La 23ᵉ édition de la Coupe du Monde de Football a débuté jeudi 11 juin au Mexique, au Canada et aux États-Unis de Donald Trump, sur fond de politique répressive et de tensions avec l’Iran. Chaque jour jusqu’à la finale, « le Nouvel Obs » vous raconte le meilleur (et surtout le pire) de cet événement planétaire.
Sixième jour : la France entre en piste
Déjà le sixième jour de la Coupe du Monde 2026, et enfin la France entre en piste ! Après nous être moqués de l’Allemagne qui a pris un but de Curaçao, de l’Espagne qui n’a pas réussi à se défaire du Cap Vert ou de la Belgique qui a arraché un match nul contre l’Égypte, nous (supporters tricolores) espérons que les Bleus seront meilleurs contre le Sénégal. En toute amitié avec les supporters Sénégalais, injustement privés par Donald Trump de visas pour venir aux États-Unis.
L’équipe iranienne a de son côté réussi à venir à Los Angeles pour disputer lundi son premier match contre la Nouvelle-Zélande. Résultat : 2-2, un hymne sifflé et des manifestations d’opposants à la République islamique. Alors qu’elle devait passer la nuit aux États-Unis, la délégation a finalement été obligée de quitter le sol américain après le match pour retourner dans son camp de base au Mexique. Voici les principales informations à retenir de ces dernières 24 heures.
Carton jaune : « Ça ne vous regarde pas »
Interrogé sur les sifflets lors de l’hymne iranien, Ramin Rezaian a balayé la question. « S’il y a un quelconque problème entre nous, c’est notre affaire », a répondu sèchement, mais poliment, le premier buteur de la Team Melli contre la Nouvelle-Zélande. Le match a été émaillé de protestations d’une centaine d’opposants au régime islamique qui se sont introduits dans le stade de Los Angeles. Refusant de soutenir « l’équipe des mollahs », plusieurs supporters ont sorti des drapeaux d’avant la révolution de 1979. Et ce, malgré le règlement de la Fifa qui interdit les signes politiques.
Peu bavarde sur le terrain politique, la délégation iranienne a pris le temps de se plaindre de ses conditions d’accueil. « Nous sommes l’équipe la plus maltraitée », s’est épanché le sélectionneur Amir Ghalenoei. Le capitaine de l’équipe Mehdi Taremi a, lui, regretté « un désastre logistique » en raison de la multiplication des allers-retours entre Tijuana et les États-Unis : « Nous sommes fatigués de cette situation, nous avons eu de nombreux problèmes ces derniers mois, on veut juste la paix, la joie… Ce sont les slogans de la Fifa non ? »
Et pendant ce temps, l’équipe de France
À 21 heures, à East Rutherford, près de New York, la France débute sa Coupe du Monde contre le Sénégal. Un premier match difficile contre le vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations 2025 - avant de perdre le trophée sur tapis vert au profit des Marocains (un recours a été porté devant le Tribunal arbitral du sport). « Ce ne serait pas une surprise si on battait la France », a fanfaronné le sélectionneur du Sénégal Pape Thiaw en conférence de presse. À l’inverse, Didier Deschamps a refilé le statut de favoris à l’Espagne et N’Golo Kanté s’est montré prudent. « Notre principal adversaire, c’est nous-mêmes », a averti « le Gars sûr de Dédé ».
Si le climat devrait être clément (entre 21 et 26 degrés), Donald Trump ne l’a pas été avec les Sénégalais. Le pays d’Afrique de l’Ouest fait en effet partie des nations dont les supporters n’ont pas obtenu de visa de tourisme en raison des restrictions migratoires strictes imposées par les États-Unis. « C’est regrettable », a commenté le secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Sow, précisant que « beaucoup d’Africains voulaient venir soutenir leur équipe ». Un désavantage injuste par rapport à d’autres pays, notamment européens, qui pourrait avoir un impact sportif. Le public n’est-il pas qualifié de « douzième homme » ?
La trumperie
Désintéressé par le Mondial qui a lieu dans son pays, Donald Trump prépare déjà la fin de la compétition. Le président américain souhaite en effet remettre le trophée de la Coupe du Monde au capitaine de l’équipe vainqueur, selon la radio britannique Talksport. Toujours prête à se coucher devant les exigences du golfeur milliardaire, la Fifa n’y verrait aucun inconvénient et lui laisserait même le choix de rester ou non avec les joueurs lorsque le trophée sera soulevé. Peu importe que le protocole habituel impose que la coupe reste sur un socle avant d’être porté jusqu’au podium par un joueur. La Fifa s’était déjà aplatie en juillet 2025 : l’auteur de ces lignes - vous savez, le fan de Chelsea - se souvient d’un Donald Trump s’invitant sur le podium de la Coupe du monde des clubs avec les joueurs du club londonien. Pour ce Mondial, on a en tout cas une grosse pensée pour les Mexicains et Canadiens, coorganisateurs de la compétition mais complètement ignorés…
Arrêt de jeu
On ne résiste pas à l’envie de vous partager cette photo. Postée ce mardi après-midi par le chancelier allemand depuis le G7 à Évian, on y voit Friedrich Merz remettre un maillot de l’équipe d’Allemagne à Donald Trump pour ses 80 ans. Une délicate attention que le dirigeant germanique agrémente de la tendre formule : « Après tout, nous sommes dans la même équipe. » Des flagorneries excessives, quand on se souvient qu’en juin 2025, Donald Trump avait assimilé Friedrich Merz aux nazis…
Le hors-jeu
Un arbitre australien a-t-il fait un geste suprémaciste blanc lors du match entre l’Allemagne et Curaçao ? C’est l’improbable question que se pose la Fifa depuis dimanche, lorsque la caméra a montré les deux arbitres chargés de l’assistance vidéo (VAR). On a alors vu Shaun Evans, debout derrière son collègue, le bras droit le long du corps et les doigts faire le signe « OK » avec son index et son pouce. Un geste a priori inoffensif, sauf quand on sait qu’il est utilisé depuis des années par des groupes suprémacistes pour faire passer le message « White Power » (supériorité blanche) - les trois doigts tendus formant le « W » et le pouce et l’index dessinant le « P ».
« Il ne peut s’agir que d’une manière intentionnelle : transmettre un symbole néonazi d’extrême droite », a réagi le réseau anti-discrimination Fare (Football Against Racism in Europe). La Fifa a de son côté seulement indiqué être au courant de l’incident et examiner la question. Des réponses auraient été demandées à l’arbitre, selon la BBC Sport. Affaire à suivre donc.
La stat du jour
99. Comme le nombre de joueurs nés en France qui disputent actuellement la Coupe du Monde. Un incroyable record quand on sait que l’équipe de France ne comprend que 26 joueurs, dont trois ne sont pas nés sur le territoire français (Michael Olise en Angleterre, Brice Samba au Congo et Marcus Thuram en Italie) ! Les 76 autres ont donc été sélectionnés par d’autres nations, en raison de leur double nationalité. On peut citer l’Espagnol Aymeric Laporte, né à Agen ; l’Ivoirien Elye Wahi, né à Courcouronnes ; le Capverdien Willy Semedo, né à Montfermeil ; l’Algérien Riyad Mahrez, né à Clichy… L’Algérie justement compte 13 joueurs nés en France dans son effectif, devant Haïti (12) et la République démocratique du Congo (11), a compté le site Toute l’Europe. Le Sénégal, adversaire du jour, compte, lui, dix joueurs nés en France ! Comme le dit si bien le « New York Times » : « Croissants feuilletés, vins fins et footballeurs de classe mondiale : on dirait que le monde ne se lasse pas des produits français. »



