Victor Wembanyama était tellement amorphe à la mi-temps de ce match 2 des finales NBA vendredi soir qu'on ne l'imaginait pas devenir le héros de cette rencontre charnière contre les New York Knicks. Dans un tout autre registre que son 6/21 du game 1, le pivot français de 22 ans faisait peine avec ses 7 points inscrits et ses 4 tirs tentés, au sein de Spurs déjà au bord de la rupture (52-56).
Largués de 14 points en milieu de quatrième quart-temps (83-97), malgré un Wemby bien plus tranchant, le collectif texan s'est relevé, au point de pouvoir braquer la rencontre via un 14-0 en quatre minutes. Avec un De'Aaron Fox retrouvé (20 points) et un Victor Wembanyama à un niveau MVP (meilleur marqueur avec 29 points à 11/21 aux tirs, 9 rebonds et 4 contres).
Mais malheureusement pour le géant de 2,24 m, tout a basculé dans les 40 dernières secondes, à 104-104, ballon San Antonio. 20 Minutes revient sur trois dernières actions mal négociées par le pivot des Bleus.
Un shoot très (trop ?) rapide manqué à 34 secondes
Avec la remise en jeu dans le camp new-yorkais et 39.3 secondes au chronomètre, San Antonio a une idée claire : éviter de se faire assassiner au buzzer par Jalen Brunson. L'idée est de jouer le deux pour un, un tir avant 25-26 secondes pour empêcher les Knicks d'aller au bout de l'horloge.
Dylan Harper sert Victor Wembanyama, bien contenu en un contre un par le solide Mitchell Robinson (2,13 m). Wemby pose un dribble pour se décaler sur sa gauche et tente un tir difficile à 6 mètres, alors qu'il reste 34 secondes et que Robinson le conteste. Trop court, OG Anunoby récupère le rebond.
Ça a tout du shoot précipité. « La fin de match est encore floue pour moi, a réagi Wembanyama. C'est le problème : il faut que je sois plus posé, plus en contrôle. » Cette situation manquait clairement de contrôle.
Un ballon bêtement perdu à 11 secondes
Sur l'action suivante, les Spurs et Wemby contestent bien Jalen Brunson, qui ne convertit pas son shoot à cinq mètres. Le rebond est sécurisé par le Français avec encore 13 secondes à jouer. Tout se présente bien, sans besoin de temps mort. Au pire, San Antonio filera en prolongation.
Sauf que Wembanyama, reparti en dribble sur l'aile gauche, lance une étrange passe vers Stephon Castle, qui ne le regarde pas. Le ballon ricoche sur le dos du jeune arrière, Jalen Brunson le récupère, et Wemby le percute, l'envoyant sur la ligne des lancers avec 9.5 secondes au chrono.
« Ça, c'est la chose la plus frustrante, confesse-t-il. Jeter ce ballon après tout ce travail accompli… Dans l'urgence, le corps réagit plus vite que l'esprit. » Brunson ne convertit que son premier lancer franc. Luke Kornet sauve le ballon (avec l'aide de son pied), et un temps mort est pris à 7.5 secondes.
Le shoot de la gagne manqué à 7.5 secondes
Les Texans ont une occasion en or de braquer ce game et de se relancer dans ces finales. Stephon Castle sert De'Aaron Fox, qui profite d'un pick'n'roll avec Wembanyama pour le mettre en bonne position, à 5 mètres, avec plus de 2 secondes devant lui et Robinson à distance.
Wemby n'hésite pas et se lève. L'action est bien exécutée, mais le tir tape le fond du cercle. Quand Devin Vassell arrache le rebond, le buzzer a retenti. San Antonio est mené 0-2 et condamné à l'exploit, qu'aucune équipe n'a jamais réussi dans l'histoire des finales NBA.
« J'ai aimé le tir que j'ai obtenu, raconte Wembanyama. Mais dans ces moments, on tire pour marquer. Le résultat compte plus que le processus. Il fallait que je marque. J'ai laissé filer ce match, je l'ai gâché. » Cet échec en trois temps devra être digéré en deux jours par l'Alien, alors que le match 3 à New York lundi pourrait rapprocher son équipe d'un terrible sweep.



