23e édition du Mondial, le rectangle vert n’est jamais à l’abri de se faire voler la vedette par le cirque ambiant, qui a horreur du vide.
Le quart de finale France-Maroc : une « revanche » que personne ne veut assumer
Quatre ans après la demi-finale du Mondial qatari remportée par les Bleus (2-0), la France et le Maroc se retrouvent sur la route d’un nouveau dernier carré. Côté marocain, le sélectionneur Mohamed Ouahbi a donné le ton : il veut aborder ce choc « le couteau entre les dents » et réclame un engagement « à 2000 % ». En face, Didier Deschamps s’efforce de refroidir l’atmosphère. « Ce n’est pas une revanche, cela ne veut rien dire dans le football », a-t-il déclaré en conférence de presse. Reste que les retrouvailles entre les deux sélections, la mobilisation des supporters et la mémoire encore vive de 2022 suffisent à faire de ce quart de finale un rendez-vous à part.
La tension : Deschamps agacé, bagarre en salle de presse et feux d’artifice
Si le coup d’envoi n’a pas encore été donné, les nerfs sont déjà à vif. A la veille du match, un groupe de supporters marocains a tenté de perturber le sommeil du groupe France en tirant des feux d’artifice et en battant du tambour au pied de leur hôtel vers 22 heures 45, forçant le service de sécurité à s’imposer. Quelques heures plus tôt, Didier Deschamps avait déjà vécu un échange tendu avec plusieurs journalistes marocains après avoir écourté sa conférence de presse. « On vous respecte mais il faut répondre », lui a lancé l’un d’eux. « Moi aussi je vous respecte. Vous êtes combien ? Si vous êtes 50 à lever la main, je ne vais pas répondre à 50 questions », a rétorqué le sélectionneur, avant d’accepter finalement une dernière question.
La conférence de presse marocaine a ensuite offert sa propre séquence lunaire. Alors que Brahim Diaz répondait aux médias, une altercation a éclaté entre deux reporters au fond de la salle. « Pourquoi tu me frappes ? », a répété l’un d’eux, avant l’intervention des organisateurs. Même les conférences de presse ressemblent désormais à des matchs à élimination directe.
Le terrain : Doué titulaire, Tchouaméni trop juste et Saliba sous protocole
Sur le plan sportif, Didier Deschamps devrait largement reconduire l’équipe qui a éliminé le Paraguay. Le seul changement pourrait être la titularisation de Désiré Doué sur l’aile gauche à la place de Bradley Barcola, buteur face au Sénégal et à la Suède. Touché à la cuisse, Aurélien Tchouaméni a repris une partie du travail mais débutera sur le banc, encore trop juste. En défense, William Saliba tiendra son rang malgré des douleurs récurrentes au dos domptées par des soins adaptés. Côté marocain, il faudra faire sans le meilleur buteur Ismael Saibari (3 buts), blessé, mais avec le retour de Chadi Riad en charnière centrale.
La trumperie : Violations de la neutralité, une ONG et 72 eurodéputés attaquent Infantino
L’affaire Balogun continue de poursuivre le président de la Fifa. L’ONG FairSquare a annoncé saisir la commission d’éthique du CIO contre Gianni Infantino pour « violations répétées de la neutralité politique », pointant sa proximité affichée avec Donald Trump. L’organisation lui reproche notamment ses prises de position publiques en faveur du président américain ainsi que sa participation remarquée au « Conseil de la Paix » organisé à Washington. Dans la foulée, 72 eurodéputés ont, selon « The Athletic », écrit aux fédérations européennes afin de réclamer davantage de transparence sur les circonstances qui ont conduit à la levée de la suspension de Folarin Balogun après l’intervention de la Maison-Blanche. Une nouvelle séquence dont le patron de la Fifa se serait sans doute bien passé à moins d’un an de l’élection qui pourrait lui offrir un quatrième mandat.
L’indécence : Un « Judas Kai » de Mbappé brûlé au Paraguay, la France reçoit des excuses
Le vaudeville judiciaire et diplomatique entre Paris et Asuncion se poursuit. Alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique à caractère raciste » visant la sénatrice Celeste Amarilla, des images d’un mannequin géant à l’effigie de Kylian Mbappé immolé par le feu dans la capitale paraguayenne sont devenues virales. Il s’agirait d’une coutume locale de la Saint-Jean, le « Judas Kai », consistant à brûler une figure impopulaire pour lui « porter malheur ». Sur franceinfo, la ministre française des Sports Marina Ferrari a annoncé avoir reçu les excuses officielles du gouvernement paraguayen à propos des insultes racistes de la sénatrice Celeste Amarilla, tout en avertissant l’élue qu’elle n’aurait sans doute pas droit à un « accueil très chaleureux » si l’envie lui prenait de revenir passer des vacances en France.
Le pestacle : Justin Bieber à la mi-temps, la finale bascule en Super Bowl
Pour ceux qui doutaient encore de l’américanisation du tournoi, la Fifa a officialisé mercredi la présence de Justin Bieber lors du show de la mi-temps de la finale du 19 juillet. Le Canadien rejoint une affiche déjà composée de Madonna, Shakira, BTS, Burna Boy et des marionnettes de Sesame Street, sous la direction artistique de Chris Martin, le chanteur de Coldplay. Le spectacle durera onze minutes et prolongera la pause réglementaire au MetLife Stadium. La Fifa promet un « moment culturel mondial ». A ce rythme-là, il ne manque plus qu’un match de football entre deux chansons.



