Après un début d'aventure compliqué la saison passée en raison de blessures, le pilier géorgien Lekso Kaulashvili retrouve un niveau de performance conforme aux attentes. Même si son âge (33 ans) et son historique physique imposent une vigilance accrue, il semble désormais avoir conquis la dernière place dans le XV titulaire de la Section Paloise pour la saison 2025/2026.
Une hiérarchie clarifiée
Jusqu'à récemment, la hiérarchie sur le flanc gauche de la mêlée paloise était floue. Mais les récentes performances de Kaulashvili ont dissipé les doutes. À l'exception du match face au Stade Français, le Géorgien a débuté six des sept dernières journées de Top 14, et cette série devrait se poursuivre ce samedi au Hameau contre Castres. L'ordre des choses aurait pu être plus clair plus tôt, mais l'accumulation de pépins physiques depuis son arrivée à Pau a retardé sa prise de pouvoir face à la concurrence (Bibi-Biziwu, Sénéca, Parrou).
Une gestion prudente
Le natif de Tbilissi est conservé dans du coton. « On ne l'a pas non plus sursollicité, et aujourd'hui, on en récolte tous les bénéfices », explique le manager Sébastien Piqueronies. L'entraîneur de l'attaque, Geoffrey Lanne-Petit, ajoute : « On connaît les points forts de Lekso, mais aussi ses limites. On fait pas mal de management pour qu'il amène le plus possible à l'équipe. » À 33 ans, et compte tenu de sa mentalité, manager consiste surtout à réfréner ses ardeurs pour éviter le surentraînement.
Un retour après les blessures
Après une syndesmose qui l'a privé des premiers mois de compétition, Kaulashvili a tenté de revenir trop fort, trop vite. « En faisant la connerie de faire trop de squats explosifs, une barre a comprimé mon nerf sur le trapèze, ce qui a engendré une perte de force », confie-t-il. La frustration de n'avoir disputé que 7 matchs de Top 14 pour sa première saison dans le Béarn l'a marqué. « L'an passé, j'ai payé ma dette. »
Des méthodes de travail rugueuses
Cette manière de se dépenser sans compter, Kaulashvili la tire de ses méthodes de travail développées en Géorgie. « Quand j'ai démarré le rugby, on n'avait pas le confort d'un préparateur qui nous dit quoi faire en salle de muscu. On faisait beaucoup de choses inutiles, en encaissant des poids et des charges de travail incroyables. » Ces expériences ont forgé le « platane » décrit par son coéquipier Loïc Crédoz : « Vu son âge et l'expérience, c'est un joueur qui a besoin de rythme. »
Un équilibre subtil
Il convient paradoxalement d'économiser Kaulashvili. « On a misé sur le niveau de performance plutôt que le nombre de feuilles de match », résume Sébastien Piqueronies. Le manager dispose désormais d'une belle poutre à gauche, d'un vrai pilier de mêlée complémentaire avec Daniel Bibi-Biziwu, son concurrent plus dynamique dans le jeu. « On l'avait recruté pour qu'il soit grand, et il est devenu à la hauteur de ce qu'on avait imaginé », se félicite Piqueronies.
Un joueur bluffant
« Dès qu'il pose l'épaule en mêlée, ça ne bouge plus », image Loïc Crédoz. Geoffrey Lanne-Petit prolonge : « On sait, il sait très bien sur quoi il est missionné, ce qu'il doit nous amener, et où il n'a pas le droit de se rater. » Au-delà des considérations techniques, Kaulashvili est un pur joueur de devoir et de collectif. « C'est quand même quelqu'un qui recherche l'adhésion des autres, estime Lanne-Petit. Il essaye vraiment de s'intégrer dans le projet d'équipe, sans simplement se focaliser sur sa mission. De ce point de vue, c'est vraiment une agréable surprise. Ce joueur est quand même bluffant. » Un retour de flamme et une forme retrouvée pour le gaucher béarnais.



